wikileaks, pour ou contre ?

1 décembre 2010

Il y a un intérêt public à savoir comment fonctionne le monde et ce que l’on y fait en notre nom. Il y a aussi un intérêt public à ce que la politique étrangère soit menée de façon confidentielle. Et ces deux intérêts sont contradictoires.


Baisers volés, censurés et publiés

29 novembre 2010

WikiLeaks: 2eme volet 24 heures plus tard.

Il n’y a pas de révélations fracassantes dans les documents publiés jusqu’à présent par WikiLeaks ; ils ne font que confirmer des choses dont tout le monde se doutait, par exemple la position des pays arabes par rapport à l’Iran.

Allez chercher parmi 250,000 cables diplomatiques, vous ne trouverez pas une ligne politique, mais un meli-melo d’informations, un embriglio sur les relations internationales, relations bilaterales, droits de l’homme, économie, terreur et terroristes, onu. Vous trouverez des notes envoyées par l’ambassade américaine à Ankara, Paris ou Tel aviv, ou encore de chacune des capitales dans le monde. Comment synthetiser 250,000 documents (ou 250,000 tweets ou 250,000 murs sur facebook) ? impossible ! sauf par les services secrets du monde entier qui doivent y bosser sec .

Le New York Times explique que les câbles lui sont parvenus « il y a plusieurs semaines » et que les documents susceptibles de « mettre en danger » des individus ou de « compromettre la sécurité nationale » n’ont pas été publiés. Le journal ajoute avoir travaillé avec l’administration Obama à ce sujet, donc il y a une auto-censure!

Il ne reste donc que des portraits mordants des dirigeants internationaux, ou des éléments qu’un lecteur averti a du/pu remarquer à travers ses lectures ou analyses.
L’épisode des drones entre la Russie et Israel en est l’exemple: je l’avais pressenti en avril 2009 La vente de drones israeliens ou le chantage russe, puis en aout 2009 Drones contre missiles, la Russie tient parole, aujourd’hui WikiLeaks le confirme.

Enfin, toutes ces infos que l’on nous fournit sont des informations volées, bravo la presse morale !


wikileaks, entre le 11 septembre diplomatique et le plus infâme des vices

28 novembre 2010

Premières impressions sur une fuite informatique contre l’Amérique et l’Occident.

Ce 28 novembre 2010 , date de la publication du contenu de 250.000 câbles diplomatiques américains dévoilés par le site WikiLeaks révélant les dessous de la diplomatie des Etats-Unis restera marqué comme le 11 septembre diplomatique.

Ces notes « offrent un panorama inédit des négociations d’arrière-salle telles que les pratiquent les ambassades à travers le monde« . C’est un peu comme si vous et moi parlions d’un tiers, un boss, une amie, un voisin après son depart. En son absence, on ironise, on lâche du lest, on critique on déconne, mais ça reste entre nous. Que se passe t’ il lorsqu’ un participant nous trahit et le raconte en dehors de notre « petit cercle » ? C’est toujours dramatique !
Ainsi ces documents étalent au grand jour les usages habituellement tenus secrets de la diplomatie américaine sur toute une série de dossiers sensibles, et il clair qu’il y a toujours en diplomatie « un fossé » entre ce que l’on publie au public et ce que l’on raconte en privé.

Il est aussi clair que la divulgation des télégrammes diplomatiques confidentiels d’une puissance comme les Etats-Unis ne peut etre anodine. Pour l »Occident et ses alliés la publication des documents est « irresponsable et dangereuse« , elle met à nu l ‘Occident en une période critique de crises économiques, sociales, religieuses, de désœuvrements et autres vices.
Enfin, ce n’est pas un hasard si ces nouvelles révélations émanent des Etats-Unis, la société la plus transparente, plutôt que de Chine ou de Russie.


Le Ben Laden à l’origine de cette grande « fuite » américaine est un militaire désœuvré Bradley Manning, un militaire américain âgé de 23 ans.

Ces fuites font et feront le régal et les UNE des journaux dans le monde , et des curieux que nous sommes, mais à plus longue échéance nous occidentaux en paieront le prix fort, c’est un boomerang qui se retournera contre nous. Dorénavant nos responsables auront encore plus peur d’ouvrir la bouche même en privé, et cette liberté de pouvoir se dire des vérités entre « politiciens » va se reduire et risque de paralyser encore plus toute initiative pour faire bouger les choses.
L’Occident se paralysera encore plus, les démocraties prendront un grand coup et les bénéficiaires seront des Poutine, Ahmenidjab et Ayatollahs, et des chinois totalitaires. Joli goal contre notre camp, décidément comme disait Beaudelaire

Dans la ménagerie infâme de nos vices,
II en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
[…] C’est l’Ennui !

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal