Lecture d’étè avec « Arrête avec tes mensonges » de Philippe Besson

31 juillet 2017

Il y a dans ce roman , la dimension de l’homosexualité qui m’a choqué, un peu, disons plutot très dur à lire cette bestialité pour le puritain 68 que je suis, puis vient l’histoire bien concue du roman en 3 phases bien distinctes, 1984 l’auteur a 17 ans, 2007 retour en arriére et enfin 2016 l’epilogue.

Nous sommes dans l’autofiction (entre la fiction et l’autobiographie), est ce veridique ou simplement ce que la memoire veut bien eclairer ?

« Mais l’histoire est problablement recomposée, elle n’a peut-être jamais existé « .

arrete-avec-tes-mensonges-par-philippe-besson_5794197

Besson joue certainement un peu pour enrichir son roman, sa version mais c’est cela le roman, une composition de veridique et de fiction, et n’allons pas chercher la verité.
J’ai compris cela en lisant « d’après une histoire vraie » de Delphine de Vigan.

Au final, si j’avais su au depart qu’il s’agissait de l’histoire homosexuelle de l’auteur je n’aurais pas ouvert ce bouquin.
J’accepte et conçois qu’il y ait des homosexuels sur terre, que faire si la Nature n’est pas parfaite, mais de là à s’exposer en public sans nous avertir est choquant. Comme on avertit au ciné ou à la tèlé qu’il y a des scénes violentes qui peuvent choquer les mineurs ce livre aurait du avoir la bienséance de preciser sur la couverture du livre « attention scenes d’homosexualité, âmes fragiles s’abstenir » .
« Arrete avec tes mensonges » commence par un mensonge et celà fort certainement pour mieux se vendre à tous les public.

Publicités

Eux de Joyce Carol Oates ou Apocalypse Now

6 avril 2017

Partir, c’est mourir un peu disait le poète, surtout lorsqu’il faut se separer de ce qui m’est inséparable: mes livres.
En emballant, je suis tombé par hasard sur un livre, ni à prendre à tout prix, ni à donner, mais tout simplement oublié dans ma bibliothéque. Eux de Joyce Carol Oates, 534 pages en petites lettres presqu’illisibles. Le nom Joyce me disait quelque chose, mais rien de plus. Un defi que de lire cet equivalent de 1000 pages dans la pagaille de mon avant-départ.

eux

Eux c’est l’histoire chaotique d’une famille blanche et pauvre, que l’on suit de la Grande Dépression des années 1930 aux émeutes raciales de 1967. Des drames, de la violence, dans un milieu defavorisé noir de Detroit. C’est un defi constant pour les membres de la famille pour sortir de cette pauvreté, et à chaque fois se retrouver au bord du gouffre.
Dur à lire, si ce n’etait le style et la puissance de l’ écriture de Joyce Carol Oates j’aurais laché prise mais nous passons de surprise en surprise tout le long du roman style Balzac par ses menu details des choses de la vie.
C’est la fin du roman qui m’a particuliérement choqué, Maureen qui a reussi à epouser son proff de fac ne veut plus voir son frère Jules le héros du roman, qui lui malgré ses efforts ne reussit pas à sortir de son milieu pauvre. Les classes sociales sont plus fortes que les liens familiaux!

Eux est donc un roman sur la lutte des classes, sur fond du grand rêve américain aujourd’hui ce rêve n’existe plus mais l’Amerique sous Trump est en guerre civile contre les favorisés du systéme Obama-Clinton.

Donc, 1937, 1967, ou 2017, la lutte des classes se poursuit, chaque fois sous un autre visage, sous un autre angle. Il y a toujours eu et il y aura toujours ceux qui profittent du systeme et ceux qui n’arrivent pas à s’en sortir. Seulement en 2017 c’en est fini du grand rêve amèricain. Je crois même que ce rêve n’existe plus sur terre. « Eux » en 2017, c’est plus de la moitiè de la planète en pleine Apocalypse.

PS: en fait d’apocalypse, j’ai fait l’innimaginable, à la fin de la lecture j’ai jeté le livre à la poubelle. Pas question d’apocalypse, laisser moi rever, esperer que le monde est encore en accord.


« L’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante tome 2, « le nouveau nom »

16 décembre 2016

Aprés la saga du premier roman, je me suis mis à lire la suite. Encore et toujours perdu par tous ces personnages du roman en O, Enzo, Stefano, Antonio, Alfonso, ect.. mais c’est le triangle Elena la narratrice avec son amie d’enfance Lina et son amour secret d’enfance Rino qui sont au centre du roman.

Par frigidité affective, Elena cache son amour et laisse se developper un roman entre Lina , qui à 16 ans est dejà marié et Rino. Relations à l’italienne, mode Napolitaine au début des années 60.
Qq citations interessantes que j’ai relevé:

– sur Lina, l’amie qu’on admire, qu’on craint ou qu’on hait

Des mots : avec des mots on fait et on défait comme on veut.

Mais par nature c’est une rebelle, et soit on fait comme elle veut, soit elle te torture.

Son insatisfaction et son besoin de domination n’avaient jamais cessé de causer des problèmes.

Elle avait éprouvé la nécessité de m’humilier afin de supporter sa propre humiliation.

Son plus grand défaut, c’est qu’elle ne supporte pas qu’on puisse avoir des idées différentes des siennes.

T’es comme cette goutte d’eau qui tombe : ploc, ploc, ploc. Et tantqu’on fait pas ce que tu veux, t’arrêtes pas.

– sur Rino l’intello,

Tous des pillards! ils saccagent tout, ils nous saignent et se fourrent un tas de fric dans les poches, sans jamais payer d’impotts: promoteurs, avocats de promoteurs, camorristes, monarco-fascites, démocrates-chretiens, ils se comportent tous comme si on fabriquait le béton dans le ciel et si Dieu en personne, avec une énorme truelle, le lançait en gros tas sue les collines et le long des côtes.

Plus on produit de richesses, plus la misère grandit !

 

51tutbzvm6l-_sx339_bo1204203200_

Finalement il y a celle qui ose et se permet tout sans songer aux conséquences et celle qui avance prudemment, n’ose pas s’exprimer et ne prends aucun risque donc râte beaucoup d’opportunités.  Ainsi va la vie même de nos jours.

Un bon roman pour fuir les atrocités d’Alep en 2016 et se refugier à Naples de 1966. On comprend donc une partie du succés de ses romans. Comme le dit si bien Elena:

Les gens se racontent des histoires pour se défendre de la réalité.

Il ne reste plus qu’a attendre la traduction du vol 3 et vol 4
* Storia di chi fugge e di chi resta, L’amica geniale, vol. 3
* Storia della bambina perduta, L’amica geniale, vol. 4
ou les lire en version originale.

Note: 7/10 sur l’échelle RG


Dalva de Jim Harrison ou le génocide des indiens américains.

9 octobre 2016

Dalva de Jim Harrison ou le genocide des indiens américains.

Il faut avoir la force, le courage et la patience pour arriver au bout du roman « Dalva » de Jim Harrison, 1656 pages digitales ce n’est pas rien, mais à chaque fois que je considerais de clore ma lecture definitivement avant la fin il y avait quelque chose dans l’action ou du passage entre le narratif et l’historique qui me poussait à continuer ma lecture.

Dans ce roman s’entrecroisent les États-Unis du XXieme siécle , mais également le massacre des Indiens dans celui du XIXieme.
Grand roman du détail présent mais qui nous raméne tout le temps à ceux qui étaient là avant mais ont été agressés, chassés, massacrés: les Indiens.

“Trois cents Sioux, surtout des femmes et des enfants, ont été massacrés à Wounded Knee pendant que dans le Midwest Henry Ford mettait au point la fabrication de sa première automobile à partir de pièces détachées. Pour ceux d’entre nous qui sommes adultes, la plupart de nos grands-parents vivaient en 1890 !”

 

dalva-harrison

Jim Harrison réussit à nous ramener aux grands-parents donc à l’histoire pas si ancienne des Indiens. Et cette histoire est tragique. Dois-je rappeller que dans mon enfance au cinéma nous hurlions de joie chaque fois qu’un cow-boy yankee abattait un Sioux indien. Le but était de nous inculquer que le bon americain avait eu raison de se débarasser du sauvage. La force de Jim Harrison est donc de pointer sur le contexte reel de l’extermination ou genocide du peuple indien.

“Ce que tu appelles l’Histoire évite tout réel souci des gens. Le fond du problème, c’est cette mythologie qui nous a permis de conquérir les populations autochtones – en fait plus d’une centaine de petites civilisations – et puis de leur forger un destin d’humiliation, de honte et de défaite quotidiennes ; par-dessus le marché nous pouvons avoir la conscience tranquille, car n’est-ce pas, ce sont tous des poivrots d’Indiens.”

“les Papagos, les Yaquis, et les autres peuples apaches. Quelle race fabuleuse ! Nous minimisons aujourd’hui leurs qualités pour ne pas nous sentir trop coupables de ce que nous leur avons infligé. Un écrivain anglais, par ailleurs assez naïf, a dit que la seule aristocratie était celle de la conscience. “Il faudra un jour que tu étudies la centaine de tribus, ou de civilisations, que nous avons détruites.”

 

il est intéressant de remarquer que nous n’avons jamais respecté un seul traité signé avec les Indiens – que le reste du reste du monde en prenne de la graine !

“Entre la fin de la guerre civile et le massacre de Wounded Knee en 1890, les Grandes Plaines ont été bouleversées par un véritable cataclysme historique. On dirait que les gouvernements n’ont jamais manifesté le moindre talent ni la moindre inclination pour maintenir leurs citoyens en vie. La vie elle-même était sans doute le cadet des soucis des politiciens de Washington D.C”

“Je n’ai jamais dit que les Sioux étaient des oies blanches ou des petits saints. Je dis simplement que l’histoire nous apprend que vos ancêtres se sont comportés comme des centaines de milliers de nazillons cupides. Un point c’est tout.”

Il y a donc dans ce roman le coté historique mais il y a aussi beaucoup sur les choses de la vie, sur l’homme, que j’évoquerai dans un prochain article.

Note 7/10 sur l’echelle RG


A la table des hommes

6 avril 2016

Babel qui est au centre du roman de Sylvie Germain rappelle beaucoup ‘l‘Enfant sauvage‘ du film de François Truffaut. Il est, par nature trés proche des animaux, s’identifie pleinement en eux, subit de mauvais traitements des humains et leur porte un regard méfiant et tragique.
«Ce qu’il n’ignorera plus, c’est combien il lui faudra désormais se méfier de tout animal ayant odeur de mâle humain.»

« La compagnie de la corneille, et celle des bêtes qu’il croisait, parfois côtoyait dans la forêt, lui manquent d’un coup terriblement. Jamais, auprès d’elles, il n’a connu l’angoisse, la méfiance, la déception ou la solitude, si l’une est hostile, agressive, la menace est manifeste, si l’une se laisse approcher, amadouer, son innocuité est réelle, elles ne feignent pas, ne trichent pas. Jamais surtout il n’a souffert de ne pas partager à égalité leurs langages faits de sons, de chants, de cris, ce qu’il en entendait et en devinait lui suffisait. Avec les humains, rien de tel, tout est toujours compliqué, équivoque, et souvent inquiétant.”

Les animaux sont et seront toujours les victimes de l’homme,  d’ailleurs cela commence par ….. “la paresseuse habitude qui consiste à s’insulter mutuellement à coups de noms d’animaux, fils de chien, sale punaise, peau de vache, poule mouillée, gueule de rat, vieille chouette, gros porc, face de crabe, grande bécasse ou pauvre dinde, vipère”
«A la table des hommes » est donc un requisitoire des animaux contre l’homme.

“Les animaux et les humains, quelle que soit leur parenté, ne peuvent pas être confondus et tomber sous les mêmes jugements, les premiers vivent en paix avec leur finitude, en droite conformité à leurs instincts, en plein accord avec le monde, ils vivent la vie en plénitude, les seconds, taraudés par l’idée d’infini, sont en lutte avec leur finitude, en conflit constant avec leurs instincts qui n’en prennent pas moins le dessus la plupart du temps, en violent désaccord avec le monde, ils vivent la vie par à-coups plus ou moins réussis. Les premiers n’ont ni mérite ni tort à être doux ou sauvages, innocents ou nuisibles, les seconds sont responsables de leur malveillance, de leur malfaisance, de leurs perversités, de leurs crimes. Abel se sait humain et se veut tel, mais il sent battre en lui un sang commun à tout vivant.”

“La guerre les a saisis, corps et âme, extirpant des bas-fonds de leur être une capacité de haine et de cruauté qu’ils ignoraient porter »

“Les hommes sont malades de rivalité, de gloire et de puissance, qu’ils ont la frénésie de tuer et de s’entre-tuer.”

“Il fustige les religions, trop souvent causes d’intolérance, de violence s’envenimant en tueries”a-la-table-des-hommes-sylvie-germain_5563935

“Le problème n’est pas que le monde ne tourne pas rond, déclare Clovis, il ne l’a jamais fait et ne le fera jamais, mais plutôt qu’il s’acharne, précisément, à tourner en rond, en vrille folle sur lui-même, toupie ventrue gavée de sang et de fureur, ivre de ses propres cris et vrombissements, siècle après siècle, continûment. Chaque révolution est une tentative pour arrêter cette rotation forcenée, faire dévier le mouvement, orienter l’Histoire autrement, mais la pesanteur est telle que la toupie reprend son increvable giration et à mesure elle broie les espoirs, les promesses, les inédits de justice, les élans de liberté apportés par ces soulèvements.”

“Que la guerre est une passion congénitale de l’humanité, elle ne cesse jamais sur la terre, pas un jour, pas une heure, elle se déplace, c’est tout, elle change de lieu, de forme, de prétextes, d’armement, de stratégie, d’intensité, de durée, de ceci de cela, mais le résultat est toujours pareil, des tombereaux de morts, des flopées d’infirmes, des hordes d’endeuillés, des ruines à profusion, du malheur à l’excès et de la haine à foison qui fermente longtemps après la fin des combats, bonne à se réinjecter dans un prochain conflit.”

 

 

 

Mais au fond, rien n’a changé quant au mépris et à la suspicion des humains à l’égard des bêtes, ni à la cruauté désinvolte qu’ils exercent à leur encontre, aujourd’hui encore un regard vers les horreurs des camps de concentration des poulaillers et des méthodes appliquées dans les abattoirs de vaches en est la preuve horrifiante.

C’est dire que si l’homme veut changer vis a vis de son prochain , il doit d’abord se rendre plus humain envers les animaux, les comprendre, les imiter pour s’ameliorer.
Son salut est entre les mains des animaux, telle est la lecon que Sylvie Germain nous propose dans un style humain, accusateur certes mais optimiste malgré tout.
Au debut du roman, on se dit tiens c’est une histoire sur les bêtes , on veut refermer le livre mais trés vite on sent que ces animaux sont moins nocifs que les hommes et que dans notre interet on ferait bien de les ecouter, ils sont là et Sylvie Germain par son style et sa comprehension des animaux reussit à les mettre à notre niveau, à notre table, la table des hommes. Aujourd’hui au XXI eme siécle retrograde on peut se dire que  « si l’homme prenait exemple du comportement des animaux, nous aurions tous droit à un monde meilleur »

 

 


Les revenants de Laura Kasischke

1 juin 2015

Le plus beau/réussi des romans de Laura Kaschicke, le plus long aussi 665 pages en 100 chapitres, et j’ai dégusté chaque jour un, deux ou trois chapitres comme on déguste un bon vin qu’on ne veut pas finir pour continuer à l’apprécier.

 

Toute l’essence des romans de Laura Kasischke se retrouve dans les revenants, la vie d’abord face à la mort, des gens ordinaires comme vous et moi, l’imprevu, le suspense et enfin le choc de la fin. C’est la vie et ses moments ordinaires mais aussi l’angoisse car l’imprevu frappe au moment ou l’on s’attend le moins.
Apres La vie devant ses yeux, A suspicious river, En un monde parfait et Esprit d’hiver, Les revenants est le summum de cet ecrivaine aux yeux bleux et doux mais aux angoisses tragiques. Un roman à lire et même à conserver dans sa bibliothèque privée.

Le roman est très habilement construit dans la mesure où il procède à des retours en arrière racontées par les quatre personnages principaux de l’histoire ( Craig, Perry, Mira et Shelly ), chacun ayant sa vie qui est un roman en soi.
Une seule remarque cependant, il était superflu à mon avis d’écrire un épilogue 14 ans plus tard. En plus de 600 pages tout était dit, inutile d’en rajouter.

Au final, les revenants de Laura Kasischke  -puisque je l’ai comparé à un vin-  est un grand cru 2011 (date de parution) ou 2015 (date de lecture).

PS: la traduction en francais emprunte beaucoup à Google translate et laisse parfois à desirer. Un exemple: « Parce que les jumeaux en sont, eux, des garçons. Du sexe masculin si tu préfères »
Dommage! De plus en plus j’ai l’impression qu’un livre traduit passe par Google pour ensuite recevoir des retouches, mais aussi beaucoup d’oublis de correction.

Note 8/10 sur l’echelle RG 

 

A LIRE OU A RELIRE SUR LE MEME THEME:

– Esprit Laura Kasischke

–  Lectures d’étè, lectures de guerre ou lectures de fuite

 

 


Eloge des femmes mûres

14 décembre 2013

La photo du livre de Stephen Vizinczey   « Eloge des femmes mûres »  est trompeuse car il s’agit de l’histoire personnelle de l’auteur dans sa jeunesse  un peu d’érotisme et c’est normal, mêlé à beaucoup de  profondeur et d’esprit. On pourrait le resumer par cette citation:

Tu n’as jamais entendu parler de la theorie d’Einstein?
Le plaisir se transforme en énergie
.

Donc plaisir et beaucoup d’énergie, c’est ce qu’il ressort à la lecture du livre.
Il y a aussi au passage l’histoire de la Hongrie qui durant des siécles se résume au mot « occupation »:  empire othoman, autriche, nazis, bolcheviques.

Citations intéressantes:

L’absence de point de comparaison ne permet pas de reconnaitre même les qualités les plus exceptionnelles.

Il me semble à présent que chaque fois que j’ai cru apprendre qq chose sur les gens ou sur la vie en génèral, je n’ai fait que donner une forme différente à mon immuable ignorance – c’est ce que les philosophes compatissants appellent la nature du savoir.

Note 7/10 sur l’echelle RG, un livre sur la vie, à lire pour le plaisir.