Carmen édition 1850 ou Ipad 2011

15 septembre 2011

Me promenant sur la rue Yaffo à Jérusalem, je découvre un bouquiniste, j’y entre pressé par rien que par moi même et ne sachant que choisir. Une couverture à l’ancienne retient mon attention, ce doit être un livre qui doit bien être plus que centenaire, un petit livre de 70 pages, pages jaunies par le temps. Je ne trouve pas sa date d’impression mais le nom de l’éditeur: imprimerie Bernhard Tauchnitz Leipzig qui je l’apprendrai ensuite par wikipedia a existé entre 1796 et 1865.
Dans ma précipitation je n’ai fait que peu cas de l’auteur Prosper Mérimée et du titre Carmen. De Mérimée je n’avais jamais rien lu auparavant et pris par la lecture il m’a fallu du temps pour faire le lien avec l’ opera Carmen de Bizet et réaliser que la source littéraire de cet opera n’était autre que le Carmen de Proper Mérimée.
De toutes ces recherches (sur mon iPad) parallèles à ma lecture j’arrive à la version numérique du Carmen et juxtaposant mon livre ouvert sur le iPad je constate que les 2 ont la même longueur et la même largeur au millimètre près !

Comme il m’est plus difficile de capter avec ma vue déficiente cette écriture jaunie alors je lis en alternance mon livre et sa version iPad pour remarquer qu’avec le livre, je vis l’histoire de Carmen et du soldat Jose, je l’imagine mais des que je suis sur la version numérique ce n’est plus mon cerveau qui s’active mais mes doigts sur les touches de la tablette: une différence inouie. Oui je suis prêt à lire dans l’avenir en version numerique mais quelque chose de mon amour pour le livre concret, le toucher, les sens s’estompera.

Voici une citation que j’ai retenu du Carmen de Posper Mérimée,
Pour qu’une femme soit belle, il faut, disent les Espagnols, qu’elle réunisse trente si, ou, si l’on veut, qu’on puisse la définir au moyen de dix adjectifs applicables chacun à trois parties de sa personne. Par example, elle doit avoir trois choses noires: les yeux, les paupières et les sourcils; trois fines, les doigts, les lèvres, les cheveux, etc. Voyez Brantôme pour le reste.

J’ai recherché Brantome écrivain du XVI siecle sur l’internet car par curiosité j’ai voulu trouver les 30 si ( en espagnol ou oui en francais) qui permettent de dire qu’une femme est belle. Je n’ai rien trouvé sur le web, il va me falloir retourner chez mon bouquiniste. Que de tribulations, je dois être un produit hybride entre le livre et le numerique.