Lectures d’été: Changer l’eau des fleurs, plutôt changer les fleurs

11 juillet 2019

Je viens de terminer « Changer l’eau des fleurs » de Valerie Perrin.
Au debut la lecture et le style plutot simple m’ont plu car ils rappelaient l’Elegance du hérisson de Muriel Barbery: une magnifique concierge et içi une impressionnante gardienne de cimetière.
Mais, très vite je me suis senti englouti par les yo-yo de l’écrivaine, chaque chapitre, et il y en a beaucoup (94!),nous ramène à une date antérieure, parfois 2017, de la à 1982 puis retour à 1996 et ainsi de suite. Epuisant, car il devient difficile de suivre le déroulement chronologique, on saute, on sursaute, un vrai yo-yo le tout sur un fond dramatique et illogique avec un final policier plutôt carambolesque.

changer-l-eau-des-fleurs

Déçu, c’est tout dire, ce n’est pas de la bonne littérature et c’est bien dommage, mais puisque comme tu l’as precisé Laila au Cafe Darnna, l’auteur est la compagne de Claude Lelouch donc ce script conviendrait mieux à un film qu’à un roman, et il est à parier que Lelouch ne ratera pas l’occasion.

Voici les quelques rares citations que j’ai retenu,

Sur les morts et les vivants

Les vivants réinventent souvent la vie des morts.

Quand quelqu’un est parti, il est parti. Sauf dans l’esprit de ceux qui restent. Et l’esprit d’un seul homme est plus grand que l’univers.

Sur le luxe et les vilains defauts,

C’est un luxe d’être propriétaire de son temps. Je pense que c’est un des plus grands luxes qu’un être humain puisse s’offrir.

La gourmandise est un vilain defaut, mais pas un péché

 

Et pour conclure une confession de l’auteure

Vous n’étiez pas la copie de quelqu’un, vous étiez quelqu’un.

PS: Valerie Perrin s’est voulue la copie de Muriel Barbery, c’est raté,
Allons donc, je préfère changer plutôt les fleurs que l’eau des fleurs.

Note: 5 sur l’échelle RG


lectures d’été avec Paul Auster

20 juin 2015

Une chance que mon fameux bouquiniste de Jérusalem et le hasard de tomber sur un bon écrivain en l’occurence Paul Auster et me voila comblé pour mes lectures d’été.

« La Chambre dérobée », pourquoi ce titre ? je ne vois pas le rapport avec le roman, mais peu importe La Chambre dérobée est un véritable chef-d’œuvre d’écriture, de style, de talent et d’imagination.
2 personnages au total, le narrateur et Sophie ou plutot l’ami et la femme de Fanshawe et toute l’histoire se focuse sur ce disparu. Passionnant!

On recherche avec Auster le sens de la vie et les aleas de la vie

Finalement toute vie n’est rien de plus que la somme de faits aleatoires, une chronique d’ intersectionsdues au hasard, de coyps de cjphance, d’evenements fortuits qui ne revelent que leur propre manque d’intentionnalité.

Ce que j’avais accompli jusque-là se ramenait à une simple fraction de rien du tout. Autant de poussière que le vent balaierait.

Les vies n’ont pas de sens. Quelqu’un vit, puis il meurt, et ce qui se passe entre les deux n’a pas de sens.

La vie n’est qu’un passage mais les mots et l’écriture ont une force chez Paul Aster

S’intéresser aux mots, s’investir dans ce qui est ecrit, croire au pouvoir des livres- voilà qui submerge tout le reste, et en comparaison notre propre vie se rapetisse considerablement.

lecture-d-ete-2015

Enfin 2 citations intéressantes:

La discrétion a ses mérites, mais à trop forte dose elle peut être fatale.

La decouverte que 2 personnes, par leur desir, peuvent créer une chose plus puissante que celle que chacune peut creer toute seule.

Un excellent livre surtout pour des lectures d’été au bord de mer
Note: 8/10 sur l’échelle RG


Lectures d’étè, lectures de guerre ou lectures de fuite

19 août 2014

Lectures d’étè, lectures de guerre ou lectures de fuite, je ne sais comment nommer mes lectures actuelles, cette année l’été ne se fait pas trop ressentir, la guerre a étè trop longue et je n’ai pas reussi à fuir avec mes lectures.
J’avais choisi pourtant deux canons de la litterature contemporaine, Laura Kasischke (dur à prononcer! dites kasischki tout simplement) avec son premier roman « a  suspicious river » et le goncourt 2012 « Le sermon sur la chute de Rome » de Jerome Ferrari.

Les deux auteurs sont des poétes sans aucun doute, mais Laura aprés m’avoir émerveillé dans le premier chapitre d’environ 100 pages où on se sent concerné et témoin de l’histoire, m’a tout simplement deçu dans la suite et j’ai cru que le livre avait étè ecrit dans le but d’en faire un thriller hollywoodien. Décevant mais je continerai à chercher ses livres car je sens une main d’artiste.

Je me croyais assez pale et mince pour être jolie, mais trop pale et trop mince pour être belle.

La guerre se poursuivant, j’ai lu « Le sermon sur la chute de Rome » en espérant la chute du Hamas mais Gaza n’est pas Rome et Rome n’est pas Jerusalem.

Les mondes passent, en vérité, l’un aprés l’autre, des ténèbres aux ténèbres, et leur succession ne signifie peut-être rien.

Il fallait maintenant offrir à un monde disparu le tribut de symboles qu’il réclamait pour s’effacer definitivement et laisser enfin sa place au monde nouveau.

Tout est la, les ténèbres des terroristes, les ténèbres des souterrains creusés á Gaza, les ténèbres de la guerre. Finalement ce livre convenait à l’ambiance des destructions aux alentours et à ma souffrance suite aux 64 jeunes soldats tombés au combat, bêtement, pour la guerre.

Il écoutait sans rien dire les mensonges de l׳évangéliste car il savait ce qu’était une apocalypse et il savait qu’à la fin du monde le ciel ne s’ouvrait pas, qu’il n’y avait ni cavaliers ni trompettes ni nombre de la bête, aucun monstre, mais seulement le silence, si bien qu’on pouvait croire qu’il ne s’était rien passé. Non, rien ne s’était passé, les années coulaient comme du sable, et rien ne se passait encore et ce rien étendait sur toute chose la puissance de son régne aveugle, un règne mortel et sans partage dont nul ne pouvait plus dire quand il avait commencé.

Le poéte, le psychologue et le philosophe se rejoignent sous la plume de Jerome Ferrari,une phrase c’est plus de 200 mots ou 1000 caractères, virgules comprises. Une pluie de virgules, et le resultat est une noblesse de l’écriture chez Jerome.

Voici quelques citations qui m’ont touché sur la fin du monde, la philosophie, l’université et la mutation present-futur, les imbeciles. 
En fermant le livre, la guerre a aussi pris fin, heureusement car les ténèbres du mal  ont été si fortes dans la lumiere de l’été 2014.

Comme si le fait d’étudier la philosophie leur conférait le privilége de comprendre l’essence d’un monde dans lequel le commun des mortels se contentait bêtement de vivre.

Et c’est ainsi qu’au nom d’un avenir aussi inconsistant que la brume, il se privait de présent, comme il arrive si souvent, il est vrai, avec les hommes.

L’Université n’était pour lui qu’une étape nécessaire mais insignifiante sur un chemin qui devait le mener vers la consécration des plateaux de télévision où il avilirait publiquement, en compagnie de ses semblables, le nom de la philosophie, sous l’oeil attendri de journalistes incultes et ravis, car le journalisme et le commerce tenaient maintenant lieu de pensée.

Il faut lutter pour ne pas devenir inerte soi-meme et se laisser engloutir comme par des sables mouvants

L’enfance l’a marqué d’un sceau cruel dont rien ne pourra le liberer.

A moins qu’il ne fut au fond un imbécile qui se réjouissait d’avoir rencontré un autre imbecile avec lequel il pouvait proférer à son aise toutes sortes d’imbécillités. 

Peut être a-t-il gardé en lui la conviction profonde que ce monde est mauvais et ne mérite pas que l’on verse des larmes sur sa fin. Oui, le monde est rempli des ténèbres du mal, il le croit toujours, mais il sait aujourd’hui qu’aucun esprit ne les anime, qui porterait atteinte à l’unité du Dieu eternel, car les ténèbres ne sont que l’abscence de lumière, de même que le mal indique seulement la trace du retrait de Dieu hors du monde …

Oui, le monde est rempli des ténèbres du mal, Laura Kasischke et Jerome Ferrari m’ont convaincu.

Note 6/10 sur l’echelle RG pour A suspicious river et 8/10 sur l’echelle RG pour le sermon sur la chute de Rome


Lectures d’été, avec Pastorale américaine de Philip Roth.

29 mai 2014

J’ai eu du mal, du déplaisir à lire Pastorale américaine de Philip Roth, j’ai eu beaucoup de mal pour en arriver au bout sans le balancer en plein milieu.
J’ai aussi beaucoup de mal à critiquer Philip Roth, un de mes auteurs préférés après Albert Camus, comme j’ai beaucoup de mal pour comprendre qu’on ne lui ait pas encore attribué le nobel de littérature, mais désolé, je n’ai guère apprécié ce roman, trop long(580 pages!), avec ses répétitions et les analyses d’un personnages (le suédois ) sous différents angles (son père, sa femme, son frère, son voisin, son….. et principalement sa fille une poseuse de bombes) bien que ce roman propose une réflexion ambiguë sur la nature humaine instable et le caractère provisoire de toute vérité. Il y a le Roth philosophe, analytique mais aussi le Roth romancier à outrance.
En gros on perd l’intérêt et le fil de l’histoire par moment.
Mais qui suis-je pour critiquer notre futur nobel. Je n’ai pas aimé , un point c’est tout. Et puis comme le dit si bien Roth: ‘le fait est que comprendre les autres n’est pas la règle, dans la vie’.

On lutte contre sa propre superficialité, son manque de profondeur, pour essayer d’arriver devant autrui sans attente irréaliste, sans cargaison de préjugés, d’espoirs, d’arrogance; on ne veut pas faire le tank, on laisse son canon, ses mitrailleuses et son blindage; on arrive devant autrui sans le menacer, on marche pieds nus sur ses dix orteils au lieu d’écraser la pelouse sous ses chenilles; on arrive l’esprit ouvert, pour l’aborder d’égal à égal, d’homme à homme comme on disait jadis. Et, avec tout ça, on se trompe à tous les coups. Comme si on n’avait pas plus de cervelle qu’un tank. On se trompe avant même avant même de rencontrer les gens, quand on imagine la rencontre avec eux; on se trompe quand on est avec eux; et puis quand on rentre chez soi, et qu’on raconte la rencontre à quelqu’un d’autre, on se trompe de nouveau. Or, comme la réciproque est généralement vraie, personne n’y voit que du feu, ce n’est qu’illusion, malentendu qui confine à la farce. Pourtant, comment s’y prendre dans cette affaire si importante- les autres- qui se vide de toute la signification que nous lui supposons et sombre dans le ridicule, tant nous sommes mal équipés pour nous représenter le fonctionnement intérieur d’autrui et ses mobiles cachés? Est-ce qu’il faut pour autant que chacun s’en aille de son côté , s’enferme dans sa tour d’ivoire , isolée de tout bruit, comme les écrivains solitaires, et fasse naître les gens à partir de mots, pour postuler ensuite que ces êtres de mots sont plus vrais que les vrais, que nous massacrons tous les jours par notre ignorance? Le fait est que comprendre les autres n’est pas la règle, dans la vie. L’histoire de la vie, c’est de se tromper sur leur compte, encore et encore, encore et toujours, avec acharnement et, après y avoir bien réfléchi, se tromper à nouveau. C’est même comme ça qu’on sait qu’on est vivant: on se trompe. Peut être que le mieux serait de renoncer à avoir tort ou raison sur autrui, et continuer, rien que pour la balade. Mais si vous y arrivez, vous.. alors vous avez de la chance.

Puisqu’il s’agit de ma serie de lectures d’été (2014) et que je ne peux promouvoir Philip Roth alors autant promouvoir cette association new-yorkaise qui prône la lecture seins-nus sur les pelouses de Central Park. Attention c’est réservé aux femmes, pas la lecture, les seins ! et c’est légal à New York. Bonne lecture!


Lectures d’étè avec Douglas Kennedy (suite) , sur les vêtements

20 juillet 2012

Les vêtements sont un message, un reflet de la personnalité, de la situation sociale, de l’éducation et de l’image que chacun de nous veut renvoyer au reste du monde.

Douglas Kennedy
sur l’argent
sur la peur
sur le bonheur
sur le mensonge
sur la haine