Les gilets racistes ou que reste-t’il des gilets jaunes ?

21 février 2019

Du mouvement sympathique et justifié des gilets jaunes du depart il y a plus de 3 mois, il ne reste aujourd’hui qu’un mouvement désorganisé, sans leadership et sans direction pour l’avenir.
Des opposants violents au régime se sont intégrés à la popularité des manifestations afin de renforcer leur position. Ce sont des extremistes – islamo-gauchistes ou salafistes de droite, – violents, racistes, antisemites.
Des gilets jaunes nous voilá aux gilets racistes et antisemites. Terrible !

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Quoi de neuf pour 2019

25 décembre 2018

L’année 2018 prend fin, 2018 c’est les illusions perdues, le monde que nous avons connu est en train de s’effondrer, pas dans quelques années, mais maintenant.
La disparition de 2 géants du XXe siécle, Philip Roth en littérature et Charles Aznavour pour la chanson, tous deux décédés cette année à 85 et 95 ans en sont le symbole.
Nous pensions qu’à l’ère digitale la transparence régnerait, mais les Fakenews l’emportent. On ne peut plus croire personne, tout ou presque peut être faux, truqué, manipulé: infos, statistiques, médicaments, résultats de recherches, qualité de l’air et pollutions, bref tout ce qui faisait notre qualité de vie.

2018 c’est, en résumé, cette photo avec tous ces « impuissants » face à Trump, l’année des migrants ou « nouveaux envahisseurs », la misére des « oubliés » de la mondialisation qui ont donné naissance aux Gilets Jaunes et aux politiques populistes à travers le monde et ce en réaction au liberalisme sauvage et au totalitarisme des GAFA.

Quoi donc de neuf pour 2019 ?
La crise de 2008 n’a jamais pris fin et continue d’exister, le système bancaire est en danger, les actions des banques mondiales sont sur le point de s’effondrer, nous sommes à la veille d’une récession mondiale.

Nous avons toujours vécu sur un modèle selon lequel le gouvernement était le problème et le secteur privé la solution, et aujourd’hui ce modèle a été inversé. Des lors, -je me répète- nous sommes dans un monde en mutation et tout l’ordre socio-économique que nous avons connu va s’effondrer, pas dans quinze ou vingt ans, mais maintenant.

Si vous voulez imaginer ce que sera l’année 2019, la voici résumée en une photo:
2018 c’est ce pont de Genes qui s’est effondré aprés 37 ans de négligence, c’est la fin du monde que nous avons connu.
2019 c’est ce camion qui file sur le pont, freinera t-il à temps devant l’abime ? Je l’espère mais même à supposer qu’il réussisse, il n’y a pas de marche arrière, il faudra reconstruire un nouveau pont, un nouveau systéme socio-économique.

Je sais, je suis plutot pessimiste pour une veille de nouvel an, mais je ne suis pas prophète et je peux me tromper, mais si ce scénario ne se réalisera pas en 2019 ce ne sera que parti remise pour 2020 ou 21.
Le monde est en ébullition, nous entrons dans une zone de turbulence.
Cela ne doit pas nous empêcher de trinquer un bon champagne pour 2019. Bonne année! Demain ? nous verrons …… Dieu GAFA est grand.


La photo du jour: les Gilets Jaunes de Tel Aviv

14 décembre 2018

Meme combat international contre la cherté de la vie, aprés Paris, cette fois à Tel Aviv, le prochain à …….

New-York

« Les gens voudraient cantonner le mouvement à la France, mais cela ne concerne pas que la France, cela concerne le monde entier »


Comprendre le phénoméne Gilets Jaunes

3 décembre 2018

 
Pour mieux comprendre le phénoméne Gilets Jaunes, il vaut mieux quitter l’hexagone et voir comment outre-mer il est perçu. Un article du Gardian https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/dec/02/france-is-deeply-fractured-gilets-jeunes-just-a-symptom l’analyse avec précision, en voiçi la traduction.

La France est profondément fracturée. Les Gilets jaunes ne sont qu’un symptôme

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Dés les années 1980, il était clair qu’il fallait payer un prix pour que les sociétés occidentales s’adaptent à un nouveau modèle économique et ce prix sacrifiait la classe ouvrière européenne et américaine. Personne ne pensait que les retombées toucheraient également le soubassement de la classe moyenne inférieure. Cependant, il est maintenant évident que le nouveau modèle a non seulement affaibli les franges du prolétariat, mais également la société dans son ensemble.

Le paradoxe est que cela ne résulte pas de l’échec du modèle économique mondialisé, mais de son succès. Au cours des dernières décennies, l’économie française, à l’instar des économies européenne et américaine, a continué à créer de la richesse. Nous sommes donc en moyenne plus riches. Le problème est que le chômage, l’insécurité et la pauvreté ont également augmenté. La question centrale n’est donc pas de savoir si une économie mondialisée est efficiente, mais que faire de ce modèle lorsqu’il ne parvient pas à créer et à entretenir une société cohérente?

En France, comme dans tous les pays occidentaux, nous sommes passés en quelques décennies d’un système qui intègre économiquement, politiquement et culturellement la majorité à une société inégale qui, en créant de plus en plus de richesses, ne profite qu’aux personnes déjà riches.

Le changement ne réside pas dans un complot, une volonté de mettre de côté les pauvres, mais dans un modèle où l’emploi est de plus en plus polarisé. Cela vient avec une nouvelle géographie sociale: l’emploi et la richesse se sont de plus en plus concentrés dans les grandes villes. Les régions désindustrialisées, les zones rurales, les villes petites et moyennes sont de moins en moins dynamiques. Mais c’est dans ces endroits – dans la «France périphérique» (on pourrait aussi parler d’Amérique périphérique ou de Grande-Bretagne périphérique) que vivent beaucoup de gens de la classe ouvrière. Ainsi, pour la première fois, les «travailleurs» ne vivent plus dans des zones de création d’emplois, ce qui provoque un choc social et culturel.

C’est dans cette France que le mouvement Gilets Jaunes est né. C’est également dans ces régions périphériques que la vague populiste occidentale prend sa source. L’Amérique périphérique a amené Trump à la Maison Blanche. L’Italie périphérique – le mezzogiorno, les zones rurales et les petites villes industrielles du nord – est à l’origine de sa vague populiste. Cette protestation est menée par les classes qui, jadis, constituaient jadis le point de référence essentiel pour un monde politique et intellectuel qui les a oubliées

Donc, si la hausse du prix de l’essence a déclenché le mouvement des Gilets Jaunes, ce n’était pas la cause fondamentale. La colère est plus profonde, résultat d’une relégation économique et culturelle amorcée dans les années 80. Dans le même temps, des logiques économiques et foncières ont enfermé le monde des élites. Ce confinement n’est pas seulement géographique mais aussi intellectuel. Les métropoles mondialisées sont les nouvelles citadelles du XXIe siècle – riches et inégales, où même l’ancienne petite bourgeoisie n’a plus sa place. A leur place, les grandes villes globalisées travaillent sur une double dynamique: la gentrification et l’immigration. C’est le paradoxe: la société ouverte aboutit à un monde de plus en plus fermé à la majorité des travailleurs.

La fracture économique entre la France périphérique et les métropoles illustre la séparation d’une élite et de son arrière-pays populaire. Les élites occidentales ont progressivement oublié un peuple qu’elles ne voient plus. L’impact des Gilets Jaunes et leur soutien dans l’opinion publique (huit Français sur dix approuvent leurs actions) ont émerveillé les hommes politiques, les syndicats et les universitaires, comme s’ils avaient découvert une nouvelle tribu en Amazonie.

Rappelez-vous que le gilet jaune a pour objectif d’assurer la visibilité de son porteur sur la route. Et quelle que soit l’issue de ce conflit, les Gilets Jaunes ont gagné sur ce qui compte vraiment: la guerre de la représentation culturelle. Les gens de la classe ouvrière et de la classe moyenne sont à nouveau visibles et, à leurs côtés, les lieux où ils vivent.

Leur besoin en premier lieu doit être respecté et ne plus être considéré comme « déplorable ». Michael Sandel a raison lorsqu’il souligne l’incapacité des élites à prendre au sérieux les aspirations des plus pauvres. Ces aspirations sont simples: préserver leur capital social et culturel et leur travail. Pour que cela réussisse, nous devons mettre fin à la «sécession» des élites et adapter les offres politiques de gauche et de droite à leurs revendications. Cette révolution culturelle est un impératif démocratique et social. Aucun système ne peut subsister s’il n’intègre la majorité de ses citoyens les plus pauvres.

Christophe Guilluy


Stephen Harper sur la montée du populisme

29 novembre 2018

Un bon vent régne à Montreal, Stephen Harper qui avait disparu depuis belle lurette de la scéne politique nous revient avec un livre « Right Here, Right Now » (Ici, maintenant), et un interview télévisé.
Il y parle de populisme, des élites politiques, du niveau de vie et insatisfactions du peuple, d’immigration illégale et même des «gilets jaunes» mais aussi des médias au service de l’Etablishment et enfin du modéle Donald Trump.
 
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Ce livre que je n’ai pas encore lu jette un regard sévère sur les failles de la mondialisation et la tendance naturelle des élites politiques et économiques à en minimiser les répercussions sur la vie des gens ordinaires.

« Il est necessaire que les gouvernements soient à l’écoute des insatisfactions de leur population et qu’ils adaptent leurs politiques afin d’éviter des options extrêmes »

« Le populisme exprime des inquiétudes et des préoccupations bien réelles. Il est nécessaire de proposer des solutions réalistes.»

« Des politiques ont été réalisées de très mauvaise façon dans plusieurs pays depuis des années et donc l’insatisfaction des citoyens est légitime. Les politiciens se doivent d’écouter pour eviter le pire. »

L’élection de Donald Trump n’est pas un accident de parcours, même si sa victoire a surpris de nombreux observateurs aux quatre coins du monde. Il a su à sa manière donner une voix aux gens de la classe ouvrière qui ont perdu leur emploi à cause de la délocalisation des entreprises au profit de la Chine, qui ont vu leur salaire stagner pendant des années alors qu’on est venu à la rescousse des grands financiers de Wall Street après la crise financière de 2008, ou qui constatent que le Tout-Washington croise les bras alors que l’immigration illégale se poursuit sur le territoire américain.
Rappelons qu’au E.U, nous sommes aujourd’hui aprés 3 décennies de stagnation, de baisse du niveau de vie et d’immigration illégale.

«Il est possible que Trump échoue, mais le phénomène qui a créé Donald Trump va rester avec nous jusqu’à ce que la classe politique réponde aux préoccupations de la population»

Stephen Harper constate qu’un spectre politique élitisme-populisme extrême s’installe dans certains pays, dont la France. Le mouvement des «gilets jaunes» en est l’exemple le plus récent.
Le président français représente l’élite libérale. Il propose une taxe sur le carbone massive sur la population qui n’est pas réaliste. « Un chef responsable doit évidemment reconnaître que l’environnement est une priorité, mais ça ne doit pas avoir de conséquences sur le niveau de vie des travailleurs.»

Un bon nationalisme fait partie d’une société normale. Évidemment, l’extrême est dangereux, mais n’importe quelle idéologie extrême est dangereuse. Il faut une dose de nationalisme pour huiler les sentiments d’appartenance.

Dans le passé les médias étaient des opposants de l’Etablishment, aujourd’hui les médias sont l’Etablishment et veulent faire la morale aux gens.

Stephen Harper tient à lancer cette mise en garde aux dirigeants politiques : s’ils ignorent les maux qui empoisonnent la vie des travailleurs en les balayant sous le tapis, par exemple, ou en les ridiculisant, ils le feront à leurs risques et périls et alimenteront le populisme au détriment de la stabilité politique et économique de leur pays.

«Ce populisme et cette rupture politique que l’on voit vont continuer tant et aussi longtemps qu’on ne s’attaquera pas aux problèmes et aux inquiétudes des populistes. On ne peut pas prétendre que ces inquiétudes sont imaginaires. La réalité, c’est que les gains pour les familles ordinaires et les travailleurs dans plusieurs pays ne sont pas au rendez-vous »

Nous sommes en période de turbulence politique. Il faut consulter le peuple. Avec Stephen Harper l’espoir renait, mais combien de Stephen Harper y a t-il aujourd’hui sur l’échiquier politique mondial ?