Un été avec ….. Homère

31 mai 2019

L’été se fait attendre à Montréal, le 21 juin semble encore loin, donc cet été tant désiré je l’ai devancé avec la lecture d’ « Un été avec Homère » de Sylvain Tesson.
Homére c’est l’Iliade et l’Odyssée, treize mille vers donc la lecture intégrale du poème me semble impossible pour les humains comme vous et moi et réservée aux dieux de la littérature si il en existent.

De l’Iliade et l’Odyssée je ne me souvenais que du titre, mais grâce à l’auteur j’ai retrouvé avec la guerre de Troie, Achille, Ulysse, Hector, la belle Hélène et tant d’autres héros et dieux grecs.

L’Iliade, c’est la folie destructrice des hommes, ce n’est, dit Tesson avec raison ‎״ni l’amour, ni la bonté qui mènent le monde mais la colère״
L’Odyssée, c’est un homme Ulysse qui échappe à la frénésie collective et renoue avec sa condition de mortel, libre et digne. C’est le repos du guerrier, le retour au bercail.

Tout d’abord, il me semble que c’est l’un des roman-poéme les plus vieux du monde, 2700 ans dejá et Homère nous prouve que depuis, même s’il a changé de costume, l’homme est toujours le même personnage, un animal, parfois misérable parfois grandiose, médiocre ou sublime. Rien ne change, rien n’a changé malgré l’internet et l’intelligence artificielle. Et je suis à la fois épaté et ahuri par Homére qui a su nous exposer il y a 2700 ans ״l’homme״ sous ses differentes facettes.

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Message d’Homére pour les temps actuels: la civilisation c’est quand on a tout à perdre; la barbarie quand ils ont tout à gagner. Les Grecs contre les Troyens, Daesh contre l’Occident ect…
Le temps de la guerre n’est pas pour Homère un temps d’exception, il n’est que le révélateur de la constante proximité de la mort qui toujours menace les hommes éphémères.

Je n’ai donc lu de l’Illiade et l’Odyssée que les citations que Sylvain Tesson a bien voulu nous fournir dans son livre mais j’ai vécu et ressenti l’âme du roman.
L’Iliade et l’Odyssée ont certes pour nous une valeur documentaire, mais on trouve en Homère un historien, un géographe, un philosophe, un anthrapologue, un homme d’analyse, le fondateur de la littérature descriptive, bref un divin.

Pour ceux qui comme moi ne pourront se lancer dans la lecture de l’Illiade et l’Odyssée, Sylvain Tesson nous ouvre une fenêtre sur ce monde de la Grece Antique, donc je conseillerais de lire un été avec Homére et pour les plus paresseux d’écouter sur France Inter les differents postcads
https://www.franceinter.fr/emissions/un-ete-avec-homere
de Sylvain Tesson qui ont précedé l’écriture du livre.

— Ô femme, nous sommes tous deux rassasiés d’épreuves,
toi tu attendais en pleurant mon retour,
et moi, Zeus et les autres Dieux me retenaient dans la souffrance, loin de la terre de mes reves.
Maintenant que nous avons retrouvé notre lit, il te faudra veiller sur les richesses qui me restent pour compenser les bêtes que ces arrogants m’ont prises,
j’irai faire razzia, et les Grecs m’en donneront d’autres, jusqu’à ce que j’aie à nouveau mes étables remplies, Mais d’abord il me faut aller à mon verger pour voir mon noble père qui se ronge en mon abscence.

ODYSSEE XXIII

« Ainsi les Dieux n’accordent pas toutes les qualités, beauté, intelligence et éloquence à un seul homme à un même homme:un tel se trouve être, en effet, d’un médiocre visage, mais un dieu orne ses paroles de beauté;chacun le regard avec joie, il discourt avec assurance et une douce modestie, il brille dans la foule et, s’il va par la ville, il est admiré comme un dieu. Un autre, de visage, est comparable aux immortels, mais nulle grâce ne couronne ce qu’il dit. » 

ODYSSEE VIII

Telles les races des feuilles, telles les races des hommes:
tantot tombant sous le vent, tantôt s’accroissant innombrables,
sous la poussée des forets, quand survient la saison printanière ;
ainsi, des générations: l’une croît et l’autre s’efface.

ILIADE VI


« Idiss » ou l’horreur pétainiste alliée des nazis

15 février 2019

« Idiss » est un livre historique, trés pénible, tragique qui met en relief l’horreur pétainiste alliée des nazis. Oui la France a trahi ses citoyens Juifs.

Idiss, c’est la grand-mère juive de Roger Badinter, née en 1863 dans le Yiddishland, à la frontière occidentale de l’Empire russe où un antisémitisme virulent trouvait dans ces régions frontalières un foyer constamment prêt à s’allumer.

Idiss c’est ses deux fils Avroum (23 ans) et Naftoul (21 ans) qui quittent la Russie pour Paris. Ils deviennent des « citoyens français de confession israélite ».

Ce terme « israélite » montrait qu’ils étaient des Français, juifs seulement par leur religion, comme d’autres étaient catholiques ou protestants. La France était leur patrie, le judaïsme leur religion. La République laïque consacrait ces principes. Tout était clair pour ces Israélites français, ardents patriotes et républicains convaincus.

Idiss et sa famille c’est le grand amour pour Paris et la France mais …

Cet amour n’était pas toujours payé de retour. Les Français, en majorité catholiques et ruraux, ne connaissaient souvent des juifs que les clichés hostiles ou méprisants, répétés inlassablement à leur sujet : ils étaient riches, avares et étrangers à la « vraie » France, celle des villages et des églises dont les clochers se dressaient dans le ciel.

Mais bien des Français ne les considéraient pas comme de « vrais » Français, même s’ils l’étaient depuis des siècles. Pour eux, les juifs avaient beau donner tous les gages du patriotisme, ils n’en demeuraient pas moins des étrangers sur la terre de France, plus hospitalière dans ses lois que dans les cœurs.

Pour l’auteur, Robert Badinter, petit fils d’Idiss l’enfance prend fin le 10 mai 1940, lorsque les armées allemandes se ruèrent sur la Hollande et la Belgique et comme pour beaucoup d’immigrés naturalisés, la question se posait toujours : les Français d’origine me considèrent-ils comme un des leurs ?
C’est l’époque des grandes rafles. La population juive étrangère de Paris est plongée dans la terreur. Les juifs naturalisés français découvrent l’abîme qui s’ouvre devant eux.

Dès le mois de juillet 1940, alors que la nation connaissait le pire désastre militaire de son histoire, que le pays tout entier n’était plus qu’un corps blessé, à quoi en effet se consacrait en priorité à Vichy l’entourage du maréchal Pétain, chef de l’État français ? À rédiger des lois contre les naturalisés, les immigrés et les juifs.

Simon Badinter – père de l’auteur – fut arrêté à Lyon, le 9 février 1943, sur ordre de Klaus Barbie, et déporté au camp d’extermination de Sobibor, en Pologne, par le convoi no 53 du 25 mars 1943. Il n’est pas revenu
Naftoul Rosenberg – oncle de l’auteur- fut arrêté à Paris sur dénonciation, et déporté au camp d’Auschwitz-Birkenau par le convoi no 12 du 29 juillet 1942. Il n’est pas revenu.

Souvent, je me suis interrogé : que pensait-il lorsque, à Drancy, en mars 1943, il montait dans le train qui le conduirait au camp d’extermination de Sobibor, en Pologne ? Arrêté à Lyon par Klaus Barbie, et déporté sur son ordre, c’était aux nazis qu’il devait sa fin atroce, à quarante-huit ans. Mais au camp de Pithiviers ou de Drancy, qui le gardait, sinon des gardes mobiles français ? Tel que je l’ai connu, aimant si profondément la France, a-t-il jusqu’au bout conservé sa foi en elle ? On ne fait pas parler les morts. Mais cette question-là, si cruelle, n’a jamais cessé de me hanter.

Ce recit « Idiss » a valeur d’avertissement, 2019 peut reproduire 1939, il suffit de voir cette nouvelle vague antisémite dans les contours des Gilets Jaunes, les tags antisémites sur un magasin de bagels, la représentation de Simone Weil dégradée par des croix gammées, ect..ect. Paris fait peur mais en 2019 contrairement à 1939 il y a un refuge pour les Juifs, Israel.

PS: ajoutons et c’est terrible
Insultes antisémites contre Alain Finkielkraut en marge de la manifestation des « gilets jaunes » à Paris ce samedi.
« Barre-toi, sale sioniste de merde », « grosse merde sioniste », « nous sommes le peuple », « la France elle est à nous », ont crié plusieurs manifestants qui défilaient boulevard du Montparnasse, et qui venaient d’apercevoir l’académicien. Oui, encore une fois Paris fait peur!

Note: un livre historique pénible et tragique, on ne peut noter un tel livre sur l’échelle RG.


Diminuer sa dépendance ou l’Art d’être oisif

22 octobre 2018

« Au travail, nous sommes asservis toute la journée à des ‘maîtres’, nous devons suivre les ordres. Et puis nous sortons, et nous devenons les ‘maîtres’ puisque nous pouvons choisir entre telle ou telle marque.

Et les marques disent : ‘S’il-vous-plaît maître, choisissez-moi !’, parce qu’elles veulent notre argent. Donc elles nous font croire que nous sommes les maîtres, quand en réalité, nous restons asservis. […]

Réduire sa consommation, c’est non seulement avoir plus de temps pour flâner, mais c’est aussi diminuer sa dépendance à l’argent.

d’après « l’Art d’être oisif dans un monde de dingue » de Tom Hodgkinson

L’état de somnolence est particulièrement fertile pour l’imagination.

« Rester au lit à ne rien faire est noble, juste et productif »


Roth: les faits, autobiographie d’un romancier

25 juin 2018

J’ai lu beaucoup de romans de Roth, mais il me manquait plutot sa biographie pour essayer de mieux percevoir/comprendre son oeuvre.
Une chance donc de tomber à la bibliothéque sur son autobiographie, « les Faits ».
Roth évoque son enfance, ses parents, ses études mais surtout son fiasco avec la fille de ses rêves blonde aux yeux bleus, qu’il surnomme Josie (en réalitè Maggie Williams mais Roth nous le cache) et qui va le miner, mais une longue psychotherapie le sauvera ou plutot, la mort subite du « monstre » tel qu’il la décrit le libère.

« Si brillants que nous soyons, nous péchons par excès de naiveté, même quand nous avons cessé d’être jeunes. »

Mais l’originalité dans ce livre et la force de l’écrivain, c’est l’analyse qu’en donne en postscritum Zuckerman le heros des romans de Roth ! Je me souviens que Woody Allen faisait sortir de l’écran ses acteurs et les rendaient spectateurs. C’est ce que Roth reussit avec ce coup de force, Zuckerman sort de la fiction et devient le critique de son créateur.

« Parce que les choses qui te minent sont celles dont tu te nourris et dont tu nourris ton talent. »

Aprés tout cela j’en sors encore plus troublé, fiction, réalité, sincerité, omissions, que reste t’il de cette autobiographie, où est le véritable Philip Roth ?

« Les souvenirs du passé ne sont pas les souvenirs des faits, mais des faits tels que vous les avez imaginés. »

Les Faits c’est l’obsession maladive non seulement de Josie mais aussi de Philip Roth et qui nous donne une idée sur la création et la créativité de Portnoy et Zuckerman.
Tout homme est complexe à discerner, Roth et ses relations féminimes le sont encore plus. Roth complexe mais génial encore et toujours.

« J’ai parfois l’impression que les hommes ont une névrose fondamentale dans leur relation avec les femmes. »

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Cher Roth, J’ai lu deux fois le manuscrit. Voici la sincérité que tu exiges: Ne le publie pas; tu vaux beaucoup mieux lorsque tu écris sur moi que lorsque tu rapportes ta propre vie avec « exactitude »…..
Aimablement à toi.

Zuckerman


Découvrir une auteure australienne, Karen Viggers

16 mai 2018

Je viens de lire « La mémoire des embruns » de Karen Viggers.

Pourquoi donc ai-je plutôt du mal à écrire une critique du livre et de donner mon avis sur ce livre?
L’histoire est intéressante, les personnages agréables malgré leurs petits caractères, on découvre les plages sauvages des iles de Tasmania au sud de l’Australie, l’Antartique n’est pas bien loin, c’est dépaysant et y vivre en hiver c’est plutot le goulag.
Pourquoi donc ? Peut être que le ton du roman est monotone contrairement à la nature environnante, et dés le debut du roman on devine ce que seront les suites.
Monotone mais agréable, et puis on découvre – c’est rare – une auteur australienne, Karen Viggers.
Le titre du roman a été traduit par la mémoire des embruns alors que l’original est « la femme du gardien du phare », mais aujourd’hui on n’est plus la femme de …. mais plutot soi-même. Imaginez que l’on surnomme Brigitte par la « femme de Macron »!

Mais au fait qu’est un embrun ? Je n’avais jamais entendu ce mot qui veut dire « Poussière de gouttelettes formée par les vagues qui se brisent, et emportée par le vent. » On est bien en Tasmania et l’Antartique n’est pas bien loin.
Je me perds… mais je recommande ce livre monotone dans une nature agitée.

Quelques citations, toutes d’une force psychologique intense.

« Les vieillards se ressemblaient tous, seul l’inventaire de leurs maux les distinguait lex uns des autres »

« C’est ce que nous sommes, luis dis-je. Des animaux. Meme si nous nous donnons beaucoup de mal pour le cacher. Il s’agit d’un fait biologique; une force supérieure à la volonté individuelle. »

« Vous aviez beau tracer des plans pour l’avenir, l’inattendu survenait toujours pour changer le cours des choses. Personne n’y pouvait rien. »

« Mais j’ai beau ne pas être tout à fait comme les autres, j’ai les mêmes besoins. L’amour, la compagnie, l’espoir, le travail, les loisirs. »

« Jeune, on pense que l’existence n’a pas de fin. Et, quand la vie vous rattrape au tournant, on regrette de ne pas avoir mieux utilisé son temps. »

« L’affection, la patience et une aptitude à bien communiquer, voilà trois pillers puissants. Les mariages dureraient peut-être plus longtemps s’ils tenaient sur d’aussi solides fondations. »

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Et aussi,

Sur l’amour au siécle dernier:
« Il ne s’était presque rien passé en réalité: une étreinte, quelques baisers. Mais la glace était rompue; devant eux se déroulait un long chemin pavé d’intentions cachées, une graine avait germé, une promesse pointait à l’horizon. »

Sur un coté sexy:
« Mais comme il fait chaud dans le cabanon, elle a déboutonné le haut de sa chemise. Je vois sa clavicule, l’éclat satiné de sa peau, le va-et-vient de haut en bas de ses seins en rythme avec sa respiration. C’est très sexy. »

Sur une femme de caractère:
« Un Emma doit avoir auprès d’elle un assistant qui sait la prendre. Elle est autoritaire, elle a besoin de tout controler. Il faut en avoir conscience si on travaille avec elle. Si vous parvenez à eviter ce problème, vous êtes promis tous les deux à de grandes choses. C’est une gentille fille mais une forte tête. L’affronter ne vous menera à rien. »

Tiens, ça j’aurais du le savoir il y a 40 ans! Que se serait-il passé si….. Mais le passé est mort, on ne le réécrit pas dit l’auteure.

Note: 6 sur l’échelle RG


De bon coeur avec Alain Vadeboncoeur

28 avril 2018

« Desordonnances », d’Alain Vadeboncoeur.

On peut interpreter Desordonnance soit par le fait de rejeter son ordonnance (des-ordonnance) soit par le désordre du systeme pharmaco-medical (desordre-ordonnance).
L’auteur, chef du service de medecine d’urgence à l’institut de cardiologie de Montreal, nous conseille une approche médicale pragmatique et peu interventionniste: prescrire moins de traitements, eviter les tests médicaux couteux et peu informatifs, ignorer les remèdes farfelus, genre homéopathiques, et surtout surtout faire du sport, manger mieux, ne pas fumer ect…

Il nous eclaire tout d’abord sur certains aspect d’analyses statistiques dans les recherches pharmaco-medicales:

« Qui parle de probabilité utilise nécessairement le langage des statistiques, à la fois précis et quelque peu obscur et, surtout, assez facile à distodre selon les intentions des chercheurs ou de ceux qui les ont commandités. »

« En cette matière, les cas spécifiques ne contredisent pas les règles générales, ils démontrent simplement que nous ne controlons pas tout et que le hasard, est souvent maitre du jeu. »

« Il y a tjs, parmi les 27 millions recensées par Pubme, des études appuyant n’importe quel concept et que cette cueillette sélective de l’information scientifique est malhonnête…. « 

Nous sommes en face d’une somme d’informations qui dépasse nos capacités d’absorption !!

Tout cela du coté macro, mais passons au coté micro, c’est à dire vous et moi.

Il faut savoir que ce qui se passe dans la cellule en laboratoire et dans la vraie vie dans le corps humain, ce sont 2 choses différentes. »

Les supplements:
« Les substances bonnes pour la santé n’ont que peu ou pas d’effets quand on les avale sous forme de tels suppléments. »

« La plupart des suppléments, vitaminés ou non, n’améliorent donc que la santé des compagnies qui les produisent. »

Les superaliments:
L’important, ce n’est donc pas de miser sur le curcuma, mais juste de bien manger afin d’absorber des nutriments variés, parce qu’il semble que ce soit dans la complexité et la combinaison que les aliments sains produisent leurs meilleurs effets.

Les antibiotiques:
Fuyons les! mais saviez vous que 80% des antibiotiques produits en Amerique du Nord sont administrés aux animaux, fuyons donc le plus possible la chair animale!

Pression artérielle:
élevée ? Les suivis sur 60000 patients prouvent que cela ne sert á rien de courir à l’urgence qui vous feront des analyses couteuses et dangereuses.
Un truc pour abaisser la pression quand elle monte c’est de la mesurer à repétition, et de se relaxer.

Les enrhumés:
Fuyez les enrhumés, prenez du zinc, il diminue l’intensité des rhumes et la durée des symptomes.

Enfin, souvenez vous que les tests médicaux mentent des fois. On appelle ça des faux positifs. Sur le tapis roulant il est -ouvrez bien vos oreilles- de 25% même si le coeur de ces personnes est parfaitement sain !!

Compliquée cette médecine moderne,

je me languis du mercurochrome et de la teinture d’iode de mon enfance, cela plus quelques remedes de mon arrière grand mère (ail, badigeonnages ) m’ont appris à fuir les médecins et m’ont preservé des ravages de la médecine moderne.

Citations:

Le cerveau ajuste le gout du vin au cout de la bouteille

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Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaitre, un must à lire !

23 avril 2018

Voiçi un bon roman qui joint action, intrigue, personnages interessants, faits historiques qui sont aussi incroyablement les réalités que nous confrontons aujourd’hui (fraude fiscale, boursicotage par exemple), un bon style litteraire, des idées intéressantes, bref notre monde, la vie.

Mais c’est aussi et surtout la vengeance d’une mère pour venger son fils devenu handicapé suite à des sevices sexuels.
« Elle céda à la rancune. Comme toujours. »
Peut-on le lui reprocher, après qu’elle ait été trahie par ses proches et collaborateurs sensés la servir ?

A une époque où il est devient de plus en plus difficile de trouver des bons auteurs français, des veritables écrivains et non des inventions d’editeurs de best-sellers, Pierre Lemaitre est là pour nous signifier qu’il y a encore de l’avenir et des surprises dans la litterature française, heureusement car ces derniers mois, deçu je me suis retourné vers la litterature italienne, americaine ou hongroise.
Couleurs de l’incendie un must à lire !

Quelques citations interessantes:

Un enfant est comme un bloc de pierre dont l’enseignant est le sculpteur.

– Sur le lecteur et le journaliste:

2 qualités indispensables au métier de journaliste: être capable de discourir sur un sujet auquel on ne connait rien et décrire un evénement auquel on n’a pas assisté.

– Si un evénement est grave , les journaux ne parleraient que de ça!
– Ils ne sont pas payés pour en parler, voilá tout! Paye-les, ils en parleront. Paye-les à nouveau, ils se tairont. Ils ne sont pas là pour informer, les journaux, où te crois-tu ?

Une chose que les lecteurs adorent, c’est d’imaginer que les gens plus intelligents pensent les mêmes choses qu’eux, ça les flattent. Mais aussi pour être lu, il faut de la simplicité. C’est affaire de dosage.

– Sur l’état du monde hier comme aujoud’hui d’ailleurs:

Ils pensaient que l’on traversait une crise, par définition passagère, et ne comprenaient pas que c’était un nouvel état du monde qui s’était installé durablement.

– Sur les relations humaines:

Plus vous êtes respecteux avec les subordonnés, plus ils vous craignent, ils sont impresssionnés, ils se sentent presque menacés par cette politesse, c’est une loi de la psychologie.

C’est dans les moments difficiles que se jugent les âmes fortes.

On en veut toujours un peu à ceux qui nous ont fait du bien.

– Enfin sur ce qui fait marcher les hommes: l’argent et les femmes

La conversation suivait un parcours immuable. La politique d’abord puis l’économie, l’industrie, on finissait toujours par les femmes. Le facteur commun à tous ces sujets était évidemment l’argent.
La politique disait s’il serait possible d’en gagner, l’économie, combien on pourrait en gagner, l’industrie, de quelle manière on pourrait le faire, et les femmes, de quelle façon on pourrait le dépenser.

Et pour conclure,

Il la porta sur le lit où il la baisa longuement, calmement et en détail

Vous conviendrez que c’est bien dit, poetique et sensuel. Pierre Lemaitre, quel maitre!

Note: 7/10 sur l'échelle RG