« Idiss » ou l’horreur pétainiste alliée des nazis

15 février 2019

« Idiss » est un livre historique, trés pénible, tragique qui met en relief l’horreur pétainiste alliée des nazis. Oui la France a trahi ses citoyens Juifs.

Idiss, c’est la grand-mère juive de Roger Badinter, née en 1863 dans le Yiddishland, à la frontière occidentale de l’Empire russe où un antisémitisme virulent trouvait dans ces régions frontalières un foyer constamment prêt à s’allumer.

Idiss c’est ses deux fils Avroum (23 ans) et Naftoul (21 ans) qui quittent la Russie pour Paris. Ils deviennent des « citoyens français de confession israélite ».

Ce terme « israélite » montrait qu’ils étaient des Français, juifs seulement par leur religion, comme d’autres étaient catholiques ou protestants. La France était leur patrie, le judaïsme leur religion. La République laïque consacrait ces principes. Tout était clair pour ces Israélites français, ardents patriotes et républicains convaincus.

Idiss et sa famille c’est le grand amour pour Paris et la France mais …

Cet amour n’était pas toujours payé de retour. Les Français, en majorité catholiques et ruraux, ne connaissaient souvent des juifs que les clichés hostiles ou méprisants, répétés inlassablement à leur sujet : ils étaient riches, avares et étrangers à la « vraie » France, celle des villages et des églises dont les clochers se dressaient dans le ciel.

Mais bien des Français ne les considéraient pas comme de « vrais » Français, même s’ils l’étaient depuis des siècles. Pour eux, les juifs avaient beau donner tous les gages du patriotisme, ils n’en demeuraient pas moins des étrangers sur la terre de France, plus hospitalière dans ses lois que dans les cœurs.

Pour l’auteur, Robert Badinter, petit fils d’Idiss l’enfance prend fin le 10 mai 1940, lorsque les armées allemandes se ruèrent sur la Hollande et la Belgique et comme pour beaucoup d’immigrés naturalisés, la question se posait toujours : les Français d’origine me considèrent-ils comme un des leurs ?
C’est l’époque des grandes rafles. La population juive étrangère de Paris est plongée dans la terreur. Les juifs naturalisés français découvrent l’abîme qui s’ouvre devant eux.

Dès le mois de juillet 1940, alors que la nation connaissait le pire désastre militaire de son histoire, que le pays tout entier n’était plus qu’un corps blessé, à quoi en effet se consacrait en priorité à Vichy l’entourage du maréchal Pétain, chef de l’État français ? À rédiger des lois contre les naturalisés, les immigrés et les juifs.

Simon Badinter – père de l’auteur – fut arrêté à Lyon, le 9 février 1943, sur ordre de Klaus Barbie, et déporté au camp d’extermination de Sobibor, en Pologne, par le convoi no 53 du 25 mars 1943. Il n’est pas revenu
Naftoul Rosenberg – oncle de l’auteur- fut arrêté à Paris sur dénonciation, et déporté au camp d’Auschwitz-Birkenau par le convoi no 12 du 29 juillet 1942. Il n’est pas revenu.

Souvent, je me suis interrogé : que pensait-il lorsque, à Drancy, en mars 1943, il montait dans le train qui le conduirait au camp d’extermination de Sobibor, en Pologne ? Arrêté à Lyon par Klaus Barbie, et déporté sur son ordre, c’était aux nazis qu’il devait sa fin atroce, à quarante-huit ans. Mais au camp de Pithiviers ou de Drancy, qui le gardait, sinon des gardes mobiles français ? Tel que je l’ai connu, aimant si profondément la France, a-t-il jusqu’au bout conservé sa foi en elle ? On ne fait pas parler les morts. Mais cette question-là, si cruelle, n’a jamais cessé de me hanter.

Ce recit « Idiss » a valeur d’avertissement, 2019 peut reproduire 1939, il suffit de voir cette nouvelle vague antisémite dans les contours des Gilets Jaunes, les tags antisémites sur un magasin de bagels, la représentation de Simone Weil dégradée par des croix gammées, ect..ect. Paris fait peur mais en 2019 contrairement à 1939 il y a un refuge pour les Juifs, Israel.

PS: ajoutons et c’est terrible
Insultes antisémites contre Alain Finkielkraut en marge de la manifestation des « gilets jaunes » à Paris ce samedi.
« Barre-toi, sale sioniste de merde », « grosse merde sioniste », « nous sommes le peuple », « la France elle est à nous », ont crié plusieurs manifestants qui défilaient boulevard du Montparnasse, et qui venaient d’apercevoir l’académicien. Oui, encore une fois Paris fait peur!

Note: un livre historique pénible et tragique, on ne peut noter un tel livre sur l’échelle RG.


L’évangile d’après Judas Iscariote d’Amos Oz

14 janvier 2019

En version française le roman se nomme Judas, mais le titre original est L’évangile d’après Judas homme des Krayot

Un roman simple mais grandiose.
L’écriture d’Amos Oz retransmet en toute simplicité la beauté des choses, de la nature, de Jerusalem, que je regrette de n’avoir pas lu le roman en version originale.

L’histoire se déroule en hiver, entre fin 1959 et début 1960. On y parle d’une erreur, de désir,d’un amour malheureux et d’une question théologique inexpliquée.
Trois personnages au total, l’étudiant Shmuel , Wald le vieillard et Atalia la femme

Shmuel
« Il était âgé d’environ vingt-cinq ans, corpulent, barbu, timide, émotif, socialiste, asthmatique, cyclothymique, les épaules massives, un cou de taureau, des doigts courts et boudinés : on aurait dit qu’il leur manquait une phalange. Des poils crépus, comme de la paille de fer, lui poussaient par tous les pores des joues et cou. Sa barbe fusionnait avec sa tignasse frisée et rejoignait les boucles de sa toison. Hiver comme été, il avait l’air survolté, en sueur. « 

Wald
« Un vieil homme, une couverture jetée sur les épaules, tel un châle de prière, était assis derrière le halo lumineux, entre deux chariots métalliques bourrés de livres, de dossiers, de classeurs et de cahiers volumineux. Il parlait au téléphone. Il était laid, de haute taille, les épaules larges, difforme, bossu, le nez acéré comme le bec d’un oiseau assoiffé, le menton pareil àune faux. Une belle chevelure grise, presque féminine »

Atalia
« La belle femme distante au regard perçant et ironique dont la voix chaude au timbre lent et sensuel démentait les sarcasmes »

Un huis clos à premiére vue mais au premier plan le tragique du vécu des personnages, les relations humaines entre l’étudiant et la femme belle et veuve de guerre, sur fond de décor de la Jerusalem partagée d’avant 1967, l’analyse du pour ou contre la création d’un Etat, de la guerre, la force des armes, et surtout le retour sur l’histoire judéo-chretienne et le role que l’Eglise a donné à Judas devenu symbole du traitre puis du Juif.

Amos Oz nous raconte Jésus dans la tradition juive à travers les âges, Jésus et Judas. Jésus et les Juifs.

Jésus était l’unique mortel dont « on peut dire sans exagérer que sa mort a eu plus d’importance que sa vie »

Que de discriminations, de persécutions, de souffrances et de sang innocent versé par nos ennemis au nom de Cet Homme!

Jésus était un Juif pieux qui n’entendait absolument pas fonder une nouvelle religion ni se prendre pour Dieu, et ce n’est qu’après sa mort que la chrétienté aurait dénaturé,le personnage pour les besoins de la cause en lui octroyant une dimension divine.

Jésus n’était pas chrétien. Il est né et il est mort juif. Il n’a jamais eu l’intention de fonder une nouvelle religion. C’est Paul, Saül de Tarse, qui a inventé le christianisme. Jésus lui-même dit explicitement : “Je ne suis pas venu abolir la Loi.” Si les Juifs l’avaient reconnu, l’histoire aurait été différente. L’Église n’aurait pas existé. Et peut-être que l’Europe aurait adopté une version plus souple et épurée du judaïsme. Nous aurions évité l’exil, les persécutions, les pogroms, l’Inquisition, les massacres, les discriminations, sans parler de la Shoah

Ces religions, en particulier celles nées au cours des siècles derniers et qui continuent à séduire les croyants, étaient censées nous apporter le salut, mais elles se sont empressées de verser notre sang.

Quelle ironie, nota Shmuel dans son cahier, que le premier et dernier Chrétien, le seul Chrétien qui ne quitta pas Jésus d’une semelle ni ne le trahit, le seul Chrétien à avoir cru en la nature divine de Jésus jusqu’à son dernier souffle sur la croix, le seul Chrétien persuadé jusqu’à la fin que Jésus descendrait de la croix au vu et au su de tous à Jérusalem et dans le monde entier, le seul Chrétien qui ne lui survécut pas, le seul qui fut anéanti par sa mort, ait été considéré par des centaines de millions d’êtres humains sur cinq continents pendant des milliers d’années comme l’archétype du Juif, le plus haïssable, le plus méprisable de tous. L’incarnation de la traîtrise, l’incarnation du judaïsme, l’incarnation du lien entre ces deux concepts

Amos Oz reussit içi une oeuvre magistrale faites de strates qui s’imbriquent, les personnages présents, la guerre d’indépendance , et enfin la vision sur Judas et Jésus.

La vie est comme une ombre qui passe, décréta Gershom Wald. La mort aussi. Seule la douleur demeure. Elle n’en finit pas. Jamais. 

J’ai comparé cela aux 3 personnages. Wald c’est la mort (il a perdu son unique fils à la guerre), l’etudiant Shmuel bien que passif c’est la vie , Atalia c’est la douleur (veuve de guerre).

Parlons donc de guerre, de haine et d’amour….

Toute la puissance du monde ne suffirait pas à transformer la haine en amour. On peut changer un adversaire en esclave, mais pas en ami.

Ai-je dit que la puissance militaire était inutile ? Le ciel nous en préserve ! Une telle ineptie ne me serait jamais venue à l’idée.
Je sais comme vous que c’est la force, notre puissance militaire, qui s’interpose entre nous et la mort, à tout moment, même maintenant, pendant que nous parlons. En attendant, user de la force peut nous éviter d’être exterminés, à condition que nous nous rappelions toujours, à chaque instant, qu’elle n’est qu’un moyen de dissuasion. Elle ne réglera ni ne résoudra rien. Elle ne pourra que différer provisoirement la catastrophe.

Mon cher ami, je ne crois pas en l’amour universel. L’amour est limité par nature. On peut aimer cinq personnes, peut-être dix, très rarement quinze.
Mais ne venez pas me dire que vous aimez le tiers-monde tout entier, ou l’Amérique latine, ou le beau sexe. Ce n’est pas de l’amour, c’est de la rhétorique. Des paroles en l’air. Des slogans. Nous ne sommes pas nés pour aimer plus qu’un petit nombre d’êtres humains. L’amour est une affaire intime, étrange et pleine de contradictions.
On peut aimer quelqu’un parce qu’on s’aime soi-même, par égoïsme, convoitise, par désir ou par besoin de dominer l’ objet de cet amour, le soumettre ou, à l’inverse, se livrer à lui. Au fond, l’amour est pareil à la haine, encore plus qu’on le croit. Ainsi, par exemple, qu’on aime ou qu’on déteste quelqu’un, on cherche toujours à savoir où il se trouve, avec qui, s’il va bien ou non, ce qu’il fait, à quoi il pense ou s’il a peur de quelque chose. “Rien n’est plus trompeur que le cœur humain. On ne peut rien y comprendre”, dit le prophète Jérémie. Thomas Mann a écrit quelque part que la haine n’est autre que l’amour affecté du signe “moins”. La jalousie est la preuve que l’amour est semblable à la haine car dans la jalousie, amour et haine se confondent. Le Cantique nous dit dans le même verset : “L’amour est fort comme la mort, la jalousie inflexible comme l’enfer. »

Tout le monde ou presque traverse l’existence, de la naissance à la mort, les yeux fermés. Vous et moi, mon cher Shmuel, ne faisons pas exception. Les yeux fermés.
Si on les ouvrait une fraction de seconde, on pousserait des hurlements effroyables sans jamais s’arrêter. Sinon, cela voudrait dire que nous avons toujours les yeux fermés

L’évangile d’après Judas homme des Krayot d’Amos Oz est un chef d’oeuvre litteraire, de style, de caractères, d’analyse des personnages, de points de vue historique sur la creation de l’Etat d’Israel et sur la conception de Judas et Jesus vu à travers le prisme de ses concitoyens les Juifs. Un must dont je recommande la lecture surtout à une époque où les grands ecrivains du XX éme siècle ont tous disparus et le XXI éme n’est pas encore au niveau.

Note 9/10 sur l’échelle RG, un must à lire


Harari et les 21 leçons pour le XXIe siècle

23 novembre 2018

Dans l’introduction du livre Yuval Harari écrit:

« Dans un monde inondé d’informations sans pertinence, le pouvoir appartient à la clarté »
mais son livre se perd dans l’immensité des sujets, il tire dans toutes les directions en citant ou se basant sur les sujets et recherches « à la mode ».
En particulier ses idées se focusent sur la crise du liberalisme et sur la revolution de l’IA (intelligence artificielle).

Il me semble que les sujets et développements évoqués dans ce livre conviendraient mieux à une serie de confèrences plutot qu’un livre dispersé, d’ailleurs la plupart des 21 sujets évoqués pour le 21eme siécle étaient deja d’actualité au 20eme siécle: travail, liberté, égalité,civilisation, religion, émigration, terrorisme, guerre, dieu, laicité et ces sujets seraient mieux traités par des philosophes style Michel Onfray.

L’auteur donne trop d’importance à l’IA aujourd’hui encore bagayante et la confond avec les algorithmes reliés au big data.

‘Les algorithmes répéteront donc des erreurs à cause de données insuffisantes, de programation défaillante, d’objectifs confusément définis et de la nature chaotique de la vie.

Quand à la crise du libéralisme et du retour au nationalisme ou du repli sur soi-même, il serait du à mon avis au fait que les GAFA detiennent les fortunes, créant ainsi une minorité d’employés aux salaires mirobolants face aux employés du monde avec des salaires minimums, sans avantages sociaux et de securité.

Les 100 personnes les plus riches possédent plus que les 4 milliards les plus pauvres.

A ce stade il est evident que le peuple rejette le liberalisme qui l’exploite.

J’ai retenu chez Yuval Harari 2 points interessants, le premier c’est l’apport de la guerre dans le passé contrairement à aujourd’hui où la guerre n’apporte aucune valeur ajoutée au vainqueurs.

En 1846, les EU envahirent le Mexique, ils conquirent la Californie, le Nevada, l’Utah, l’Arizona, le nouveau Mexique ainsi que des parties du Colorado, du Kensas, du Wyoming et de l’Oklahoma. Le traité de paix confirma aussi l’annexion du Texas. Autour de 13000 soldats américains tomberent au cours de cette guerre qui ajouta 2,3 millions de km2 aux EU (plus que la superficie combinée de la GB, France , Espagne et Italie. Ce fut la bonne affaire du millénaire

Le second a trait à la « verité »
Si vous ne pouvez vous permettre de perdre du temps, jamais vous ne découvrirez la vérité.

Aujourd’hui qui a du temps à perdre ? Presque personne donc la vérité si elle existe nous échappe.

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Voiçi qq citations/idées interessantes tirées du livre d’aprés les sujets évoqués

Liberté

Les algorithmes répéteront donc des erreurs à cause de données insuffisantes, de programation défaillante, d’objectifs confusément définis et de la nature chaotique de la vie.

Nous ne cherchons plus les informations, nous googlisons.
Et plus nous nous en remettons aux réponses de Google, plus notre capacité de chercher des informations par nous mêmes diminue. Dores et dejà la « verité » se definit par les premiers résultats sur Google

Egalité

Si la mondialisation et l »Internet comblent l’écart entre les pays, ils menacent de creuser le fossé entre les classes.

Communauté

Nous sommes plus intéréssés par ce qui se passe dans le cyberespace que par ce qui se produit dans la rue. Il m’est plus facile que jamais de parler avec mon cousin en Suisse, mais il m’est devenu plus difficile de parler avec mon mariau petit dejeuner, parce quil ne cesse de regarder son smartphone plutot que moi..

Civilisation

L’islam n’a pas d’ADN fixe. Il est ce que les musulmans en font.

Les gens que nous combattons le plus sont souvent les membres de notre famille. L’identité se definit par des conflits et des dilemmes plus que par des accords.

Guerre

La bombe atomique a transformé en suicide collectif la victoire dans une guerre mondiale


Dieu

Pour autant que les chercheurs le sachent, tous ces textes sacrés ont été écrit par un Homo sapiens imaginatif. Ce ne sont que des histoires inventées par nos ancetres pour legitimer les normes sociales et les structures politiques.

Ignorance

Les spécialistes d’économie comportementale et de psychologie evolutionniste, on l’a vu, ont démontré que la plupart des décisions humaines reposent sur des reactions émotionelles et des raccourcis heuristiques plutôt que sur l’analyse rationnelle

D’un point de vue évolutioniste, se fier au savoir d’autrui a été extremement profitable à Homo sapiens

Justice

Le systéme est structuré de telle sorte que ceux qui ne font aucun effort pour savoir peuvent demeurer dans une ignorance béate, tandis que ceux qui en font auront le plus grand mal à decouvrir la verité.

Post-vérité

Un mensonge raconté une fois reste un mensonge; débité un millier de fois, il wdevient la vérité.

Education

Que devrions nous enseigner ?
Les « quatres C » : pensée critique, communication, collaboration et créativité.

En conclusion Harari écrit
Ma decouverte majeure est que la source la plus profonde de ma souffrance réside dans les configurations de mon esprit.

Dans le chaos de la vie moderne, l’auteur se tourne vers la meditation, d’autres se retourneront vers la synagogue ou le boudhisme, mais enfin Harari ce n’est pas 21 lecons sur le 21 siecle c’est la fuite que vous nous proposez.

Drole de 21e siecle ou Harari dédie ses 21 lecons à son mari alors que pour moi on a un mari que si l’on est femme, sinon c’est un compagnon. C’est la 22eme leçon de ce bouquin fourre tout. Harari est un historien, un historien peut analyser et comprendre le passé c’est ce qu’il a fait avec succés dans son premier livre bestseller « Sapiens une brêve histoire de l’humanité », ici il anticipe le futur c’est raté ! Chacun a ses competences , prédire l’avenir n’a jamais reussi à Homo Sapiens et c’est notre chance.

Note: 4/10 sur l’échelle RG


Philippe Pétain et le statut des Juifs

10 novembre 2018

La polémique récente a remis en lumière le rôle de Philippe Pétain durant la seconde guerre mondiale.
Après que les Français se soient tournés vers Philippe Pétain, celui qui a été nommé, pour certains à tort, « Le vainqueur de Verdun, celui-ci a dissous la IIIème République et fondé l’Etat Français ou «régime de Vichy».
Celui-ci a très vite édicté plusieurs lois sur le statut des Juifs, faisant de ces derniers une catégorie à part de la population.
Ainsi, la loi sur les dénaturalisations a été mise en place dès le 22 juillet 1940. Le premier statut des Juifs, qui exclut ceux-ci de la fonction publique et des fonctions commerciales et industrielles, date du 3 octobre 1940, tandis que le second statut, qui oblige à l’immatriculation des entreprises juives et exclut les Juifs de toute profession commerciale ou industrielle, a été passé en juillet 1941.
La loi du 4 octobre 1940 sur « les ressortissants étrangers de race juive », promulguée simultanément avec le statut des Juifs, autorise l’internement immédiat des Juifs étrangers.
L’administration des gouvernements de Vichy s’est ainsi mise au service de la politique de l’Allemagne nazie vis-à-vis des Juifs et la police, ainsi que les gendarmes française, ont exécuté les ordres d’arrestations des Juifs, enfants compris, décidés par les autorités allemandes en zone occupée et les ont acheminé vers les camps de concentration.
Ce n’est qu’en 2010, que Serge Klarsfeld a publié la version originale du statut des juifs d’octobre 1940, retrouvée et authentifiée et le texte annoté par le Maréchal Pétain révèle que celui-ci a considérablement durci le texte initial et élargi son impact à toute la population juive française de l’époque. Ce document a été remis au Mémorial de la Shoah.

L’argument selon lequel Ph. Pétain avait protégé les Juifs français était mensonger[ Selon un article de Guillaume Lenorman pour Israël Valley ]

 

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Serge Klarsfeld détient un document de 1940 qui prouve que Philippe Petain a ordonné à son gouvernement de persecuter les Juifs .

https://www.haaretz.co.il/embeds/pdf_upload/2018/20181110-160702.pdf


Sur la route de Madison,

9 septembre 2018

Une histoire c’est bien, une vraie histoire c’est mieux , une vraie histoire d’amour c’est encore mieux, une vraie histoire d’amour avec 2 personnages dans la force de l’age c’est sublime. Ce roman est simple mais c’est un rêve, nous suivons Robert et Francesca durant 4 jours – un éclair dans une vie- mais ce Love Story les marquera pour le restant de leur vie.

Sur la route de Madison de Robert James Waller (en réalité le titre est The bridges of Madison county, encore une fois les traducteurs déraillent) est un roman de 1991 que je découvre aujourd’hui et dont un film a été tiré avec non moins que Clint Eastwood et Meryl Streep comme vedettes, mais j’ai eu la chance de le lire et non de le voir, car je préfere les impressions que mon esprit conçoit aux impressions que l’on nous impose au cinéma. La lecture permet l’imagination au delà de tout autre média visuel.

Elle n’était pas timide, mais pas non plus audacieuse.
La seule chose qu’elle pouvait conclure c’est que Robert Kincaid l’avait attirée d’une manière ou d’une autre, un regard de quelques secondes avait suffi.

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Note: 8/10  sur l’échelle RG


Un été avec Baruch Spinoza

31 août 2018

J’avais découvert chez mon fameux bouquiniste de Jerusalem le Traité théologico-politique de Baruch Spinoza.
J’ai eu beaucoup de mal à suivre, la lecture n’est pas aisée et j’ai eu parfois des difficultés à suivre la logique et puissance intellectuelle de Spinoza.
Ce livre est donc depuis et à ce jour un livre de chevet, je lis parfois un deux paragraphes et je le repose.

A Montréal, comme par miracle je tombe à la bibliothéque sur le succés de cet été: ‘Le Miracle Spinoza’ de Frederic Lenoir. J’ai donc sauté sur l’occasion pour mieux comprendre la philosophie, je dirais le mode de vie de Spinoza.

Ne pas se moquer, ne pas se lamenter, ne pas detester, mais comprendre.
Baruch Spinoza

Plutot que de réagir face aux événements avec nos émotions, essayons de les comprendre.
Vaincre le mal en s’attaquant à ses causes profondes est plus utile que de passer son temps à s’indigner, se lamenter, detester et condamner, ce qui nous dispense le plus souvent d’agir.

« En réfléchissant plus longuement, je fus convaincu que, pourvu que je puisse m’adonner entiérement à la reflexion, je laissais des maux certains pour un bien certain »

Passons à la croyance en Dieu et les religions chez Spinoza.
Comment en plein XVII iéme siécle Baruch Spinoza a pu être un précurseur des démocraties modernes ?
Voiçi un exemple: une incisive critique de la religion musulmane

Nulle part que chez les Turcs, la pensée est muselée au nom de la religion
« La simple discussion passe por un sacrilége et tant de prejugés absorbent le jugement que la saine raison ne saurait plus se faire écouter, fut-ce pour suggérer un simple doute »

Dans une moindre mesure, il va de même en Europe avec les monarchies, car

« Le grand secret du régime monarchique et son intéret vital consistent à tromper les hommes, en travestissant du nom de religion la crainte, dont on veut les tenir en bride de sorte qu’ils combattent pour leur servitude, comme s’il s’agissait de leur salut »

Et Spinoza ne tarit pas d’éloges aussi sur sa propre religion, le judaisme

Selon lui, la plupart des croyants n’ont conservé de la religion que le culte exterieur, et la foi, chez eux, ne constite qu’en crédulités et prejugés.

La Thora n’a pas été écrite par Moise lui-même, mais par un auteur bien plus tardif, probablement le prête et scribe Esdras qui ramena des milliers d’exilés judéens de Babylone à Jerusalem en 459 avant notre ère.
Spinoza a été excommunié de la communauté juive mais rien ne l’a jamais fait deriver dans sa recherche du vrai.

Les chretiens aussi sont visés, on y trouve une charge violente contre les clercs, les theologiens et les autorités religieuses, qui utilisent et interpretent les Ecritures afin de consolider leur pouvoir et d’étendre leur domination sur les hommes

« Seule une ambition criminelle a pu faire que la religion consistat moins à obéir aux enseignements de l’Esprit-Saint qu’à défendre des inventions humaines, bien plus, qu’elle s’employat à repandre parmi les hommes, non pas l’amour, mais la lutte et la haine la plus cruelle sous un deguisement de zéle divin et de ferveur ardente »

Spinoza est un philosophe mais aussi un anthropologue, un psychiatre, au fait le Precurseur du monde moderne puisqu’il évoque deja les grands maux de notre XX iéme et XXI iéme siécle .

Pacte social, démocratie, laicité, égalité de tous les citoyens devant la loi, liberté de croyance et d’expression: Spinoza est le père de notre modernité politique.`
Il a perçu les limites de nos democraties et aussi le manque de rationalité des individus.

L’éthique de Spinoza n’apporte aucune injonction morale – « tu dois », « il faut » -, mais nous propose d’acquerir un discernement personnel sur les causes de nos sentiments afin de grandir en puissance, en liberté et dans la joie.

« Les hommes ignorent le plus souvent les causes de leurs desirs. Ils sont en effet coscients de leurs actions et de leurs désirs, mais ignorants des causes qui les déterminent à désirer quelque chose »

« Nous ne désirons aucune chose parce que nous jugeons qu’elle est bonne, mais, au contraire nous appellons bon ce que nous désirons »

Pour clore une anecdote : on a souvent demandé à Albert Einstein s’il croyait en Dieu.
Il répondait toujours la même chose: au Dieu de la Bible,non, mais au Dieu cosmique de Spinoza, oui.
« Je crois au Dieu de Spinoza qui se révèle dans l’harmonie de tout ce qui existe, mais non en un Dieu qui se préoccuperait du destin et des actes des humains« 


Roth: les faits, autobiographie d’un romancier

25 juin 2018

J’ai lu beaucoup de romans de Roth, mais il me manquait plutot sa biographie pour essayer de mieux percevoir/comprendre son oeuvre.
Une chance donc de tomber à la bibliothéque sur son autobiographie, « les Faits ».
Roth évoque son enfance, ses parents, ses études mais surtout son fiasco avec la fille de ses rêves blonde aux yeux bleus, qu’il surnomme Josie (en réalitè Maggie Williams mais Roth nous le cache) et qui va le miner, mais une longue psychotherapie le sauvera ou plutot, la mort subite du « monstre » tel qu’il la décrit le libère.

« Si brillants que nous soyons, nous péchons par excès de naiveté, même quand nous avons cessé d’être jeunes. »

Mais l’originalité dans ce livre et la force de l’écrivain, c’est l’analyse qu’en donne en postscritum Zuckerman le heros des romans de Roth ! Je me souviens que Woody Allen faisait sortir de l’écran ses acteurs et les rendaient spectateurs. C’est ce que Roth reussit avec ce coup de force, Zuckerman sort de la fiction et devient le critique de son créateur.

« Parce que les choses qui te minent sont celles dont tu te nourris et dont tu nourris ton talent. »

Aprés tout cela j’en sors encore plus troublé, fiction, réalité, sincerité, omissions, que reste t’il de cette autobiographie, où est le véritable Philip Roth ?

« Les souvenirs du passé ne sont pas les souvenirs des faits, mais des faits tels que vous les avez imaginés. »

Les Faits c’est l’obsession maladive non seulement de Josie mais aussi de Philip Roth et qui nous donne une idée sur la création et la créativité de Portnoy et Zuckerman.
Tout homme est complexe à discerner, Roth et ses relations féminimes le sont encore plus. Roth complexe mais génial encore et toujours.

« J’ai parfois l’impression que les hommes ont une névrose fondamentale dans leur relation avec les femmes. »

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Cher Roth, J’ai lu deux fois le manuscrit. Voici la sincérité que tu exiges: Ne le publie pas; tu vaux beaucoup mieux lorsque tu écris sur moi que lorsque tu rapportes ta propre vie avec « exactitude »…..
Aimablement à toi.

Zuckerman