Le très attendu prix Nobel de littérature 2016 sera attribué à ….un israélien

11 octobre 2016

stockholm
Le très attendu prix Nobel de littérature 2016 sera attribué le jeudi 13 octobre et non aujourd »hui comme prévu.

Un retard non habituel et non prévu chez les suèdois trés ponctuel généralement.

Conclusion: le prix sera attribué à un ècrivain israelien Amos Oz ou David Grossman.

Pourquoi ? tout simplement en ce moment tout est dèjá clos en Israel  en cette veille de Kippour, pas de journaux, pas de télé, pas de médias, silence radio …. donc impossible de contacter l’heureux gagnant laique lui. Mercredi c’est Kippour donc on remet le tout à jeudi.

Felicitations donc à David Grossman ou peut-être Amos Oz.

PS:Erreur, l’erreur est humaine mais je n’arrive pas à comprendre comment on peut attribuer un nobel de litterature à un chanteur, Bob Dylan.
Pourquoi n’avoir pas créé un nobel de musique ?


Il n’y a pas de solution militaire, par David Grossman

17 août 2014

Il n’y a pas de solution militaire.
Il n’y a pas de photos de victoire dans cette guerre, d’aucun côté. Il n’y a pas de photos de victoire, il n’y a que des images de destruction de morts et de souffrances que l’on ne peut décrire. 
Chaque image de cette bataille abjecte est en fait l’image d’une défaite profonde des deux nations, qui après cent ans de conflit ne sont en mesure de parler avec l’autre presque uniquement que dans le language de la violence. 
Dans ces  circonstances et dans les limites actuelles, les limites de la force, les limites morales, et les limites de la pression internationale,il n’y a pas de solution militaire au conflit entre Israël et le Hamas.

Il n’y a pas de solution militaire qui mettra terme aux souffrances des habitants du sud du pays et aux terribles angoisses qu’ils vivent, et il n’y a pas de solution militaire à la détresse des Palestiniens dans la bande de Gaza.
En d’autres termes: tant que que ce ne sera pas résolu la sensation d’étouffement des habitants de Gaza, nous aussi en Israël nous ne seront pas en mesure de soulager notre respiration, nous ne pourrons pas respirer par nos deux poumons.

Donc, dans le cadre de la négociation qui reprendront demain déjà au Caire et après qu’Israël insistera, comme il se doit, sur ses besoins sécuritaires  essentiels afin que les résidents de Sderot et Nahal Oz puissent vivre en paix et en securité  et après qu’Israël exigera du Hamas de s’engager à cesser les actions de guerre contre elle et des préparatifs de guerre pour l’avenir, Israël doit faire aux Palestiniens dans la bande de Gaza des offres significatives et généreuses. Pas un accord limité et local avec un cessez le feu mais une offre généreuse d’un changement entre les belligerents.
Un grand programme généreux avec de réelles offres pour l’amélioration de vie des résidents de la bande de Gaza, et ce, pour faire revivre en eux l’espoir d’un avenir meilleur et conférer à leurs sentiments le respect de soi et le respect humain.

Si aujourd’hui les habitants de Gaza sont momentanément des ennemis, ils seront pour toujours nos voisins et cela a une importance capitale car leur chute n’est pas forcement notre victoire et leur bien est finalement notre bien.

Immédiatement après que le cessez-le-feu sera stabilisé, Israël et l’Autorité palestinienne, qui est représenté par le gouvernement palestinien d’union nationale élaboreront des conversations directes pour apporter la paix entre les deux nations.

Cela doit se faire sans hésitations, sans mais, sans peut-être, une déclaration d’intentions claire et transversale des deux côtés, israélien et palestinien. Si Israël ne le fait pas, il y aura donc une explication unique: qu’Israël préfère la certitude des guerres aux risques des concessions de la paix. Et nous saurons également que le dirigeant d’Israel aujourd’hui n’est pas disposé à suivre le chemin de la paix parce qu’il craint d’en payer le prix, principalement du retrait de Cisjordanie et le prix de l’évacuation des colonies.

Les problèmes sociaux, la rancoeur due à la pauvreté, le racisme, la corruption des politiques … sont les tunnels qui sont en train de miner la fragile démocratie israélienne, risquant de transformer en un temps très court, plus court qu’on ne l’imagine, un pays avancé tourné vers l’avenir en une secte extrémiste, militante, détestant les étrangers et refermée sur elle même.

PS[1]: tiré du discours de David Grossman sur la place Rabin le 16 aout 2014
PS[2]: désolé pour ma traduction un peu boiteuse, mais ici ce qui compte c’est l’idée de paix en pleine guerre
PS[3] Ecouter son discours en hébreu sur le site Ynet
http://www.ynet.co.il/articles/0,7340,L-4559271,00.html


Une femme fuyant l’annonce

21 janvier 2013

J’ai lu ce roman magnifique de 800 pages avec la crainte d’une mauvaise annonce, d’une tragedie qui se produirait à coup sur. Ce n’est pas le cas dans le roman, cela l’a étè malheureusement dans la réalitè de l’auteur David Grossman qui a perdu son fils Uri au sud-Liban. Comme il le dit:
« Apres la semaine de deuil, je me suis remis á ecrire. Le roman était presque achevé. Ce qui a changé surtout c’est l’echo de la realité dans lequel la version finale a vu le jour. »

« Ce livre est d’une force et d’une intensité extraordinaires, c’est LE chef-d’oeuvre de David Grossman » en dit Paul Auster, c’est vrai et j’ai retrouvé les ecrivains du XIXeme siécle, tout est décrit dans le moindre détail et c’est ce qui nous fait ressentir et nous associer aux sensations, impréssions et sentiments d’Ora.
Ora la mere dans le roman n’est finalement que le reflet des craintes du pere David Grossman dans la vie. Elle, a fui a pied dans la nature, lui a fui dans l’ecriture.

Au dela, le fait qu’Ora ait tiré au sort sans le savoir qui de ses 2 amis rentrerait en permission de l’armée et que le second se retrouverait en plein dans la guerre de Kippour, prisonnier et mutilé . Ce tirage au sort a quelque chose de tragique qui marquera a jamais les 3 personnages Ora, Avram et Illan, et dans leurs relations futures de chacun par rapport aux deux autres. 

Une femme fuyant l’annonce, prix medicis etranger 2011, un livre qu’il faut absolument lire pour retrouver gout aux romans du detail et de l’intensité des sensations et emotions humaines.
« C’est decidé. Elle doit obeir á la voix qui lui ordonne de partir, sans délai, à la minute. Elle ne doit pas rester içi. Curieusement, obscurément, cette voix semble ètre son instinct maternel, qu’elle pensait émoussé et dont elle avait fortement douté ces derniers temps »

Une femme fuyant l’annonce c’est finalement la situation de toute mère de soldat en Israel.

« Les milliers d’instants, d’heures, de jours, les millions de gestes, les innombrables actes, tentatives, erreurs, paroles et pensées, qui constituent un être unique au monde. »

PS: Tres bonne traduction de Sylvie Cohen, je lui ferais remarquer que Har Adar est un village et non le Mont Adar traduction litterale


La jalousie expliquée par David Grossman

10 juin 2009

Un petit événement dans la vie de tous les jours m’amène a parler d’un sujet qui est et sera toujours d’actualité: la jalousie et je ne veux pas me limiter à la jalousie amoureuse mais plus à l’état de jalousie.

Un site internet que j’ai construit pour une société est suivi le jour même de sa mise en ligne, par une partielle destruction par une employée de la dite société. Par hasard ou par intention ? mais me voila devant ce problème, ce défaut, ce péché capital que l’on nomme Jalousie.

La jalousie est definie comme une peine et irritation éprouvées par le désir de possession de biens (matériels ou immatériels) que d’autres détiennent; désir pour soi, du bien ou du bonheur d’autrui.

J’ai été marqué par les paroles de l’écrivain philosophe israélien David Grossman lues il y a quelques années ,les voici:

Je suis fascine par la jalousie, car c’est un sentiment devorant, mais très créatif: Sous son empire, l’être le plus rationel devient un volcan de fantasmes et se fait dramaturge, romancier, poète.
Le plus petit détail se révèle une source intarissable d’inspiration et de tourment.
Quand on est jaloux, on imagine les ébats des autres personnes comme incomparablement tendres, excitants, audacieux, puisqu’ils sont susceptibles de faire tout ce dont on rêve, et leur amour est forcement rayonnant, passionné, plus grand que nature.
Etre jaloux, c’est inventer un paradis dont on s’exclut soi-meme, s’imposer un exil.
Cela relève d’un processus d’autodestruction qui s’applique aux nations autant qu’aux individus.
D’ou vient ce besoin d’humiliation, de cruauté envers soi-même?