Jour magique: 1er septembre rentrée des classes.

31 août 2018

A défaut de fréquenter les bancs d’école, laissons nous gagner par la nostalgie de la rentrée.
Bancs en bois, craie, taille crayon, encre et plumes, jeux de billes et marelles de l’époque ont été remplacés par les uniformes mode H&M , agenda électronique, iPhone et Wii.
Rentrée des classes, retour a l’école, collège ou université, c’est le rêve ou la nostalgie de tous ceux qui vu leur âge (plus) avancé ne peuvent que regretter cette époque insouciante et de jeunesse ou tout était permis.
Les bons amis on se les faisait en classe et pas sur Facebook.
Le savoir se trouvait dans notre tête et pas sur Google.
La véritable communication était directe et pas sur l’Iphone.
Les belles filles étaient en classe et pas sur Youtube.
La vie était réelle et pas du tout virtuelle.
Notre horizon était infini, il n’y avait pas que des 0 (zero) et des 1.

facebook 1960

A tout âge chacun peut se laisser bercer par ce jour magique: 1er septembre, rentrée des classes.


Un été avec Baruch Spinoza

31 août 2018

J’avais découvert chez mon fameux bouquiniste de Jerusalem le Traité théologico-politique de Baruch Spinoza.
J’ai eu beaucoup de mal à suivre, la lecture n’est pas aisée et j’ai eu parfois des difficultés à suivre la logique et puissance intellectuelle de Spinoza.
Ce livre est donc depuis et à ce jour un livre de chevet, je lis parfois un deux paragraphes et je le repose.

A Montréal, comme par miracle je tombe à la bibliothéque sur le succés de cet été: ‘Le Miracle Spinoza’ de Frederic Lenoir. J’ai donc sauté sur l’occasion pour mieux comprendre la philosophie, je dirais le mode de vie de Spinoza.

Ne pas se moquer, ne pas se lamenter, ne pas detester, mais comprendre.
Baruch Spinoza

Plutot que de réagir face aux événements avec nos émotions, essayons de les comprendre.
Vaincre le mal en s’attaquant à ses causes profondes est plus utile que de passer son temps à s’indigner, se lamenter, detester et condamner, ce qui nous dispense le plus souvent d’agir.

« En réfléchissant plus longuement, je fus convaincu que, pourvu que je puisse m’adonner entiérement à la reflexion, je laissais des maux certains pour un bien certain »

Passons à la croyance en Dieu et les religions chez Spinoza.
Comment en plein XVII iéme siécle Baruch Spinoza a pu être un précurseur des démocraties modernes ?
Voiçi un exemple: une incisive critique de la religion musulmane

Nulle part que chez les Turcs, la pensée est muselée au nom de la religion
« La simple discussion passe por un sacrilége et tant de prejugés absorbent le jugement que la saine raison ne saurait plus se faire écouter, fut-ce pour suggérer un simple doute »

Dans une moindre mesure, il va de même en Europe avec les monarchies, car

« Le grand secret du régime monarchique et son intéret vital consistent à tromper les hommes, en travestissant du nom de religion la crainte, dont on veut les tenir en bride de sorte qu’ils combattent pour leur servitude, comme s’il s’agissait de leur salut »

Et Spinoza ne tarit pas d’éloges aussi sur sa propre religion, le judaisme

Selon lui, la plupart des croyants n’ont conservé de la religion que le culte exterieur, et la foi, chez eux, ne constite qu’en crédulités et prejugés.

La Thora n’a pas été écrite par Moise lui-même, mais par un auteur bien plus tardif, probablement le prête et scribe Esdras qui ramena des milliers d’exilés judéens de Babylone à Jerusalem en 459 avant notre ère.
Spinoza a été excommunié de la communauté juive mais rien ne l’a jamais fait deriver dans sa recherche du vrai.

Les chretiens aussi sont visés, on y trouve une charge violente contre les clercs, les theologiens et les autorités religieuses, qui utilisent et interpretent les Ecritures afin de consolider leur pouvoir et d’étendre leur domination sur les hommes

« Seule une ambition criminelle a pu faire que la religion consistat moins à obéir aux enseignements de l’Esprit-Saint qu’à défendre des inventions humaines, bien plus, qu’elle s’employat à repandre parmi les hommes, non pas l’amour, mais la lutte et la haine la plus cruelle sous un deguisement de zéle divin et de ferveur ardente »

Spinoza est un philosophe mais aussi un anthropologue, un psychiatre, au fait le Precurseur du monde moderne puisqu’il évoque deja les grands maux de notre XX iéme et XXI iéme siécle .

Pacte social, démocratie, laicité, égalité de tous les citoyens devant la loi, liberté de croyance et d’expression: Spinoza est le père de notre modernité politique.`
Il a perçu les limites de nos democraties et aussi le manque de rationalité des individus.

L’éthique de Spinoza n’apporte aucune injonction morale – « tu dois », « il faut » -, mais nous propose d’acquerir un discernement personnel sur les causes de nos sentiments afin de grandir en puissance, en liberté et dans la joie.

« Les hommes ignorent le plus souvent les causes de leurs desirs. Ils sont en effet coscients de leurs actions et de leurs désirs, mais ignorants des causes qui les déterminent à désirer quelque chose »

« Nous ne désirons aucune chose parce que nous jugeons qu’elle est bonne, mais, au contraire nous appellons bon ce que nous désirons »

Pour clore une anecdote : on a souvent demandé à Albert Einstein s’il croyait en Dieu.
Il répondait toujours la même chose: au Dieu de la Bible,non, mais au Dieu cosmique de Spinoza, oui.
« Je crois au Dieu de Spinoza qui se révèle dans l’harmonie de tout ce qui existe, mais non en un Dieu qui se préoccuperait du destin et des actes des humains« 


Brio Hulot !

29 août 2018

Tout est dit avec sincérité et bravoure sur l’Etat  tragique de la Planéte, c’est un plaidoyer pour la Planéte, la notre qui coule à pic chaque année un peu plus.  Plus rien à ajouter !

Brio Hulot !


Chapeau Hulot !

29 août 2018

Nicolas Hulot a pris la décision de demissionner. Il est plutot rare de voir un ministre manifester son mécontentement en démissionnant, la plupart prèfèrent le bureau et la voiture de service et ferment les yeux devant le Dauphin.
Il faut tirer son chapeau devant Nicolas Hulot pour sa décision d’honnêteté et de responsabilité lorsqu’il voit les lobbystes agir directement avant et devant les ministres.
Et il faut à un moment ou à un autre, poser ce sujet sur la table. Parce que c’est un problème de démocratie. Qui a le pouvoir ? Qui gouverne ?


Chapeau Hulot ! Qui suivra ?

« Sur un enjeu aussi important, je me surprends tous les jours à me résigner, tous les jours à m’accommoder des petits pas, alors que la situation universelle au moment où la planète devient une étuve mérite qu’on se retrouve et qu’on change d’échelle et qu’on change de scope, qu’on change de paradigme. »
Nicolas Hulot sur la situation écologique de notre planéte.

La démission de Nicolas Hulot est le miroir de notre impuissance collective pour l’écologique face aux lobbystes et politiciens à leurs ordres.


Rentrée scolaire

18 août 2018

Si la rentrée à l’école doit se faire voilée, autant ne pas rentrer chez GAP!

Mais il semblerait que la devise chez GAP en état de faillite soit: en bien ou en mal pourvu qu’on en parle.

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Si encore à coté de la personne en voile on avait mis une personne à poil!

 


Like a bridge over troubled water

18 août 2018

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Gênes sans gênes:

Les infrastructures vieillisent, les budgets se font rares, les politiciens sont sans-gênes et le résultat est et sera la multitude des ponts dont  les coûts de maintenance égalent ou dépassent les coûts de reconstruction, donc  le risque d’effondrement un peu partout n’est qu’une question de temps.

 

PS: que doit se dire ce chauffeur de camion qui a stoppé à 1 seconde du drame?

Dieu, la chance, le hasard …..


Un été avec Homère Roth

7 août 2018

Avec la disparition de Philip Roth, j’ai commandé en bibliothéque plusieurs de ses livres que je n’avais pas lu, et je me suis retrouvé cet été innondé par les livres et les e-books de Roth, je n’avais pas le temps de finir un qu’un autre ou plusieurs autres arrivaient. Que faire ? J’ai donc passé un été avec Roth jusqu’à craindre que je n’en devienne obsédé, j’ai lu, j’ai parcour-lu, j’ai refermé et même balancé certains.
J’ai un besoin de me liberer de Roth pour quelques temps car son emprise sur moi m’étouffe tout comme cette chaleur infernale de l’été, j’ai besoin d’air frais, de lire d’autres écrivains, de changer de longueur d’ondes et sentir le debut de l’automne.
Voici donc ce que j’ai grosso-modo retenu de ces lectures

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La complainte de Portnoy , 1967
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J’appelerais donc ce roman d’apres la traduction de l’original anglais Portnoy’s complaint plutot que Portnoy et son complexe.
Hilarant, affolant, même avec une lecture 50 ans aprés sa parution en 1967, Roth a alors 33 ans c’est important à noter.
C’est du Woody Allen version roman, c’est la realité de Roth jeune, adolescent obsédé par le sexe et les femmes, meme avec un ajout de fiction accrochee à une fusée supersonique. Il y a de tout dans ce roman, et Roth saute d’un evenement à un autre, d’une personne à un autre. Le Roth explose car c’est sa periode douloureuse et tumultueuse qu’il evoque beaucoup chez son psycho avec sa blonde surnommee le Singe, vraiment original comme surnom.
Realité, fiction, famille, religion, obsessions, tout se retrouve dans ce roman.
Il y a des paragraphes durs ou sales ou vicieux ou ecoeurants , mais il y a du Freud, de l’analyse de l’homme, de l’humour, de tout et encore une fois Roth m’échappe, je n’arrive pas à le contenir ou à le definir, mais içi je dirais qu’il s’agit d’un génie fou qui s’explose et se tassera dans ses prochains romans mais ici c’est encore les assauts répétés du désir sur la conscience orchestrés par Philip Roth.

La culpabilité, les angoisses, la terreur qu’on m’avait inculqué jusqu’à l’os! Qu’y avait-il dans leur monde qui ne fut chargé de risques, débordant de microbes, truffé de périls?

L’écrivain des ombres, 1979
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bof vraiment bof, plutot plat comme scénario.

Exit le fantome , 2007
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Immunisé ? Zuckerman est en proie à un ultime coup de foudre, age faisant il ne reste que des fantasmes.

Jamie, elle exerçait une puissante force d’attraction sur moi, une force gravitationnelle sur le fantome de mon desir. Cette femme était en moi avant meme d’etre apparue>

Tromperie, nom original: Deceptions , 1990
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Conversations lapidaires entre Philip et diverses femmes sur fond des obsessions habituelles de Roth – le sexe, l’adultère, la fidélité, l’antisémitisme et la littérature –,
le vrai sujet étant l’exploration des recoins obscurs des vies et des âmes, des confins flous entre le réel et l’imaginaire.
Aurait pu être interessant en 1990, aujourd’hui bof donc je cesse de le lire apres quelques pages.

La bête qui meurt, 2001
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À l’orée de la vieillesse, David Kepesh, esthète attaché à sa liberté et séducteur exigeant,rencontre parmi ses étudiantes Consuela Castillo, vingt-quatre ans, fille de riches émigrés cubains, « émerveillée » par la culture. Et découvre la dépendance sexuelle…..

Je n’étais plus dans la phase de la vie où on croit que tout vous est possible
Or moi, je suis sensible à la beauté féminine, tu le sais. Chacun ses faiblesses : tellebest la mienne…

Elle, elle découvrait Vélasquez, et moi je redécouvrais l’imbécillité délicieuse du désir érotique.

Est-ce que les hommes trouvent les femmes aussi magiques quand il n’y
a plus de sexe entre eux ? Est-ce que quiconque trouve l’autre magique s’il n’y pas densexe à la clé ?

Loin de te sentir rajeunir, tu mesures l’écart poignant entre son avenir illimité et les bornes du tien.

Le mariage comme remède à la jalousie.
Voilà pourquoi tant d’hommes le recherchent.

Parce que c’est seulement quand tu baises que tu prends ta revanche, ne serait-ce qu’un instant, sur tout ce que tu detestes et qui te tient en échec dans la vie.
C’est là que tu es le plus purement vivant, le plus purement toi-même. Ce n’est pas le sexe qui corrompt l’homme, c’est tout le reste. Le sexe ne se borne pas à une friction, à un plaisir épidermique. C’est aussi une revanche sur la mort. Ne l’oublie pas, la mort.
Soit on impose ses idées à autrui, soit il vous impose les siennes. Qu’on le veuille ou non, c’est ainsi.
On rencontre toujours des forces adverses, si bien qu’à moins d’être un inconditionnel de la soumission, on est toujours en guerre.

Patrimoine, une histoire vraie (mémoires), 1991
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Ici ce n’est plus de la fiction, c’est une histoire vraie de la fin de vie de son propre pére que Roth nous raconte avec toutes les horreurs de la vieillesse, de la maladie, de la fin….

Mais de notre père, comme il était notre père, on n’aurait pu attendre qu’il comprît. Il ne comprenait, comme nous tous d’ailleurs, que ce qu’il comprenait, mais cela, il le comprenait farouchement la simple acceptation du fait que les gens sont différents et que cette différence est légitime. Mais ça, il n’arrivait pas à le saisir.
Tout le monde devait travailler de la même manière, désirer de la même manière, manifester son zèle de la même manière, et quiconque dérogeait étaitmeshugge – cinglé
Il allait devoir affronter une nouvelle épreuve, et devoir affronter des épreuves n’autorise pas le désespoir.
Cela requiert plutôt ce mélange de défi et de résignation dont il avait appris à user pour faire face aux humiliations de la vieillesse

Pourquoi un homme devrait-il mourir ? Elle avait, cette question,
de quoi mettre n’importe qui en fureur. Il était indispensable, bon Dieu de bon Dieu, sinon maintenant aux autres, du moins à lui-même ! Alors, pourquoi un homme devrait-il mourir ? Qu’un être intelligent y réponde, à cette question !

Le théatre de Sabbath, 1995
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600 pages, j ai vite laché, trop de sexe et histoires perverses.

Parlons travail, 2001
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Là, j’ai senti l’écrivain et les écrivains  que Roth a interviewé comme Primo Levi, Kundura, Aharon Appelfeld ect …
Ce n’est plus de la fiction, c’est aprofondi car des intellectuels se cotoient, beaucoup d’idées, de bonnes idées , c’est superbe.

Les Juifs italiens, mais on pourrait en dire autant des Juifs de
bien des pays, ont largement contribué à la vie culturelle et politique de leur patrie sans renoncer à leur identité, et même en gardant foi dans leur tradition culturelle. Posséder deux traditions, comme c’est le cas des Juifs, mais pas d’eux seuls, est une richesse ; pour les écrivains, mais pas seulement pour eux.
Primo Levi

La réalité, je ne vous l’apprends pas, est toujours plus forte que l’imagination humaine ; et par-dessus le marché, elle peut se permettre
d’être incroyable, inexplicable, hors de proportions. La fiction, hélas, ne jouit pas d’une telle licence.
Aharon Appelfeld

J’ai appris l’hébreu à la sueur de mon front.
C’est une langue difficile, sévère, ascétique ;
elle a pour fondement l’antique proverbe de la Mishna :
« Le silence est le rempart de la sagesse. » La langue hébraïque m’a appris à
penser, à être économe de mes mots, à ne pas me répandre en adjectifs, ne pas trop intervenir, ne pas trop interpréter.
L’hébreu m’a offert le cœur du mythe juif, sa manière de penser, de
croire, depuis la Bible jusqu’à Agnon – cinq mille ans de créativité juive, à la trame serrée, avec ses hauts et ses bas : la langue poétique de la Bible, la langue juridique du Talmud et la langue mystique de la Kabbale. Cette richesse n’est pas d’un maniement facile. On est parfois suffoqué par une pléthore d’associations, par la multitude de mondes que recèle un seul vocable. N’empêche qu’on a là des ressources fabuleuses, et qu’on y trouve plus que son compte

L’activité frénétique qu’on voit régner ici ne procède pas seulement de la pression extérieure. L’agitation juive proverbiale y a peut-être sa part. C’est une ruche, ici, tout est intense, on parle beaucoup, les controverses font rage, le shtetl n’est pas mort.

Aujourd’hui c’est la rédemption, demain ce sera l’obscurantisme.

L’Holocauste appartient à ce type d’expérience hors norme qui réduit au silence. Toute déclaration, tout énoncé, toute « réponse » ne sauraient être qu’infinitésimaux, absurdes, voire ridicules. La plus vaste des réponses paraîtrait mesquine.

Aharon Appelfeld

KUNDERA : Le sentiment que le monde court à sa perte est très ancien.
ROTH : Alors, aucune raison de s’en faire.
KUNDERA : Si, au contraire. Pour qu’une peur habite l’esprit humain depuis les âges les plus reculés, il faut bien qu’elle ait un fondement.

La vie humaine est bornée par deux abîmes : d’un côté le fanatisme, de l’autre le scepticisme absolu.
Kundera

L’homme est confronté à ce grand problème privé : la mort comme perte du « moi ». Mais qu’est-ce que ce « moi » ? C’est la somme de tout ce que nous nous rappelons. Ce qui nous terrifie dans la mort, ce n’est pas la perte de l’avenir, mais la perte du passé. L’oubli est une forme de mort toujours présente dans la vie.

La bêtise des hommes vient de ce qu’ils ont réponse à tout. La sagesse du roman, c’est d’avoir question à tout. 7

En tout cas, il me semble qu’à travers le monde les gens préfèrent aujourd’hui juger plutôt que comprendre, répondre plutôt que demander, si bien que la voix du roman peine à se faire entendre dans le fracas imbécile des certitudes humaines.

Moi, je fuyais les retombées de Portnoy et son complexe, dont la publication m’avait valu une réputation aussi instantanée que sulfureuse de pervers sexuel. À Manhattan, il était devenu difficile d’échapper à cette notoriété, et j’avais donc décidé de larguer les amarres
Roth

cover

Bien, j’attends donc la fin de la canicule d’été, je quitte pour longtemps Roth et ses oeuvres, je crois que Roth est l’écrivain dont j’ai lu le plus de romans.

Good Bye Colombus !