Sur la route de Madison,

9 septembre 2018

Une histoire c’est bien, une vraie histoire c’est mieux , une vraie histoire d’amour c’est encore mieux, une vraie histoire d’amour avec 2 personnages dans la force de l’age c’est sublime. Ce roman est simple mais c’est un rêve, nous suivons Robert et Francesca durant 4 jours – un éclair dans une vie- mais ce Love Story les marquera pour le restant de leur vie.

Sur la route de Madison de Robert James Waller (en réalité le titre est The bridges of Madison county, encore une fois les traducteurs déraillent) est un roman de 1991 que je découvre aujourd’hui et dont un film a été tiré avec non moins que Clint Eastwood et Meryl Streep comme vedettes, mais j’ai eu la chance de le lire et non de le voir, car je préfere les impressions que mon esprit conçoit aux impressions que l’on nous impose au cinéma. La lecture permet l’imagination au delà de tout autre média visuel.

Elle n’était pas timide, mais pas non plus audacieuse.
La seule chose qu’elle pouvait conclure c’est que Robert Kincaid l’avait attirée d’une manière ou d’une autre, un regard de quelques secondes avait suffi.

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Note: 8/10  sur l’échelle RG


Un homme, de Roth à Camus

4 juin 2018

Roth a 73 ans lorsqu’il publie « Un homme ».
Un homme, c’est vous, c’est moi, c’est l’experience du corps humain de la naissance à la mort. Retrospective:

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La mort …..

Le plus accablant, c’est de constater une fois encore la réalité écrasante de la mort.


mais auparavant …..

« Le terme de l’échéance te laisse tout loisir de t’angoisser quant à la catastrophe ultime! »

« 22 ans s’écoulèrent, 22 ans sans croiser l’adversaire qu’est la maladie, ni la catastrophe qui guette en coulisses ». On peut donc continuer à jouir de la vie.

La mélodie du bonheur …….

« Ils avaient passé un mois fabuleux à se baigner, à marcher, et à faire l’amour en toute liberté à toute heure du jour. Ils traversaient la baie à la nage pour gagner une chaine de dunes à l’abri des regards, et ils baisaient sous le soleil, puis se tiraient de leur torpeur, enfilaient leurs maillots et retraversaient la baie pour ramasser sur les rochers des grappes de moules qu’ils rapportaient dans un petit seau plein d’eau de mer et mangeaient le soir même. »

mais l’age faisant ….

« Il faut prendre la vie comme elle vient. Tenir bon, et prendre la vie comme elle vient. Il n’y a pas le choix. »

« C’est la douleur ou toi qui commande, choisis. »

« A moins que le meilleur de la vieillesse ne soit justement cette nostalgie de l’enfance. »

On retrouve donc dans ce roman les thémes récurrents de Roth, sexe, vieillesse, et religion bien sur…...

« Il avait cessé de prendre le judaisme au sérieux dès l’age de 13 ans. »

« La Religion était une imposture qu’il avait démasquée très tôt dans sa vie; elles lui déplaisaient toutes; il jugeait leur folklore superstitieux, absurde, infantile; il avait horreur de l’immaturité crasse qui les caractérisait, avec leur vocabulaire infantilisant, leur suffisance morale, et leurs ouailles, ces croyants avides.
Ce n’était pas lui qui serait dupe de ces balivernes sur la mort et sur Dieu, ou de ces fantasmes de paradis d’un autre âge. Il n’y avait que le corps, né pour vivre et mourir selon des termes décidés par les corps nés et morts avant nous. »

Avec « Un homme » Roth a touché juste, là precisement sur ce qui nous terrifie tous: la mort, mais en attendant dit-il vivons, prenons notre sort en main, avec courage et sans le parapluie des superstitions et religions.
J’ai l’impression de retrouver Albert Camus.


Découvrir une auteure australienne, Karen Viggers

16 mai 2018

Je viens de lire « La mémoire des embruns » de Karen Viggers.

Pourquoi donc ai-je plutôt du mal à écrire une critique du livre et de donner mon avis sur ce livre?
L’histoire est intéressante, les personnages agréables malgré leurs petits caractères, on découvre les plages sauvages des iles de Tasmania au sud de l’Australie, l’Antartique n’est pas bien loin, c’est dépaysant et y vivre en hiver c’est plutot le goulag.
Pourquoi donc ? Peut être que le ton du roman est monotone contrairement à la nature environnante, et dés le debut du roman on devine ce que seront les suites.
Monotone mais agréable, et puis on découvre – c’est rare – une auteur australienne, Karen Viggers.
Le titre du roman a été traduit par la mémoire des embruns alors que l’original est « la femme du gardien du phare », mais aujourd’hui on n’est plus la femme de …. mais plutot soi-même. Imaginez que l’on surnomme Brigitte par la « femme de Macron »!

Mais au fait qu’est un embrun ? Je n’avais jamais entendu ce mot qui veut dire « Poussière de gouttelettes formée par les vagues qui se brisent, et emportée par le vent. » On est bien en Tasmania et l’Antartique n’est pas bien loin.
Je me perds… mais je recommande ce livre monotone dans une nature agitée.

Quelques citations, toutes d’une force psychologique intense.

« Les vieillards se ressemblaient tous, seul l’inventaire de leurs maux les distinguait lex uns des autres »

« C’est ce que nous sommes, luis dis-je. Des animaux. Meme si nous nous donnons beaucoup de mal pour le cacher. Il s’agit d’un fait biologique; une force supérieure à la volonté individuelle. »

« Vous aviez beau tracer des plans pour l’avenir, l’inattendu survenait toujours pour changer le cours des choses. Personne n’y pouvait rien. »

« Mais j’ai beau ne pas être tout à fait comme les autres, j’ai les mêmes besoins. L’amour, la compagnie, l’espoir, le travail, les loisirs. »

« Jeune, on pense que l’existence n’a pas de fin. Et, quand la vie vous rattrape au tournant, on regrette de ne pas avoir mieux utilisé son temps. »

« L’affection, la patience et une aptitude à bien communiquer, voilà trois pillers puissants. Les mariages dureraient peut-être plus longtemps s’ils tenaient sur d’aussi solides fondations. »

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Et aussi,

Sur l’amour au siécle dernier:
« Il ne s’était presque rien passé en réalité: une étreinte, quelques baisers. Mais la glace était rompue; devant eux se déroulait un long chemin pavé d’intentions cachées, une graine avait germé, une promesse pointait à l’horizon. »

Sur un coté sexy:
« Mais comme il fait chaud dans le cabanon, elle a déboutonné le haut de sa chemise. Je vois sa clavicule, l’éclat satiné de sa peau, le va-et-vient de haut en bas de ses seins en rythme avec sa respiration. C’est très sexy. »

Sur une femme de caractère:
« Un Emma doit avoir auprès d’elle un assistant qui sait la prendre. Elle est autoritaire, elle a besoin de tout controler. Il faut en avoir conscience si on travaille avec elle. Si vous parvenez à eviter ce problème, vous êtes promis tous les deux à de grandes choses. C’est une gentille fille mais une forte tête. L’affronter ne vous menera à rien. »

Tiens, ça j’aurais du le savoir il y a 40 ans! Que se serait-il passé si….. Mais le passé est mort, on ne le réécrit pas dit l’auteure.

Note: 6 sur l’échelle RG


Lectures d’étè avec « Qui es-tu Alaska » de John Green

25 juillet 2017

En lisant « Qui es-tu Alaska ? », on a l’impression de retrouver une histoire de jeunesse et d’amitiés du genre « le nouveau nom » d ‘Elena Ferrante ou encore, aprés le mysterieux accident d’Alaska de retrouver Laura Kaschiche avec « les revenants ». Mais il n’en est rien, ce roman n’emprunte à aucun des deux car il a étè écrit bien avant.

La première partie jusqu’au jour zero est interessante, agréable à lire, la vie, la vraie vie, celle de l’adolescence, des amis, du collège, des relations entre les sexes.
La seconde partie à la recherche de la verité est plutot lassante. John Green cite Faulkner « c’est la verité qui m’intéresse pas les détails« . Mais ces details ne menent à rien sinon au labyrinte de la vie, et à mon avis la « verité » n’existe pas dans les choses de la vie, elle n’existe qu’en sciences naturelles ou mathematiques.

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Mais revenons à Alaska, cette jeune et belle fille combative, rebelle et insaisissable : « Je ne suis pas d’humeur à repondre à des questions commençant par « comment », « quand », « où », « pourquoi », ou « quest-ce que ». Remarquable non ?

Mais son humeur a un prix chez les garçons:

j’en avais marre de ses sautes d’humeur, un jour glacial, l’autre délicieuse, le troisième dragueuse envoutante et le quatriéme odieuse desenvoutante.

Alaska c’est la vie, mais, la vie c’est aussi la souffrance et toute la question de John Green à travers « qui es-tu Alaska? » est comment sortir du labyrinthe de la souffrance.

Fuir par le suicide ou « faire comme si le labyrinthe n’existait pas, de se construire un petit monde autonome dans des recoins du dédale sans fin et de prétendre ne pas être perdu, mais chez soi ». La est tout le dilemne de ce roman.


Le fils de Philipp Meyer ou la raison du plus fort

13 mars 2015

Pour la premiere fois j’ai lu un long roman de plus de 1200 pages en édition e-book, cela change de la sensation du livre. Il faudra s’y faire mais pas de bon coeur…. Ipad oblige.

Le roman « Le fils » de Philipp Meyer est l’histoire d’une dynastie les McCullough qui ressemble étrangement à la série Dallas, elle se situe au Texas depuis les années 1850 avec le patriarche Elie lorsque les indiens qui étaient la bien avant pouvaient vous scalper ou vous kidnapper, avec son fils Peter encore au Texas de 1917 où l’on pourchassait les mexicains qui étaient eux aussi la avant et devenaient en 1950 les serviteurs de la petite fille J.A texane moderne enrichie par la découverte des puits de pétrole.

Mayer nous présente cette dynastie via trois volets, le patriarche Elie au comportement indien, son fils Peter son contraire avec son amour et respect pour les mexicains que son père aura pourchassé tué ou expulsé, et la petite fille J.A richissisme texane. Les trois auront affaire aux conséquences du dépouillement du voisin mexicain.
D’ailleurs le titre Le fils fait allusion au petit fils mexicain qui revient sur les lieux d’où son arrière grand père a été tué et sa famille dépourvue de ses terres du Texas par les McCullough.

et pendant que le Christ allait au Calvaire, les Indiens Mogollons se tapaient dessus avec des haches de pierre. À l’arrivée des Espagnols, il y avait les Sumas, les Jumanos, les Mansos, les Indiens de La Junta, les Conchos, les Chisos et les Tobosos, les Ocanas et les Cacaxtles, les Coahuiltecans, les Comecrudos… mais savoir s’ils avaient éliminé les Mogollons ou s’ils en descendaient, mystère. Tous furent éliminés par les Apaches, éliminés à leur tour – au Texas du moins – par les Comanches. Eux-mêmes éliminés par les Américains.

Un être humain, une vie – ça méritait à peine qu’on s’y arrête. Les Wisigoths avaient détruit les Romains avant d’être détruits par les musulmans, eux-mêmes détruits par les Espagnols et les Portugais. Pas besoin d’Hitler pour comprendre qu’on n’était pas dans une jolie petite histoire. Et pourtant, elle était là. À respirer, à penser tout cela. Le sang qui coulait à travers les siècles pouvait bien remplir toutes les rivières et tous les océans, en dépit de l’immense boucherie, la vie demeurait

Philip Mayer nous présente là un roman historique touchant et revoltant, par les monstruosité humaines mais aussi par la tendresse des sentiments, tout cela changeant suivant les membres de la dynastie. Une histoire de l`Amérique à travers le Texas, mais pas sur n’importe quelle Amérique, sur celle des vainqueurs, les perdants étant destinés aux oubliettes de l’Histoire. La raison du plus fort sur Terre!

Les Américains… Il laissa son esprit vagabonder. Ils croyaient que personne n’avait le droit de leur prendre ce qu’eux-mêmes avaient volé. Mais c’était pareil pour tout le monde : chacun s’estimait le propriétaire légitime de ce qu’il avait pris à d’autres.

Note: 7/10 sur l’échelle RG


Le livre d’un homme seul – Gao Xingjian

8 février 2015

Je suis tombé chez mon fameux bouquiniste de Jérusalem sur Le livre d’un homme seul de Gao Xingjian. Je ne connaissais guère auparavant Gia Xingjian pourtant prix nobel de littérature en l’an 2000. Le livre d’un homme seul est le recit d’une vie de terreur sous Mao. L’auteur y raconte les purges et la barbarie du regime de Mao. On parle des purges staliniennes et nazies mais pas suffisement de ce qui s’est passé en Chine, pays de 600 millions d’habitants quand la terre n’en comptait que 3 milliards, soit 1 terrien sur cinq ! Sous Mao, l’homme a continué à chercher à exterminer ses congénères qui n’agissent ni ne pensent comme lui, alors qu’en Europe nombreux soutenaient et couvraient de louanges le régime communiste de Mao. Ce livre est une implacable dénonciation du systeme totalitaire chinois avec des méthodes qui n’ont rien à envier au nazisme, stalinisme et fascisme.

Il fallait trouver des ennemis. Sans ennemis, comment ce regime aurait-il pu exercer sa dictature ?

Quand les livres devenaient des fruits defendus, c’était la société qui était vraiment terrible.

Gao Xingjian était un homme seul, á l’époque même les femmes dénonçaient leur mari, son livre est dur, il nous montre l’homme malléable et manipulé par le Parti au nom du Peuple au nom de Mao. Avec la lecture de ce livre on comprend la fuite en avant vers le capitalisme des chinois sitôt Mao et la terreur disparus.

La « reforme par le travail » designe en fait les travaux forcés. L’homme est si versatile, plus maleable qu’une boule de pâte, si féroce à denoncer les autres pour se disculper.

Qui cède a la vie sauve, qui se rebelle meurt. Ce qui était faux hier était vrai aujourd’hui, tout changeait en fonction du climat pilitique, chacun était devenu un caméléon. Ce qui était vrai aujourd’hui était faux le lendemain, et si on voulait punir quelqu’un, on pouvait toujours denicher contre lui quelque chef d’accusation. C’etait ce qu’on appelait la lutte des classes, qui était en fait une lutte à la vie et à la mort.

La victoire au peuple! Pourtant ce n’etait pas le peuple qui avait remporté la victoire mais le Parti, le Parti qui avait de nouveau écrasé un groupe anti-Parti. Moins d’un mois aprés la mort de Mao, le Parti avait jeté sa veuve Jiang Qing en prison. Le Parti avait toujours raison! Il ëtait toujours glorieux! Toujours grandiose!

Excellent livre, excellent roman, excellent écrivain mais terrible de constater l’horreur sous les dictateurs, Mao en a été un des plus terribles. Le Parti avait toujours raison! Il ëtait toujours glorieux! Toujours grandiose! Note 8/10 sur l’echelle RG