Un homme une femme 1966, un homme seul 2018

21 juillet 2018

Que dire lorsqu’on compare ce qu’était Jean Louis Trintignant et ce qu’il est devenu. Ce saut d’un homme une femme de 1966 à cet homme de 87 ans aujourd’hui.

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Vous vous battez contre un cancer…..

Comme tout le monde.
Le mien, 60 % des hommes l’ont. La prostate.
Mais enfin, ce n’est pas le plus grave. Et puis, je ne me bats pas. Je laisse faire.
Je ne fais pas de chimio, même si j’y étais prêt.
Mais ne parlons pas trop de ça.


Vous dites aussi qu’il n’est pas si dramatique de mourir. Faut-il vous croire?

On est fait pour ça. Pour vivre et pour mourir.
C’est vrai, vous ne trouvez pas?
Moi, j’ai une fin assez difficile. C’est-à-dire qu’il y a plein de choses que je ne comprenais pas et que l’on comprend en vieillissant

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Oh rage, oh désespoir, oh vieillesse ennemie ! …. rien de changé depuis Corneille, mais quelle lucidité chez Trintignant.

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– La vraie émotion, c’est celle qui est proche des larmes


L’age n’est pas une maladie, c’est un massacre.

28 mai 2016

Ce n’est pas que je me sente vieux, mais je prends de l’age. Et l’age ce n’est pas une maladie , c’est un massacre.
Je ne suis pas nostalgique mais ma jeunesse me manque.

Pedro Almodovar

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O rage ! O désespoir ! O vieillesse ennemie de Philip Roth

30 octobre 2011

Le dernier roman de Philip Roth « le rabaissement » qui aurait plutôt pu/du être traduit (du mot anglais « the humbling ») par « l’humiliation », car c’est bien de cela qu’il s’agit.
Philip Roth a 78 ans et reporte sur son heros Axler âgé lui de 66 ans l’humiliation, la désolation et le rabaissement qu’est la vieillesse. L’âge d’or dit on ironiquement alors qu’il s’agirait plutot de l’âge de la rouille.

Dans la première phrase du roman tout est dit : « Il avait perdu sa magie« , et tout en découle !

« à un certain degré de détresse, on est prêt à tenter n’importe quoi pour expliquer ce qui vous arrive, même si l’on sait que cela n’explique rien du tout, et que les explications infructueuses ne font que se succéder les unes aux autres »

Pour Axler alias Philip Roth la vie n’est qu’un répertoire dramatique: « …se préparant à aborder, en puisant dans le vocabulaire de la psychologie de bazar ou de la presse à sensation la plus vulgaire les thèmes ancestraux du répertoire dramatique: l’inceste, la trahison, l’injustice, la cruauté, la vengeance, la jalousie, les rivalités, le désir, le deuil, le déshonneur et la douleur. »

Et la dernière phrase du roman n’est que le résultat de la première phrase car aux temps de gloire ne subsistent que le désespoir et le suicide.
« Il avait réussi son geste, lui, la star reconnue, dont on avait jadis salué de tous cotés la puissance de jeu et qui, du temps de sa gloire attirait au theatre une affluence de spectateurs. »

Plutôt triste de voir la vie coté pile|face (choisissez!) lorsque le meilleur s’est retiré.
« ll faut savoir,
Encore sourire,
Quand le meilleur s’est retiré,
Et qu’il ne reste que le pire,
Dans une vie bête à pleurer.
 » (C.Aznavour)

Peut être lorsque le meilleur s’est retiré, il reste encore famille, enfants, petits enfants, amis et inconscience ? Axler lui, avait trop conscience!

Cette conscience de la déchéance chez l’homme existe depuis les temps antiques, il suffit de relire « Le Cid » et écouter Don Diègue le père de Rodrigue (Le Cid)
Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers 

Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?
Mon bras qu’avec respect tout l’Espagne admire,
Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
Ô cruel souvenir de ma gloire passée !

Philip Roth est souvent cité parmi les favoris du Prix Nobel de littérature, mais ne l’a pour l’instant pas reçu, quelle anomalie !

PS: Merci Sylvia pour le livre!


la peur, l’ennui, la solitude, la mort vues par un optimiste – née de 87 ans

3 janvier 2011

philosophie de la vie

philosophie de la vie


Vous l’aurez deviné, cet optimiste – née de 87 ans n’est autre que Shimon Peres, le politicien-philosophe de tous temps.

Si lui se pose deux questions cruciales pour pouvoir demain corriger et continuer, ne devrions pas nous nous en poser
une et une seule pour changer un petit peu « notre petit monde ».




Vous n’avez pas l’impression d’être seul ?
 Cette maison, est celle où je vis. Sonia a été l’amour de ma vie, et rien n’a changé et ne changera. Mais elle a choisi un chemin. Moi ici, elle là bas. Et c’est le droit de chacun de choisir son chemin. Je vis donc ici seul. Je me sens seul parfois. Parfois seulement. Je travaille tout au long de la journée et je suis très entouré. Et un homme âgé, a tellement d’années avec lui, trop pour être seul.
 
La mort?
 L’ennui, c’est la mort, la mort, l’ennui. Ben Gourion avait 70 ans, et m’avait dit, je vais mourir à 86 ans, et il est mort cet âge, comme d’ailleurs plusieurs membres de sa famille. Comme un choix. Moi je ne fais pas de prévision…
 
Vous n’avez pas peur un jour de ne plus pouvoir?
 La peur. Que ferais-je avec la peur. Est ce que la peur changera quelque chose, non n’est ce pas. Alors je n’ai pas peur.
 
L’âge ?
 Un homme de 87 ans, peut être aigri, triste, misérable ou optimiste. Je suis optimiste. Un homme âgé, ce n’est pas un homme du passé, c’est un homme, aujourd’hui. Tous les soirs je pense à demain. Tous les soirs, je vais dormir, en me posant deux questions cruciales, qui ai je vexé aujourd’hui, et quelle a été ma contribution à ce monde. Deux questions pour pouvoir demain, corriger et continuer.

Source: 4 minutes avec…interview Arutz 2.