Chronique Coronavirus

20 mars 2020

Je suis en confinement, en réclusion, et ça ne change rien si c’est volontaire ou imposé. L’impression est pénible, pessimiste car de mes décennies sur terre, je n’ai jamais imaginé un scenario coronavirus, certes j’imaginais depuis une décennie la fin du système économique capitaliste actuel, la chute des bourses, des faillites, des millions de chômeurs et l’anarchie dans beaucoup de pays mais pas dans tous.
Le switch déclencheur viendrait de la finance, mais l’histoire nous a surpris une fois de plus, le switch est venu du coronavirus. Double crise, sanitaire et économique, l’un entraînant l’autre comme si une était insuffisante.
Donc me voila confiné, ratatiné, c’est comme si j’ai recu un « boxe » direct et je suis encore tout étourdi, assommé. C’est donc ça nous les Occidentaux tout puissants, tout arrogants ,aujourd’hui confinés, impuissants face à ce nano-micron invisible et mortel. Et il faut se méfier de tous, l’enfer c’est l’autre, l’enfer c’est les autres. Du jour au lendemain notre monde connu et rassurant s’est effondré, nous vivons dans un autre monde, avec une autre logique, avec des inconnues, et beaucoup d’incertitudes quant à notre proche avenir.

Et pour en revenir au micro, ma vie au jour le jour sous la menace coronavirus, du réveil au coucher je suis confiné, inondé d’informations, radio, télé, internet, fake-news, conseillers, statistiques, modèles mathématiques, specialistes, professeurs et devineresses.
Alors je passe de l’optimisme maximal au pessimisme, je rigole de bon cœur des youtube humoristiques, puis je suis abattu, râleur et songeur. Je prends « la Peste » d’Albert Camus mais c’est trop dur car proche de ce qui peut nous attendre alors que dans ma jeunesse c’était théorique et représentait un scenario loin de la réalité que nous vivions lors. Je prends un autre livre que je feuillette, un troisième et je les rejette, je n ‘arrive pas a me concentrer, sortir du stress ambiant.

Chaque jour semble moins pénible que le suivant, hier encore j’ai pris ma voiture, puis arrivé au marché public en plein air, j’ai essayé de stationner prés d’un marchand de légumes pour rapidement faire ma commande mais vu le nombre de personnes présentes j’ai eu peur de cette populace, le virus doit se cacher entre eux et la salade de laitue me suis je dis, je suis donc reparti. Idem avant hier devant le distributeur de monnaie (caspomat) j’approche, j’épie, je mets mes gants bleus, j’ai l’air d’un braqueur de banques.

Je pense enfin à tout ces milliers de jeunes qui sont au chômage forcé, qui ont des dettes et plus de travail, c’est la bombe corona qui suivra le virus corona.

Allons me dis-je restons à la maison, écoutons Pascal

« Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. » Blaise Pascal

…. et ce samedi, nous serons tous confinés, la terre entière sera en mode sabbatique …..

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Courage, Courage , fuyons , ah non ! Courage, Courage, Confinons nous!


Quoi de neuf pour 2019

25 décembre 2018

L’année 2018 prend fin, 2018 c’est les illusions perdues, le monde que nous avons connu est en train de s’effondrer, pas dans quelques années, mais maintenant.
La disparition de 2 géants du XXe siécle, Philip Roth en littérature et Charles Aznavour pour la chanson, tous deux décédés cette année à 85 et 95 ans en sont le symbole.
Nous pensions qu’à l’ère digitale la transparence régnerait, mais les Fakenews l’emportent. On ne peut plus croire personne, tout ou presque peut être faux, truqué, manipulé: infos, statistiques, médicaments, résultats de recherches, qualité de l’air et pollutions, bref tout ce qui faisait notre qualité de vie.

2018 c’est, en résumé, cette photo avec tous ces « impuissants » face à Trump, l’année des migrants ou « nouveaux envahisseurs », la misére des « oubliés » de la mondialisation qui ont donné naissance aux Gilets Jaunes et aux politiques populistes à travers le monde et ce en réaction au liberalisme sauvage et au totalitarisme des GAFA.

Quoi donc de neuf pour 2019 ?
La crise de 2008 n’a jamais pris fin et continue d’exister, le système bancaire est en danger, les actions des banques mondiales sont sur le point de s’effondrer, nous sommes à la veille d’une récession mondiale.

Nous avons toujours vécu sur un modèle selon lequel le gouvernement était le problème et le secteur privé la solution, et aujourd’hui ce modèle a été inversé. Des lors, -je me répète- nous sommes dans un monde en mutation et tout l’ordre socio-économique que nous avons connu va s’effondrer, pas dans quinze ou vingt ans, mais maintenant.

Si vous voulez imaginer ce que sera l’année 2019, la voici résumée en une photo:
2018 c’est ce pont de Genes qui s’est effondré aprés 37 ans de négligence, c’est la fin du monde que nous avons connu.
2019 c’est ce camion qui file sur le pont, freinera t-il à temps devant l’abime ? Je l’espère mais même à supposer qu’il réussisse, il n’y a pas de marche arrière, il faudra reconstruire un nouveau pont, un nouveau systéme socio-économique.

Je sais, je suis plutot pessimiste pour une veille de nouvel an, mais je ne suis pas prophète et je peux me tromper, mais si ce scénario ne se réalisera pas en 2019 ce ne sera que parti remise pour 2020 ou 21.
Le monde est en ébullition, nous entrons dans une zone de turbulence.
Cela ne doit pas nous empêcher de trinquer un bon champagne pour 2019. Bonne année! Demain ? nous verrons …… Dieu GAFA est grand.


Cadeau de Noel

11 décembre 2018

Ce cadeau surprise nous vient de l’Allemagne – pas moins ! – qui avec le slogan

« Votre pays. Votre avenir. C’est maintenant »

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offre jusqu’à 3.000 euros aux migrants candidats volontaires à un retour dans leur pays d’origine d’ici au 31 décembre.
Ce sera une allocation de logement en nature d’une durée maximale de douze mois dans le pays d’origine.

Donc l’Allemagne qui poussait l’Europe à recevoir des migrants légaux et illégaux fait marche arrière.
Il faut dire que cette année le Père Noel économique est plutôt au bout du rouleau en Allemagne. La Mère Noel Angela Markel quitte la scéne politique et l’ Europe entre Brexit, Gilets Jaunes, Populistes est en décomposition


Comprendre le phénoméne Gilets Jaunes

3 décembre 2018

 
Pour mieux comprendre le phénoméne Gilets Jaunes, il vaut mieux quitter l’hexagone et voir comment outre-mer il est perçu. Un article du Gardian https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/dec/02/france-is-deeply-fractured-gilets-jeunes-just-a-symptom l’analyse avec précision, en voiçi la traduction.

La France est profondément fracturée. Les Gilets jaunes ne sont qu’un symptôme

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Dés les années 1980, il était clair qu’il fallait payer un prix pour que les sociétés occidentales s’adaptent à un nouveau modèle économique et ce prix sacrifiait la classe ouvrière européenne et américaine. Personne ne pensait que les retombées toucheraient également le soubassement de la classe moyenne inférieure. Cependant, il est maintenant évident que le nouveau modèle a non seulement affaibli les franges du prolétariat, mais également la société dans son ensemble.

Le paradoxe est que cela ne résulte pas de l’échec du modèle économique mondialisé, mais de son succès. Au cours des dernières décennies, l’économie française, à l’instar des économies européenne et américaine, a continué à créer de la richesse. Nous sommes donc en moyenne plus riches. Le problème est que le chômage, l’insécurité et la pauvreté ont également augmenté. La question centrale n’est donc pas de savoir si une économie mondialisée est efficiente, mais que faire de ce modèle lorsqu’il ne parvient pas à créer et à entretenir une société cohérente?

En France, comme dans tous les pays occidentaux, nous sommes passés en quelques décennies d’un système qui intègre économiquement, politiquement et culturellement la majorité à une société inégale qui, en créant de plus en plus de richesses, ne profite qu’aux personnes déjà riches.

Le changement ne réside pas dans un complot, une volonté de mettre de côté les pauvres, mais dans un modèle où l’emploi est de plus en plus polarisé. Cela vient avec une nouvelle géographie sociale: l’emploi et la richesse se sont de plus en plus concentrés dans les grandes villes. Les régions désindustrialisées, les zones rurales, les villes petites et moyennes sont de moins en moins dynamiques. Mais c’est dans ces endroits – dans la «France périphérique» (on pourrait aussi parler d’Amérique périphérique ou de Grande-Bretagne périphérique) que vivent beaucoup de gens de la classe ouvrière. Ainsi, pour la première fois, les «travailleurs» ne vivent plus dans des zones de création d’emplois, ce qui provoque un choc social et culturel.

C’est dans cette France que le mouvement Gilets Jaunes est né. C’est également dans ces régions périphériques que la vague populiste occidentale prend sa source. L’Amérique périphérique a amené Trump à la Maison Blanche. L’Italie périphérique – le mezzogiorno, les zones rurales et les petites villes industrielles du nord – est à l’origine de sa vague populiste. Cette protestation est menée par les classes qui, jadis, constituaient jadis le point de référence essentiel pour un monde politique et intellectuel qui les a oubliées

Donc, si la hausse du prix de l’essence a déclenché le mouvement des Gilets Jaunes, ce n’était pas la cause fondamentale. La colère est plus profonde, résultat d’une relégation économique et culturelle amorcée dans les années 80. Dans le même temps, des logiques économiques et foncières ont enfermé le monde des élites. Ce confinement n’est pas seulement géographique mais aussi intellectuel. Les métropoles mondialisées sont les nouvelles citadelles du XXIe siècle – riches et inégales, où même l’ancienne petite bourgeoisie n’a plus sa place. A leur place, les grandes villes globalisées travaillent sur une double dynamique: la gentrification et l’immigration. C’est le paradoxe: la société ouverte aboutit à un monde de plus en plus fermé à la majorité des travailleurs.

La fracture économique entre la France périphérique et les métropoles illustre la séparation d’une élite et de son arrière-pays populaire. Les élites occidentales ont progressivement oublié un peuple qu’elles ne voient plus. L’impact des Gilets Jaunes et leur soutien dans l’opinion publique (huit Français sur dix approuvent leurs actions) ont émerveillé les hommes politiques, les syndicats et les universitaires, comme s’ils avaient découvert une nouvelle tribu en Amazonie.

Rappelez-vous que le gilet jaune a pour objectif d’assurer la visibilité de son porteur sur la route. Et quelle que soit l’issue de ce conflit, les Gilets Jaunes ont gagné sur ce qui compte vraiment: la guerre de la représentation culturelle. Les gens de la classe ouvrière et de la classe moyenne sont à nouveau visibles et, à leurs côtés, les lieux où ils vivent.

Leur besoin en premier lieu doit être respecté et ne plus être considéré comme « déplorable ». Michael Sandel a raison lorsqu’il souligne l’incapacité des élites à prendre au sérieux les aspirations des plus pauvres. Ces aspirations sont simples: préserver leur capital social et culturel et leur travail. Pour que cela réussisse, nous devons mettre fin à la «sécession» des élites et adapter les offres politiques de gauche et de droite à leurs revendications. Cette révolution culturelle est un impératif démocratique et social. Aucun système ne peut subsister s’il n’intègre la majorité de ses citoyens les plus pauvres.

Christophe Guilluy


Vain G20, une fois de plus

30 novembre 2018

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On peut se demander pourquoi pour un G20 il y a sur la photo officielle 37 personnalités sans compter Angela Merkel qui arrivera en retard, c’est donc d’un G38 qu’il s’agit (20 membres + invités 2018 + invités permanent + représentants d’organisations régionales).

En période de crise, à 38 on ne peut rien faire ou décider en commun si ce n’est de diner ensemble. D’ailleurs les relations à ce sommet sont bilatérales Macron-MBS, Trump- Xi Jumping ect…

L’heure est davantage aux duels qu’aux grandes négociations, les tensions sont visibles surtout aprés le nouveau coup de force de Poutine en mer d’Ukraine. On se souvient de son départ précipité du sommet du G20 de 2014 pour mieux diriger son coup de force en Ukraine, rien n’a changé.

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Enfin il est à signaler que si nos 20 lurons provisoirement au pouvoir détiennent 85% du PIB, cela veut dire que les 147 pays non representés içi n’ont aucune force, la plupart ajoutant moins de 1% au PIB mondial, donc 80% des nations peuvent couler ou disparaitre sans que cela impacte la richesse mondiale.

Nos 20 lurons devraient plutot s’interesser de plus près aux Gilets Jaunes qui sont representatifs du malaise social partout sur le globe et de la baisse des revenus sinon les Gilets Jaunes se propagereront dans beaucoup d’autres pays.

Depuis leur création en 2009, je suis de près ces G20, toujours les mêmes: de vains G20 et du bon vin au diner.

A LIRE OU A RELIRE SUR LE MEME THEME:

–  Encore un G vain

–  Rapido, sur le départ précipité de Poutine du sommet du G20

–  encore un G vain

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–  Chacun pour soi ou du G20 au 20 G1

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–  Un nouvel équilibre mondial

–  Tango au G20: de Vicky Cristina Barcelona à Cristina Kirchner Argentina

–  Qu’attendez vous du G20 : le show ou le boulot ?

– G20 : On dira des phrases qui sonnent bien mais n’engagent pas réellement


Encore un G vain

9 juillet 2017

Ce G20 version 2017 n’a rien de concluant. Dans notre monde devenu au 21eme siécle multipolaire et chaotique, le G20 n’est qu’un club de rencontres et les politiciens ont plus voulu faire du show que du business. On se croirait à la distribution des oscars du festival de Cannes, chacun des politiciens s’y rendant en compagnie de……. ,
Justin avec son gosse, Trump avec la belle Melania, Mac(a)ron avec sa proff, et pour clore le clown du G20 Christine Lagarde, tout rire tout sourire le Fonds Monétaire sur fond de crise qui nous attend. Donc Lagarde a peut être raison, ne prenons garde, rions rions jusqu’aux larmes avant le grand déluge financier.


l’obsolescence programmée

6 juillet 2017

Qu’est-ce l’obsolescence programmée ?
La durée de vie des appareils electro- ménagers courant a nettement diminuée ces derniéres années. Qui d’entre nous n’a pas eu une petite histoire anodine mais si enervante concernant ces objets du quotidien qui nous « lâchent » trop rapidement ?
La machine à laver de ma grand mére etait certes rouillée mais elle fonctionnait encore apres 40 ans de service. Celle de ma mère a duré 20 ans et n’a jamais fait de probléme. La mienne se bloque tous les 4 ans et il me faut la remplacer car aucun technicien ne peut reparer ces puces electroniques programmées pour s’auto detruire.

L’obsolescence programmée renvoie à l’ensemble des techniques qui visent à raccourcir la durée de vie d’un produit en vue d’en renouveler l’achat.

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Les smarphones sont particuliérement emblematiques du phenoméne.
Les mises à jour logicielles sont rendues obligatoires, alors que l’appareil n’est pas assez puissant pour pouvoir heberger les nouvelles versions. L’appareil fonctionne au ralenti, voire dysfonctionne, à tel point qu’il devient unitilisable.

Un message selon lequel la cartouche de votre imprimante serait vide… alors qu’il en reste encore parfois entre 20 et 45%. Sachant que la cartouche coute plus cher que la machine elle-meme, quelle arnaque!!

Mes precedents PC étaient durables, les derniers sont jetables ! Bientot on nous vendra un set de 12 PC qui nous jetterons et remplacerons au fur et à mesure aprés quelques mois de service! Le kleenex-PC est pour bientot


Les 8 salopards

16 janvier 2017

Il y a bien sur le film de Quentin Tarantino sorti en 2015, mais  si vous l’avez raté il y a la version 2017 qui ne vous ratera pas, elle comprend les patrons de Microsoft, Zara, Amazon, Facebook, Oracle, Blumberg, Buffet et Slim

Ils détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, une situation « indécente » qui « exacerbe les inégalités », et que dénonce l’ONG britannique Oxfam.

8 multi-milliardaires mais on ne peut être aussi riche que si on est salopard.


la surprise du jour: BREXIT

24 juin 2016

 

Les Britanniques ont préféré croire aux promesses de reconquête de leur indépendance vis-à-vis de Bruxelles, mais aussi à celle d’arrêter l’immigration en provenance de l’UE

Le BREXIT c’est le retour à l’autonomie, du controle et de choix restreints mais plus réels, c’est la fin du bluff des fonctionnaires de Bruxelles qui donnent des ordres et consignes sans reflexion sur leurs conséquences désastreuses.
Le BREXIT c’est cultiver de nouveau son jardin, c’est chacun chez soi et le debut du combat contre la mondialisation sauvage des capitalistes qui detiennent 50% des avoirs sur terre.

Aujourd’hui il me semble qu’il y a plus d’espoir qu’hier sur terre.

Au suivant…. Trump, Marine Le Pen, au suivant … halte au pillage mondial au nom de la mondialisation

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Sapiens 2016 ou Argent, Science, Croissance

30 avril 2016

 

La deuxieme partie de « Sapiens » de Yuval Noah Harari se ramène à notre époque celle de l’argent, de la croissance et de la science.

“La monnaie est le seul système de confiance créé par l’homme qui puisse enjamber n’importe quel fossé culturel et qui ne fasse aucune discrimination sur la base de la religion, du genre, de la race, de l’âge ou de l’orientation sexuelle. Grâce à l’argent, même des gens qui ne se connaissent pas et ne se font pas confiance peuvent tout de même coopérer efficacement.”

“Même aujourd’hui, les pièces et les billets de banque sont une forme d’argent rare. La quantité totale de monnaie dans le monde tourne autour de 60 billions de dollars, mais la somme totale de pièces et de billets est inférieure à 6 billions. Plus de 90 % de la monnaie – soit plus de 50 billions de dollars figurant sur nos comptes – n’existent que sur les terminaux d’ordinateurs.”
“Pourtant, si l’on veut comprendre l’histoire économique moderne, il n’y a en vérité qu’un seul mot à comprendre. Et ce mot, c’est « croissance ». Pour le meilleur ou pour le pire, malade ou en bonne santé, l’économie moderne a crû tel un adolescent gavé d’hormones. Elle avale tout ce qu’elle trouve et pousse sans même qu’on s’en rende compte.

“En 2015, le monde reste politiquement fragmenté, mais les États perdent vite leur indépendance. Pas un seul n’est réellement en mesure de mener une politique économique indépendante, de déclarer et de livrer des guerres à sa guise ou même de diriger ses affaires intérieures comme il l’entend. Les États sont de plus en plus exposés aux machinations des marchés mondiaux, aux ingérences des entreprises et des ONG mondiales ainsi qu’à la surveillance de l’opinion publique mondiale et du système judiciaire international. Les États sont obligés de se conformer à des normes internationales en matière de finances, de politique de l’environnement et de justice. Des mouvements terriblement puissants de capitaux, de main-d’œuvre et d’information font le tour du monde et le façonnent, avec un mépris croissant des frontières et des opinions des États.”

La science n’est pas une entreprise qui se situe sur quelque plan moral ou spirituel supérieur, au-dessus du reste de l’activité humaine. Comme toutes les autres parties de notre culture, elle est façonnée par des intérêts économiques, politiques et religieux

“Dans les cercles universitaires, beaucoup sont naïfs au point de croire à la science pure. Ils croient l’État et les entreprises assez altruistes pour leur donner de quoi poursuivre leurs projets de recherche au gré de leur fantaisie. Or, la réalité du financement de la science est bien différente.
La plupart des études scientifiques sont financées parce que quelqu’un estime qu’elles peuvent aider à atteindre quelque but politique, économique ou religieux

“Au cours des toutes dernières années, banques et États ont frénétiquement fait tourner la planche à billets. Tout le monde est terrifié à l’idée que la crise économique actuelle puisse arrêter la croissance. Aussi créent-ils de toutes pièces des billions de dollars, d’euros et de yens, injectant dans le système du crédit bon marché, tout en espérant qu’hommes de sciences, techniciens et ingénieurs parviendront à trouver quelque chose de vraiment géant avant que la bulle n’explose. Tout dépend des gens dans les labos.”     “Si les labos ne répondent pas à ces attentes avant que la bulle n’explose, nous allons au-devant de temps très rudes

Science sans conscience n’est que ruine de l’ame disait Rabelais il y a 500 ans
Science sans croissance c’est la ruine disent les capitalistes aujourd’hui.

Nous pouvons conclure que notre époque est au seuil du ciel et de l’enfer, passant nerveusement de la porte de l’un à l’antichambre de l’autre. L’histoire n’a pas encore décidé où elle finira, et une ribambelle de coïncidences pourrait encore nous propulser dans l’une ou l’autre direction.