Sapiens 2016 ou Argent, Science, Croissance

30 avril 2016

 

La deuxieme partie de « Sapiens » de Yuval Noah Harari se ramène à notre époque celle de l’argent, de la croissance et de la science.

“La monnaie est le seul système de confiance créé par l’homme qui puisse enjamber n’importe quel fossé culturel et qui ne fasse aucune discrimination sur la base de la religion, du genre, de la race, de l’âge ou de l’orientation sexuelle. Grâce à l’argent, même des gens qui ne se connaissent pas et ne se font pas confiance peuvent tout de même coopérer efficacement.”

“Même aujourd’hui, les pièces et les billets de banque sont une forme d’argent rare. La quantité totale de monnaie dans le monde tourne autour de 60 billions de dollars, mais la somme totale de pièces et de billets est inférieure à 6 billions. Plus de 90 % de la monnaie – soit plus de 50 billions de dollars figurant sur nos comptes – n’existent que sur les terminaux d’ordinateurs.”
“Pourtant, si l’on veut comprendre l’histoire économique moderne, il n’y a en vérité qu’un seul mot à comprendre. Et ce mot, c’est « croissance ». Pour le meilleur ou pour le pire, malade ou en bonne santé, l’économie moderne a crû tel un adolescent gavé d’hormones. Elle avale tout ce qu’elle trouve et pousse sans même qu’on s’en rende compte.

“En 2015, le monde reste politiquement fragmenté, mais les États perdent vite leur indépendance. Pas un seul n’est réellement en mesure de mener une politique économique indépendante, de déclarer et de livrer des guerres à sa guise ou même de diriger ses affaires intérieures comme il l’entend. Les États sont de plus en plus exposés aux machinations des marchés mondiaux, aux ingérences des entreprises et des ONG mondiales ainsi qu’à la surveillance de l’opinion publique mondiale et du système judiciaire international. Les États sont obligés de se conformer à des normes internationales en matière de finances, de politique de l’environnement et de justice. Des mouvements terriblement puissants de capitaux, de main-d’œuvre et d’information font le tour du monde et le façonnent, avec un mépris croissant des frontières et des opinions des États.”

La science n’est pas une entreprise qui se situe sur quelque plan moral ou spirituel supérieur, au-dessus du reste de l’activité humaine. Comme toutes les autres parties de notre culture, elle est façonnée par des intérêts économiques, politiques et religieux

“Dans les cercles universitaires, beaucoup sont naïfs au point de croire à la science pure. Ils croient l’État et les entreprises assez altruistes pour leur donner de quoi poursuivre leurs projets de recherche au gré de leur fantaisie. Or, la réalité du financement de la science est bien différente.
La plupart des études scientifiques sont financées parce que quelqu’un estime qu’elles peuvent aider à atteindre quelque but politique, économique ou religieux

“Au cours des toutes dernières années, banques et États ont frénétiquement fait tourner la planche à billets. Tout le monde est terrifié à l’idée que la crise économique actuelle puisse arrêter la croissance. Aussi créent-ils de toutes pièces des billions de dollars, d’euros et de yens, injectant dans le système du crédit bon marché, tout en espérant qu’hommes de sciences, techniciens et ingénieurs parviendront à trouver quelque chose de vraiment géant avant que la bulle n’explose. Tout dépend des gens dans les labos.”     “Si les labos ne répondent pas à ces attentes avant que la bulle n’explose, nous allons au-devant de temps très rudes

Science sans conscience n’est que ruine de l’ame disait Rabelais il y a 500 ans
Science sans croissance c’est la ruine disent les capitalistes aujourd’hui.

Nous pouvons conclure que notre époque est au seuil du ciel et de l’enfer, passant nerveusement de la porte de l’un à l’antichambre de l’autre. L’histoire n’a pas encore décidé où elle finira, et une ribambelle de coïncidences pourrait encore nous propulser dans l’une ou l’autre direction.

 

 


Sapiens

29 avril 2016

J’ai lu ou plutot j’ai parcou-lu Sapiens de Yuval Noah Harari, 1480 pages c’est long mais un peu court pour « Une brève histoire de l’humanité« , un best-seller et je n’aime pas les best-sellers, bref on se demande si c’est de l’histoire, de la geographie, de la biologie, de l’anthropologie ou une vision èconomique de notre monde. Beaucoup de speculations, de la pure fantaisie sur l’origine de notre propre espèce, que nous avons immodestement baptisée du nom d’Homo sapiens, « homme sage ».

Sur ce qui n’est pas speculation je dirais:
“Les biologistes classent les organismes en espèces. On dit d’animaux qu’ils appartiennent à la même espèce s’ils ont tendance à s’accoupler l’un avec l’autre, donnant “naissance à des rejetons féconds »

“Les espèces issues d’un ancêtre commun sont réunies sous le vocable de « genre » (en latin genus, ou genera au pluriel). Lions, tigres, léopards et jaguars sont des espèces différentes du genre Panthera.”

“Les genres sont à leur tour regroupés en familles : ainsi des chats (lions, guépards, chats domestiques), des chiens (loups, renards, chacals)”

 

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Et l’homo sapiens dans tout cela:

“De fait, en comparaison d’autres animaux, les humains naissent prématurés, alors que nombre de leurs systèmes vitaux sont encore sous-développés. Un poulain peut trottiner peu après sa naissance, un chaton de quelques semaines quitte sa mère pour explorer le monde tout seul. Les bébés d’homme sont démunis, tributaires durant de longues années de leurs aînés qui assurent leur nourriture, leur protection et leur éducation.”

Fragile oui, mais manipulateur de son prochain:

“Une bonne partie de l’histoire tourne autour de cette question : comment convaincre des millions de gens de croire des histoires particulières sur les dieux, les nations ou les sociétés anonymes à responsabilité limitée ? Quand ça marche, pourtant, cela donne au Sapiens un pouvoir immense,”

“Dieu n’existe pas, disait Voltaire, mais ne le dites pas à mon valet, il me truciderait dans la nuit ! »”

Bien tout cela est de l’histoire passée, sur le présent et l’avenir peu radieux des Sapiens dans le prochain article.


Le Corbeau et le Renard version 2016

26 avril 2016

Les compliments d’Obama à Merkel et à l’Europe pour les faire tomber dans le panier américain grâce au traité de libre-échange transatlantique me rappellent les compliments du Renard au Corbeau des fables de La Fontaine, ce n’était pas si lointain mais toujours d’actualité.

Maître Corbeau Angela Merkel, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard Obama, par l’odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
« Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. »
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s’en saisit, et dit : « Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.  »
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.


Me and Mrs Jones

25 avril 2016

Billy Paul, connu surtout pour son titre Me and Mrs. Jones, est décédé. Quelle voix! quel dommage !

Romantisme et sensualité des années 1972, une belle époque avant l’épopée du baril de pétrole.


Jim Harrison et ses “légendes d’automne”

24 avril 2016

 

Jim Harrison m’était un inconnu, je l’ai connu et lu qu’à la suite de l’annonce de sa mort.
‘Légendes d’automne » est devenu un classique du roman américain et qui mieux que S.L (qui est ce S.L ??? qui préface le livre ) nous explique pourquoi:
La littérature américaine de ces dernières années présente des personnages très vivants mais souvent trop civilisés. Harrison brise ce vernis ; « notre monde n’a de civilisé que ses apparences. Le reste n’est que massacre et compromission.”
“Les personnages de Jim Harrison sont des héros, au sens propre du terme. Ils sont d’autant plus fascinants que notre temps semble avoir relégué l’héroïsme au magasin des accessoires.”

Ces trois légendes traitent essentiellement de vengeance, de doute et de rédemption.
« Les hommes qui méritent vraiment de mourir sont finalement assez rares. » Par voie de conséquence, si la vengeance demeure une nécessité vitale, elle est aussi une nécessité maudite.
Beaucoup de doutes chez les heros de Jim Harrison, IL (le heros) est contraint d’admettre, incapable de modifier, a recu une education, comprend confusement, ect, ect…. beaucoup de « IL », beaucoup de doutes, beaucoup d’idées et de philosophie sur la vie et le hasard: “Ce monde ne vit que de manière fortuite”.

“Il avait pourtant traversé assez de batailles pour savoir que l’amour était presque une maladie, une notion issue des temps anciens, d’une époque où le monde était à la fois plus jeune et plus sage.”
“il fut contraint d’admettre qu’il s’était « convaincu » d’entrer dans cette aventure dans le seul but d’échapper à un ennui qu’il refusait de reconnaître”

“il était incapable de modifier son attitude, trop absorbé par son propre tourment pour prendre conscience de la souffrance des autres”

“Il avait reçu une éducation qui l’obligeait à ne jamais s’avouer vaincu par quoi que ce soit ; cela, ajouté au refus d’admettre sa propre stupidité, le contraignit à demeurer dans le cours”

“Il se disait qu’il est préférable de mourir lorsque les choses vont bien plutôt que mal”

.” “il comprit confusément que la vie n’était rien d’autre qu’une accumulation d’actes quotidiens et sans cesse répétés”

Il s’inquiétait surtout de la manière dont la structure démocratique commençait à avilir les êtres plutôt que de les stimuler vers un certain altruisme. La structure ne tenait plus compte des objectifs pour lesquels elle avait été créée et cela était dû en partie – selon Nordstrom – au fait que tous les politiciens et tous les bureaucrates portaient des costumes”

il n’était susceptible de commettre aucune de ces erreurs de jugement que les gens construisent sur leurs préjugés.”

Il était arrivé à un âge où sa perception généralement sentimentale des choses était maintenant remplacée par une vision ironique du monde et de ses occupants ; le passé devenait un marécage épais d’où il se sentait incapable d’extraire la moindre conclusion.”

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La valeur n’attend pas pas le nombres des années, heros on l’est à 19 ans, puis on veut changer sa vie, c’est frustant et plus tard on s’apercoit que même les journaux ne reflètent plus le monde que l’on perçoit.

“La prospérité acquise ne l’empêchait pas de se sentir victime de ces rêves bâtis à dix-neuf ans, à l’âge où chacun d’entre nous atteint son zénith de sottise idéaliste. Dix-neuf ans est l’âge du parfait fantassin qui acceptera de mourir sans un murmure, le cœur brûlant de patriotisme. C’est également l’âge auquel l’imagination naissante du poète s’élève à des hauteurs vertigineuses et où il subit avec une douleur heureuse les assauts de ce qui est le Dieu, en lui. C’est encore l’âge auquel une jeune femme a le plus de chances de se marier réellement par amour. Et ainsi de suite. Les rêves sont des chasseurs d’âmes”

“Pour un homme désireux de changer sa vie, rien n’est plus frustrant que l’improbabilité du changement réel.”

“Après avoir scrupuleusement consulté les journaux pendant plus de vingt ans, je m’aperçois que je deviens incapable de les lire. Pourquoi ? Probablement parce qu’ils ne reflètent plus le monde que je perçois”

3 courtes nouvelles, chacune est un roman, c’est la force de Jim Harrison de nous donner en concentré avec force et concision une vue d’un monde pas civilisé comme on se complait de croire.

Note 7/10 sur l’echelle RG 


Pourquoi le petit prince a peur d’Obama

24 avril 2016

 

« Tu représentes le big pharma, les grands capitalistes, ceux qui polluent notre air, empoisonnent nos aliments, manipulent les bourses et detruisent notre avenir nous la jeune et nouvelle generation. Tu me fais peur ! »


Salut grand père an 4, Hello grand père an 1, Hi papy age prématuré

21 avril 2016

J’ai déja 4 ans grand père, après l’année des ballons, voici l’année Mickey Mouse, je me suis déguisé en Mickey, j’ai reçu des livres, photos, puzzles et poupons Michey et j’en suis un passionné, même le gateau d’anniversaire que Mamy me prépare en sera une copie.
Le temps t’échappe, mais on a fait pas mal de choses ensemble au long de cette année vite écoulée, même si certaines de mes « positions » passées sont prises ou reprises par mon frangin Michael car moi je suis au jardin d’enfants toute la journée 6 jours sur 7.
Lorsque tu me fais la surprise de venir me chercher, dans la voiture tu m’inventes des histoires, je t’indique les petits détours du jardin pour contourner les escaliers de l’immeuble ou bien encore le courrier dans la boite aux lettres. C’est vrai on se voit moins mais n’oublie pas qu’on a passé un mois ensemble en Floride, nous vous surprenions – moi et le puiné – à toi et Mamy à l’aube encore au lit, baillants, perplexes mais heureux de notre roucoulement.
J’ai passé cette année surtout sous le signe que je ne suis plus l’unique mais qu’un intrus s’est infiltré dans mon monde, et qu’il me prend ma place, mes jouets, mes parents et aussi une partie de votre intérêt à toi et à Mamy. S’il est vrai que je suis sur une autre dimension, celle de mener par exemple à la laisse la chienne Pizza ou de pédaler en vélo tout seul, n’empêche que cet intrus a modulé beaucoup de mon comportement enfantin. Enfin c’est toujours ainsi pour un ainê, un moment compliqué à traverser pour finalement se retrouver en tête…. suivi par mon puiné je lui laisse donc la parole.

Je suis le second, presqu’invisible, né exactement un même 22, un même avril, souriant tout le temps, on me porte moins d’intérêt qu’à mon ainé mais je lui ai pris la place principale à table le shabbat, la chaise dans la voiture et c’est moi qu’on sort au mall pour permettre à ma mère d’étudier, et oui elle n’a pas encore fini! et ce n’est pas forcement à cause de moi.
A moi aussi tu enseignes ce qu’est une pomme, une banane, une orange, tes bonnes vieilles methodes! Mais ce que j’ai le mieux pigé c’est la lumiére qu’on allume puis qu’on éteint. Et je poursuis Pizza un peu partout, c’est incroyable son agilité malgré son age et son desir de s’isoler pour bronzer.
Aujourd’hui à la plage tu m’as bourré de bananes, mais à la fin je t’ai ouvert la bouche et introduit de la banane en retour! Tu t’es marré de ma huzpa!
Tu vois je suis social, calme et je ne pleure presque jamais contrairement aux autres bébés de mon age, je suis le second donc moins exigeant.
Je suis sur le point de marcher, cela me permettra d’être sur un pied d’égalité avec mon frère qui me pique immediatement tout les jouets que j’ose prendre.

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Mais il y a encore plus petit que moi, c’est mon cousin qui sera toute la vie considéré comme le prématuré. Je lui donne la parole à ce tout petit Ariel, minuscule être de 750 grammes.

Et moi dans mon coin si je ne dis rien je sais bien que ma date de naissance ma 26eme semaine de gestation n’est pas ma date réelle car je n’ai pas 5 mois du moins de developpement, j’aurais du naitre un 29 fevrier comme prevu mais aujourd’hui encore j’ai un poids inferieur à un nouveau né, donc le mieux est de me joindre à la fête de mes 2 cousins et le 22 avril sera ma date officieuse car j’aurai traversè le cap de 3.3kg, j’existe donc officiellement à l’état nouveau-né. Mais je sais me retourner et je sais que j’ai eu beaucoup de pot, de chance, de protection de tante Olga pour pouvoir être ce que je suis. Donc moi aussi je suis bien là, j’existe et je suis le benjamin, peut etre même que j’entrerais à l’école primaire en même temps que Michael, sympa d’avoir et savoir qu’on a un cousin pour te proteger. J’ai passé une drole de periode aux soins intensifs néo natal, et ma premiére sortie officielle c’est aujourd’hui pour fêter l’anniversaire de mes deux cousins. Happy birthday à nous tous.

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Salut grand père, an 3

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Salut grand père, an 2

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Salut grand père


PIB 2016

15 avril 2016

Première surprise: ou est donc passé le Canada ?

Je suppose que la baisse du prix du petrole l’a fait tomber plus bas.

Autre surprise le Mexique fait partie des G10, et moi qui le croyait encore à l’époque des gringos.


Chapeau! pour le chapeau

10 avril 2016

Chapeau! les belges. Ils ont reussi à arreter l’homme au chapeau.

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5700967_hatmanEt le plus beau c’est qu’il a reussi à vendre son chapeau!


A la table des hommes

6 avril 2016

Babel qui est au centre du roman de Sylvie Germain rappelle beaucoup ‘l‘Enfant sauvage‘ du film de François Truffaut. Il est, par nature trés proche des animaux, s’identifie pleinement en eux, subit de mauvais traitements des humains et leur porte un regard méfiant et tragique.
«Ce qu’il n’ignorera plus, c’est combien il lui faudra désormais se méfier de tout animal ayant odeur de mâle humain.»

« La compagnie de la corneille, et celle des bêtes qu’il croisait, parfois côtoyait dans la forêt, lui manquent d’un coup terriblement. Jamais, auprès d’elles, il n’a connu l’angoisse, la méfiance, la déception ou la solitude, si l’une est hostile, agressive, la menace est manifeste, si l’une se laisse approcher, amadouer, son innocuité est réelle, elles ne feignent pas, ne trichent pas. Jamais surtout il n’a souffert de ne pas partager à égalité leurs langages faits de sons, de chants, de cris, ce qu’il en entendait et en devinait lui suffisait. Avec les humains, rien de tel, tout est toujours compliqué, équivoque, et souvent inquiétant.”

Les animaux sont et seront toujours les victimes de l’homme,  d’ailleurs cela commence par ….. “la paresseuse habitude qui consiste à s’insulter mutuellement à coups de noms d’animaux, fils de chien, sale punaise, peau de vache, poule mouillée, gueule de rat, vieille chouette, gros porc, face de crabe, grande bécasse ou pauvre dinde, vipère”
«A la table des hommes » est donc un requisitoire des animaux contre l’homme.

“Les animaux et les humains, quelle que soit leur parenté, ne peuvent pas être confondus et tomber sous les mêmes jugements, les premiers vivent en paix avec leur finitude, en droite conformité à leurs instincts, en plein accord avec le monde, ils vivent la vie en plénitude, les seconds, taraudés par l’idée d’infini, sont en lutte avec leur finitude, en conflit constant avec leurs instincts qui n’en prennent pas moins le dessus la plupart du temps, en violent désaccord avec le monde, ils vivent la vie par à-coups plus ou moins réussis. Les premiers n’ont ni mérite ni tort à être doux ou sauvages, innocents ou nuisibles, les seconds sont responsables de leur malveillance, de leur malfaisance, de leurs perversités, de leurs crimes. Abel se sait humain et se veut tel, mais il sent battre en lui un sang commun à tout vivant.”

“La guerre les a saisis, corps et âme, extirpant des bas-fonds de leur être une capacité de haine et de cruauté qu’ils ignoraient porter »

“Les hommes sont malades de rivalité, de gloire et de puissance, qu’ils ont la frénésie de tuer et de s’entre-tuer.”

“Il fustige les religions, trop souvent causes d’intolérance, de violence s’envenimant en tueries”a-la-table-des-hommes-sylvie-germain_5563935

“Le problème n’est pas que le monde ne tourne pas rond, déclare Clovis, il ne l’a jamais fait et ne le fera jamais, mais plutôt qu’il s’acharne, précisément, à tourner en rond, en vrille folle sur lui-même, toupie ventrue gavée de sang et de fureur, ivre de ses propres cris et vrombissements, siècle après siècle, continûment. Chaque révolution est une tentative pour arrêter cette rotation forcenée, faire dévier le mouvement, orienter l’Histoire autrement, mais la pesanteur est telle que la toupie reprend son increvable giration et à mesure elle broie les espoirs, les promesses, les inédits de justice, les élans de liberté apportés par ces soulèvements.”

“Que la guerre est une passion congénitale de l’humanité, elle ne cesse jamais sur la terre, pas un jour, pas une heure, elle se déplace, c’est tout, elle change de lieu, de forme, de prétextes, d’armement, de stratégie, d’intensité, de durée, de ceci de cela, mais le résultat est toujours pareil, des tombereaux de morts, des flopées d’infirmes, des hordes d’endeuillés, des ruines à profusion, du malheur à l’excès et de la haine à foison qui fermente longtemps après la fin des combats, bonne à se réinjecter dans un prochain conflit.”

 

 

 

Mais au fond, rien n’a changé quant au mépris et à la suspicion des humains à l’égard des bêtes, ni à la cruauté désinvolte qu’ils exercent à leur encontre, aujourd’hui encore un regard vers les horreurs des camps de concentration des poulaillers et des méthodes appliquées dans les abattoirs de vaches en est la preuve horrifiante.

C’est dire que si l’homme veut changer vis a vis de son prochain , il doit d’abord se rendre plus humain envers les animaux, les comprendre, les imiter pour s’ameliorer.
Son salut est entre les mains des animaux, telle est la lecon que Sylvie Germain nous propose dans un style humain, accusateur certes mais optimiste malgré tout.
Au debut du roman, on se dit tiens c’est une histoire sur les bêtes , on veut refermer le livre mais trés vite on sent que ces animaux sont moins nocifs que les hommes et que dans notre interet on ferait bien de les ecouter, ils sont là et Sylvie Germain par son style et sa comprehension des animaux reussit à les mettre à notre niveau, à notre table, la table des hommes. Aujourd’hui au XXI eme siécle retrograde on peut se dire que  « si l’homme prenait exemple du comportement des animaux, nous aurions tous droit à un monde meilleur »