Le monde fantome

6 mai 2013

« Le monde fantôme ! Voila le monde que nous nous sommes créé.
Voyez les militaires qui parlent perpétuellement de l’ennemi.
Voyez le clergé  qui parle perpétuellement du péché et de la damnation.
Voyez tous les representants de la loi qui ne savent parler que d’amendes et d’emprisonnements.
Voyez les médecins qui ne connaissent que la maladie et la mort.
Et nos éducateurs, les plus stupides de tous avec leurs methodes de perroquets et leur incapacité congénitale à accepter des idées qui n’aient cent ou mille ans.
Quant à ceux qui gouvernent le monde, vous avez là les personnages les plus malhonnêtes, les plus hypocrites, les plus bornés et les plus dénués de toute imagination qui soient. 
Non, la route est barrée, et tous les obstacles qui nous cernent sont notre propre fait. Pas besoin de faire intervenir Dieu, le Diable ou le Hasard. Le seigneur de toute la Création est en train de faire un petit somme pendant que nous dépatouillons avec nos problémes. »

Henry Miller, NEXUS


Il n’y a que les Juifs qui pouvaient écrire un livre pareil

4 mai 2013

Citation:

Avant d’aller me coucher, il m’arrivait de lire un passage de la Bible.
Un magistral  livre  d’histoires fantastiques à lire avant d’aller se coucher.
Il n’y a que les Juifs qui pouvaient écrire un livre pareil. Un goy se perd dans ce labyrinte généalogique, ces insectes, ces mutilations, cette numérologie, ces fratricides, ces paricides, ces pestes, cette pléthore de nourrritures, de femmes, de guerres, d’assassinats, de rêves, de prophéties…. Aucun enchainement dans les faits. Il faut être étudiant en théologie pour s’y retrouver, et encore….

Henry Miller, Nexus


NEXUS pas celui de Google mais d’Henry Miller

3 mai 2013

Chez mon bouquiniste de Jérusalem, je tombe sur NEXUS d’Henry Miller. Henry Miller pas de problème, même si je l’ai jamais lu auparavant, je le connais à travers Anais Nin par exemple, sa vie d’américain à Paris dans les années 30 m’intéresse. Mais c’est surtout NEXUS qui me dit quelque chose, quoi, je ne saurais le dire sur l’instant et ce n’est qu’en rentrant à la maison que je me dis « Idiot! Nexus est le nom de ton nouveau téléphone !  »
A vrai dire NEXUS veut dire tellement de choses, en droit romain c’est le droit sur le corps exercé par un créancier sur le débiteur, en sciences c’est un terme médical ou le nom du premier navigateur web. Il parait que Nexus est aussi un modèle de scooter, un groupe de musique, un jeu video, un personnage, un quartier de Paris ect, ect… voir wikipedia.
A votre bon goût! moi j’ai choisi de lire commenter NEXUS sur mon NEXUS google.

Je reviens au roman qui relate une période de la vie d’Henry Miller avant son départ pour la France en 1927, un Henry Miller avec son épouse Mona mais aussi avec la petite et grande amie de sa femme Stasia. Un trio explosif !  » Ni les menaces, ni les accès de chagrin, de tendresse ou de remords, rien de ce que je pouvais dire ou faire, ne l’affectait le moins du monde.« . Un Henry malheureux, mais aussi trés sincère et philosophique. En un mot un homme profond qui souffre ne cessant d’explorer son univers et possédé d’une folie créatrice.

Je n’ai pas encore commencé à vivre ma vie, et j’approche de la cinquantaine.
Il faudrait vivre cent cinquante ou deux cents ans pour arriver à quelque chose.
C’est quand on en a fini avec le sexe et toutes les difficultés materielles que les vrais problemes commencent à se poser.
A 25 ans je croyais connaitre toutes les reponses. Maintenant je sens que je ne sais rien du tout.

Ecoute, essaie de comprendre ceci. Tout va mal dans le monde. Ce n’est partout qu’ignorance, superstition, bigoterie, injustice, intolérance. Et il en est ainsi depuis que le monde est monde très probablement. Et ce sera encore comme cela demain et après-demain. Et alors? Est ce une raison pour déposer les armes?

Tu crois qu’il y a une réponse à tout. Il ne t’est jamais venu à l’idée qu’il n’y en avait peut-être pas, que la seule réponse c’est peut-être toi-même, la façon dont tu consideres tes problemes.


A suivre……


légèreté d’été 2/31, y’a de la joie

27 juillet 2011

La joie, Chateaubriand la trouve, pas en été mais en automne et avec un 35 degrés à l’ombre aujourd’hui à Jérusalem je peux le comprendre.

Un caractère moral s’attache aux scènes de l’automne:
ces feuilles qui tombent comme nos ans,

ces fleurs qui se fanent comme nos heures,
ces nuages qui fuient comme nos illusions,
cette lumière qui s’affaiblit comme notre intelligence,
ce soleil qui se refroidit comme nos amours,
ces fleuves qui se glacent comme notre vie ont des rapports secrets avec nos destinées (Mémoires d’outre tombe, Chateaubriand)

La joie que nous portons en nous, differente certes d’une personne à l’autre:
Ce bizarre mélange d’adoration de la vie, d’enthousiasmes, d’intérêt passionné pour tout, d’énergie, d’exubérance, de rire et de brusques orages destructeurs me déconcerte.
Me déconcerte, pas vous? car certainement vous avez à l’esprit une personne qui rappelle ce qu’Anais Nin évoque en Henry Miller.

Y’a de la joie c’est normal c’est l’été, qui mieux que Charles Trenet pour la chanter.