4 3 2 1 zero!

18 février 2018

Le dernier Paul Auster 4 3 2 1 est un fiasco littéraire, et ce pour plusieurs raisons:
Un livre de plus de 900 pages ne doit pas être monotone, il l’est.
Auster a voulu nous offrir en parallèle une anthologie de l’americain way of life des annèes 50-60, ce n’est pas le travail d’un écrivain mais celui d’un journaliste.
Se souvenir des écrivains, chanteurs, musiciens de l’èpoque c’est de la nostalgie mais pas du roman.
Se perdre dans les meandres du baseball sur plusieurs pages c’est bon pour un supplement sport mais pas pour un roman.
Le titre d’ailleurs me rappelle les 4 3 1 1 joueurs d’une equipe de base ball
Enfin Il n’y a pas d’idees intellectuelles ou philosophiques interessantes dans ce livre.

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Decevant au possible c’est plus un testament de l’Amerique qu’autre chose.
Le roman est conté d’une manière plate et monotone.
L’idee de faire mourir le père du heros puis le heros et continuer les chapitres comme si ils n’etaient pas mort est plutot simplette. De plus lui faire amputer 2 doigts à l’age de 14 ans après qu’il soit decedé dans le chapitre precedent est sordide. Et ce pauvre garçon est en plus confronté à une experience homosexuelle. C’est trop ! Là j’ai arreté de lire ……
La presse , elle, loue 4 3 2 1 pour des raisons èconomiques avant tout.
J’ajouterais donc un 0 au titre: 4 3 2 1 0 ! Ça doit mieux convenir.

Paul Auster a voulu trop faire, il a èchoué, il aurait du prendre exemple de Philip Roth qui a compris qu’il vaut mieux larguer les amarres plutot que deriver dans l’écriture.

Dommage! On attendait beaucoup et on attend toujours beaucoup plus de Paul Auster.

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En theorie ou « ta deuxieme vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une »

12 février 2018

On a tellement parlé de ce livre de Raphaelle Giordano au titre si long et si bizarre que j’ai voulu le lire. Romancé à l’eau de rose, genre « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » et affirmant qu’il suffit de vouloir et perserverer pour changer son monde.

Mais l’auteur(e) bien sympatique se contredit, tout est possible en théorie mais beaucoup moins dans la dure réalité de la vie

De tout ce bouquin je ne retiendrais pas la methode du routinologue ( ….) mais quelques citations qui ont du vrai.

Bientot, le sourire sera en voie de disparation!  »

« Vous n’imaginez pas à quel pont votre pensée influence votre réalité »

« L’échelle du bonheur ou du malheur n’est pas la même pour tous »

« Vous n’imaginez pas à quel point c’est rare, quelqu’un qui sait vraiment écouter ! Je me dis souvent que celui qui sait écouter est le roi du monde.

Enfin l’auteur nous donne les raisons des divorces si frequents dans les jeunes couples contrairement à la generation baby-boom:
« Dans notre sociétè d’hyperconsommation, on prefere jeter plutot que reparer »

Oui bien vrai notre generation faisait tout pour reparer (psycho, conseilliers matrimoniaux, avis des parents ou des proches amis), la jeune generation prefere elle jeter le/la conjoint/e. Oh que diable mais ce sont les enfants qui paieront leur vie durant les pots cassés !

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Souvenez vous « dans les disputes, mieux vaut ne pas tout prendre pour argent comptant, mais apprendre à lire entre les lignes pour déceler les émotions authentiques…
Derrière un reproche, il se cache peut-être une peur, et derriére l’agressivité, de la tristesse ou une blessure encore vive…

« On récolte ce que l’on sème….Le vieil adage a du bon .
Semez du reproche et vous recolterez rancoeur et désenchantement. Semez de l’amour et de la reconnaissance, et vous récolterez tendresse et gratitude »

Enfin profitons du moment
« Aujourd’hui est un cadeau, c’est pour cela qu’on l’appelle « présent
« 

Voila avec ces citations théoriques en tête, vous n’aurez pas besoin de lire le livre ! Ah si la vie pouvait etre théorique on irait tous comme le dit l’auteur vivre en Théorie!

« En theorie c’est possible
En théorie, l’envie était là. Mais en pratique ? « Un jour, j’irai vivre en Théorie, parce qu’en Théorie tout se passe bien…« 

NOTE: 5 sur l’échelle RG

PS: il y a un autre livre au drole de nom de l’auteur « le jour où les lions mangeront de la salade verte », bref je ne le lirais pas, j’ai d’autres livres à fouetter !


Lectures hivernales IV, avec Ör de Audur Avar Alafstoddir

28 janvier 2018

Drole de nom d’auteur, un nom islandais difficile à prononcer mais un livre agréable à lire, même si en arrière fond l’auteur veut tout simplement se suicider, loin des siens -un luxe – donc il voyage en Europe centrale en Bosnie peut etre, tout est prêt, mais les gens qu’il rencontre eux sortent du pire, des viols et amputations dues à la guerre. Une autre logique l’attend.

Ör veut dire cicatrices et c’est cela que raconte l’auteur, ces gens qui ont chacun leur cicatrice et qui continuent de vivre.

Beaucoup d’humour: « je suis allé verifier que la mer était salée. »

« Je voulais faire des études d’ histoire. Enfin, si j’avais pu aller à l’université. Mais depuis que j’ai decouvert qu’elle est n’ ecrite que par les vainqueurs, l’envie m’en est passée.


 » tu savais que l’homme est le seul animal à pleurer?
Non je l’ignorais , je croyais que c’était le seul animal à rire
 »

« Toute souffrance est unique et differente. On ne saurait les comparer entre elles. Le bonheur en revanche est le meme pour tous. »

« Le coupable, c’est celui qui sait et ne fait rien »

Pour conclure, sur fond de suicide à venir, l’auteur nous donne les romans à lire: Guerre et Paix de Tolstoï, l »adieu aux armes d’Hemingway, Erich Maria Remarque, A l’ouest rien de nouveau, Elie Wiesel et la Nuit, Tadusz Borowsky avec Aux douches, Mesdames et Messieurs, le Choix de Sophie de William Styron, Etre sans destin d’Imre Kervesz, Dire oui à la vie malgré tout de Viktor Frankl, et Primo Levi, Si c’est un homme.

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Ou encore, il nous explique comment calculer mentalement la racine carrée de 2 : Soit entre 1,41 et 1.42, pour un litteraire la methode est parfaite, vous la trouverez à la page 22 du livre.

Mais la grande surprise, c’est qu’il s’agit d’une ecrivaine et non d’un ecrivain, Audur est un prenom feminin genre Audrey, et moi qui ai cru durant toute la lecture qu’il s’agissait d’un homme ! Bien joué Audur !

Note: 5 sur l’echelle RG


Lectures hivernales III, Le garçon sauvage de Paolo Cognetti

22 janvier 2018

 

Cet hiver je me suis tourné vers la litterature étrangére, des auteurs hongrois, italien, chinois et américains et même islandais.

Voici donc l’auteur, un italien qui decide de quitter la ville, de s’eloigner des autres, pour passer un temps non determiné seul dans un petit chalet de montagne à plus de 2000m et écrire, observer la faune et partir à la decouverte de ce qui l’entoure.

« Je fus attiré par le destin de ceux qui, refusant le monde, avaient cherché à vivre dans la nature des experiences de solitude. »

 

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« Le jeune citadin que j’étais devenu me semblait tout l’opposé de ce garçon sauvage et l’envie d’aller à sa recherche s’imposa en moi. »

Le regard de l’auteur est donc le sujet du livre, un carnet de montagne avec observations, analyse, philosophie. Moi aussi j’ai fui la ville et trouvé refuge dans la nature … durant ces temps de lecture ….dommage que pas plus.

Note: 5 sur l’echelle RG

Citation:
« La faculté qu’a le temps de se comprimer ou de se dilater, une année pouvait filer en un clin d’oeil et une seule nuit ne jamais vouloir finir. »


Lectures hivernales II, Attachement féroce de Vivian Gornick

21 janvier 2018

Cet hiver je me suis tourné vers la litterature étrangére, des auteurs hongrois, italien, chinois et américains.

Une mére, une fille. Elles s’aiment profondément. Se haissent éperdument. Impossible de vivre ensemble, impossible de se separer pourtant. Voila, tout est dit c’est le coeur du probléme, tout le roman autobiographique se deroule autour de cette relation.


« Nous sommes toutes deux prisonnières d’un étroit tunnel intime,passionné et aliénant. »

La mére a 77 ans et la fille 45 , les Drucker, Zimmerman, Rosemann et autres personnes autour ne sont que le decor autour duquel la relation mére-fille, amour-haine gravite.

‘Des qu’elle m’aperçoit, elle me dit: « tu me hais. Je sais que tu me hais. »
Elle est tout autant capable d’arreter un inconnu dans la rue et lui lancer; « c’est ma fille, elle me hait » . Puis elle se retourne vers moi et me dit d’un ton suppliant: « qu’est ce que je t’ai fait pour que tu me haisses autant? « . Je ne réponds jamais. Je sais qu’elle brule et je suis contente de le voir bruler. Pourquoi? Parce que, moi aussi, je brule intérieurement
.

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La force de Vivian Gornick est que malgré sa prison interieure elle arrive à analyser objectivement ce tunnel infernal

Pour definir l’auteur je ne peux que reprendre sa citation ( sur Mrs Kerner)
« Elle est une narratrice fascinante, une veritable conteuse: avec elle, grace au miracle de la narration, chaque petit bout d’experience prenait forme et signification ».

Ses envies sont simples mais imperatives.Elle vit ses desirs comme une necessité. Et là, maintenant il lui faut une tasse de café.

Elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas mon ironie. Elle ne comprend pas non plus qu’elle me detruit. Elle ignore que je prends son angoisse sur moi, que je suis dévastée par sa dépression. Comment peut-elle le savoir? Elle ne se rend même pas compte de ma présence.

Et ce combat ne depend pas de l’age des belligerants:
« J avais 17 ans, elle 50. Je n’étais pas encore une belligérante aguerrie, juste une adversaire respectable, tandis qu’elle était au summum de son art. Les lignes de front étaient bien tracées, et ni l’une ni l’autre ne se dérobaient au combat. On se jetait sustematiquement sur l’appât de l’autre. Nos crises n’étaient pas sans impact sur l’appartement: la peinture cloquait, le linoléum se craquellait, les vitres tremblaient. Nous n’étions jamais trés loin d’en venir aux mains et, à plusieurs reprises nous avons frisé la catastrophe.

Oui narratrice fascinante, veritable conteuse et analyse en profondeur font que ce roman autobiographique est un chef d’oeuvre publié en 1987 mais traduit en français qu’en 2017, 30 ans plus tard. Un must donc à decouvrir.

Note: 7 sur l’échelle RG

PS: Une citation humouristique mais vibrante pour un laique:

Le fait qu’il soit rabbin à Jerusalem prouve à quel point il s’est perdu, non à quel point il s’est trouvé
.

Enfin un fait plutot insolite
Le jeune frere de ma grand mére qui avait le meme age que l’aine de ma grand mére
Pas si insolite, mon oncle avait le meme age que son oncle, c-a-d que mon arriere grand mére et ma grand mére ont accouché ensemble un certain mois de 1925.


Lectures hivernales, la Porte de Magda Szabo

20 janvier 2018

Cet hiver je me suis tourné vers la litterature étrangére, des auteurs hongrois, italien, chinois et américains.

La Porte de Magda Szabo est une confession. Magda y retrace sa relation avec Emerence sa femme de ménage. Tout les separe et les oppose, éducation, intellect, croyance, age, que l’on pourrait nommer ce roman le blanc et le noir.

« Emerence ne voit pas les choses comme moi, elle est capable de ne rien comprendre, tout comme elle peut saisir en un instant ce que personne d’autre ne peut concevoir »

Mais par sa generosité la femme de ménage est un modele et une leçon.

« Laissez moi tranquille, je n’aime pas que vous me fassiez la leçon. Si je vous demande quelque chose et que vous me l’accordez, faites le sans rien dire, sinon ça ne sert à rien de donner. »

« Qu’est ce que vous pouvez croire du Christ, de Dieu, dont vous declarez qu’il vous accorde le salut à bon compte comme s’ils étaient vos relations personnelles. »

Ce roman a été publié en 1987, avant la mondialisation mais Emerence decrit exactement nos maux de 2018, medicaments, vaccins, lobby pharmaceutiques ….

Emerence ne croyait ni aux médicaments, ni à l’efficacité des vaccins, selon elle les medecins ne les faisaient que pour gagner de l’argent et repandaient des legendes de renards et de chats enragés pour augmenter leurs revenus.

Elle exécrait particulièrement les gens de la haute, oisifs et menteurs. Le pape est un menteur, le medecin un incapable cupide, l’avocat se moque de savoir s’il défend un assassin ou une victime, l’ingenieur calcule d’abord combien il pourra mettre de briques de côté pour sa propre maison, les grandes entreprises, les usines, les instituts scientifiques ne sont que des bandes de malfaiteurs.

 

 

iimjzwiotmqhxv9zdz0ucrrjzjgUn film a été tiré du roman, il nous permet de mieux imaginer Emerence et Magda.

 

La création relève d’un état de grace dit l’auteur:

J’aurais voulu écrire, mais voilà, la création relève d’un état de grace, il faut tant de choses pour que cela reussisse, impulsion et serenité, paix interieure et émotions stimulantes, à la fois douce et amere, tout cela me manquait.

 

Ah non, rien de tout cela ne manquait à Magda Szabo en ecrivant ce livre, et c’est pourquoi j’en recommande la re(lecture)
Note 6.5 sur l’échelle RG


Les françaises ne sont pas cons

9 janvier 2018

La preuve ? Dans une tribune au Monde, un collectif de 100 femmes clame son rejet du « puritanisme » surgi avec l’affaire Weinstein et d’un certain féminisme qui exprime une « haine des hommes ».

« Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste. »

Nous sommes aujourd’hui suffisamment averties pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage, mais nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle. »

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Voila c’est bien dit et ça remet les balances en ordre, ces femmes, dont Catherine Deneuve, veulent laisser aux hommes « la liberté d’importuner », de draguer. Sans drague il n’y aurait plus rien entre hommes et femmes.
La drague à l’italienne c’est la joie de vivre. Je me souviendrais toujours à Rome des travailleurs de rues avec leurs grues et perceuses infernales s’arrettant tous d’un coup pour siffler une jolie fille qui traverse.
2 minutes plus tard ils reprennent le travail souriants et plein d’entrain.

Merci donc mesdames, par cette tribune vous nous prouvez que les françaises ne sont pas cons.

PS: la réponse de Catherine Deneuve à ses detracteurs
« J’ai effectivement signé la pétition (…). Oui, j’aime la liberté. Je n’aime pas cette caractéristique de notre époque où chacun se sent le droit de juger, d’arbitrer, de condamner»