« Idiss » ou l’horreur pétainiste alliée des nazis

« Idiss » est un livre historique, trés pénible, tragique qui met en relief l’horreur pétainiste alliée des nazis. Oui la France a trahi ses citoyens Juifs.

Idiss, c’est la grand-mère juive de Roger Badinter, née en 1863 dans le Yiddishland, à la frontière occidentale de l’Empire russe où un antisémitisme virulent trouvait dans ces régions frontalières un foyer constamment prêt à s’allumer.

Idiss c’est ses deux fils Avroum (23 ans) et Naftoul (21 ans) qui quittent la Russie pour Paris. Ils deviennent des « citoyens français de confession israélite ».

Ce terme « israélite » montrait qu’ils étaient des Français, juifs seulement par leur religion, comme d’autres étaient catholiques ou protestants. La France était leur patrie, le judaïsme leur religion. La République laïque consacrait ces principes. Tout était clair pour ces Israélites français, ardents patriotes et républicains convaincus.

Idiss et sa famille c’est le grand amour pour Paris et la France mais …

Cet amour n’était pas toujours payé de retour. Les Français, en majorité catholiques et ruraux, ne connaissaient souvent des juifs que les clichés hostiles ou méprisants, répétés inlassablement à leur sujet : ils étaient riches, avares et étrangers à la « vraie » France, celle des villages et des églises dont les clochers se dressaient dans le ciel.

Mais bien des Français ne les considéraient pas comme de « vrais » Français, même s’ils l’étaient depuis des siècles. Pour eux, les juifs avaient beau donner tous les gages du patriotisme, ils n’en demeuraient pas moins des étrangers sur la terre de France, plus hospitalière dans ses lois que dans les cœurs.

Pour l’auteur, Robert Badinter, petit fils d’Idiss l’enfance prend fin le 10 mai 1940, lorsque les armées allemandes se ruèrent sur la Hollande et la Belgique et comme pour beaucoup d’immigrés naturalisés, la question se posait toujours : les Français d’origine me considèrent-ils comme un des leurs ?
C’est l’époque des grandes rafles. La population juive étrangère de Paris est plongée dans la terreur. Les juifs naturalisés français découvrent l’abîme qui s’ouvre devant eux.

Dès le mois de juillet 1940, alors que la nation connaissait le pire désastre militaire de son histoire, que le pays tout entier n’était plus qu’un corps blessé, à quoi en effet se consacrait en priorité à Vichy l’entourage du maréchal Pétain, chef de l’État français ? À rédiger des lois contre les naturalisés, les immigrés et les juifs.

Simon Badinter – père de l’auteur – fut arrêté à Lyon, le 9 février 1943, sur ordre de Klaus Barbie, et déporté au camp d’extermination de Sobibor, en Pologne, par le convoi no 53 du 25 mars 1943. Il n’est pas revenu
Naftoul Rosenberg – oncle de l’auteur- fut arrêté à Paris sur dénonciation, et déporté au camp d’Auschwitz-Birkenau par le convoi no 12 du 29 juillet 1942. Il n’est pas revenu.

Souvent, je me suis interrogé : que pensait-il lorsque, à Drancy, en mars 1943, il montait dans le train qui le conduirait au camp d’extermination de Sobibor, en Pologne ? Arrêté à Lyon par Klaus Barbie, et déporté sur son ordre, c’était aux nazis qu’il devait sa fin atroce, à quarante-huit ans. Mais au camp de Pithiviers ou de Drancy, qui le gardait, sinon des gardes mobiles français ? Tel que je l’ai connu, aimant si profondément la France, a-t-il jusqu’au bout conservé sa foi en elle ? On ne fait pas parler les morts. Mais cette question-là, si cruelle, n’a jamais cessé de me hanter.

Ce recit « Idiss » a valeur d’avertissement, 2019 peut reproduire 1939, il suffit de voir cette nouvelle vague antisémite dans les contours des Gilets Jaunes, les tags antisémites sur un magasin de bagels, la représentation de Simone Weil dégradée par des croix gammées, ect..ect. Paris fait peur mais en 2019 contrairement à 1939 il y a un refuge pour les Juifs, Israel.

PS: ajoutons et c’est terrible
Insultes antisémites contre Alain Finkielkraut en marge de la manifestation des « gilets jaunes » à Paris ce samedi.
« Barre-toi, sale sioniste de merde », « grosse merde sioniste », « nous sommes le peuple », « la France elle est à nous », ont crié plusieurs manifestants qui défilaient boulevard du Montparnasse, et qui venaient d’apercevoir l’académicien. Oui, encore une fois Paris fait peur!

Note: un livre historique pénible et tragique, on ne peut noter un tel livre sur l’échelle RG.

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