« L’amie prodigieuse » d’ Helena Ferrante, enfin un roman gai.

« L’amie prodigieuse » d’ Helena Ferrante est avant tout un roman gai, sur la joie de vivre l’instant présent des enfants.

L’histoire se passe dans un quartier pauvre de Naples mais pas trop different des quartiers moyens où nous avons grandi que ce soit à Casablanca, Marseille ou Madrid dans les annèes 50 du siècle dernier. L’ambiance du quartier, des voisins, des cousins et amis était identique à celle décrite par l’auteure.

Peut être est-ce par nostalgie, peut être parce qu’il nous raméne à une époque pas si lointaine il y a soixante ans où nos jouets se résumaient à des « cailloux, bouchons de limonade, petites fleurs, éclats de verres et clous « , et qu’ « en ce temps-là, tout était beau et inquiétant« , que ce roman nous captive.

 » Notre monde était ainsi, plein de mots qui tuaient; le croup, le tétanos, le typhus, le gaz, la guerre, la toupie, les décombres, le travail, le bombardement, la bombe, la tuberculose, la suppuration.
Je fais remonter les nombreuses peurs qui m’ont accompagnée toute ma vie à ces mots et à ces années-là. »

Je ne suis pas nostalgique de notre enfance: elle était pleine de violence.
Mais je ne crois pas avoir jamais pensé que la vie qui nous était échue fut particulièrement mauvaise.
C’était la vie, un point c’est tout: et nous grandissions avec l’obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.

Difficile la vie, mais gaie, bouillante et bruyante  avec ses femmes, ses hommes et ses coutumes de l’époque.
« La maman offrit à la maitresse deux sachets en papier, l’un contenant du sucre et l’autre du café. »

Mères et grand-mères:
« Elles étaient plus contaminées que les hommes dans le sens où, si ces derniers passaient leur temps à se mettre en colère, ils finissaient toujours par se calmer, tandis que les femmes, en apparence silencieuses et accomodantes, lorsqu’elles s’énervaient, allaient jusqu’au bour de leur furie et ne connaissaient plus de limites. »

Un homme en avance sur son époque:
‘Il passait son temps à réparer une chose ou une autre à la maison, allait faire les courses ou promenait le dernier-né en poussette. Autant d’activités aberrantes dans notre quartier.Tous les hommes du quartier, mon père en tête, pensaient que c’était un homme qui aimait faire la femme.« 

 

lamie prodigieuse

La narratrice évoque son probléme majeur:

« Le problème c’était ma mère, avec elle ça se passait toujours mal. J’avais à peine plus de six ans mais j’avais déja l’impression qu’elle faisait tout pour me faire comprendre que dans sa vie, j’étais de trop. Je ne lui plaisais pas et elle ne me plaisait pas non plus. »

« La proff me motivait par toutes sortes de paroles encourageantes renforçant ainsi mon désir de bien faire. C’était tout le contraire de ma mère: à la maison, elle m’abreuvait tellement de reproches, et parfois d’insultes, que je n’avais qu’une envie, celle de me recroqueviller dans un coin obscuren espérant qu’elle ne me trouverait jamais plus. »

Mais la vedette du roman, c’est l’amie d’enfance Lila, un drole de numéro, une dure à cuire, une vraie napolitaine!

« Lila était méchante: ça, dans qq recoin secret tout au fond de moi, le continuais de le penser »

« Chacun de ses mouvements signifait aux autres que lui faire mal ne servirait à rien parce que quoi qu’il arrive, elle trouverait toujours le moyen de leur en faire davantage. »

« Elle savait comment passer les limites sans jamais vraiment en subir les consequences. »

Simplement écrit, mais avec optimisme, l’optimisme des années 50-60 lorsque le futur était plus prometteur que le présent. Il est vrai que je me suis un peu perdu avec tous les amis en O, Rino, Stephano, Antonio, Nino, Enzo et Marcello mais au final un roman gai comme on ne trouve plus beaucoup aujourd’hui, une ambiance et de l’humour.

La proff de Lina, Mme Oliviero en tombant de l’estrade en la menaçant puis en trébuchant est restée K.O, j’ai bien ri, car dans mon propre lycée en 1964 un proff a poursuivi en courant mon copain Marius devant le lycée de la rue Franklin, resultat le proff s’est cassé la jambe et a du la platrer. C’était la panique parmi nous les lycéens, mais il ne se passa rien, Maruis a continué à frequenter le lycée, le proff a certainement cessé de menacer et vouloir punir les eléves. Ainsi va la vie! Belle époque et jeunesse des années 60.

L’amie prodigieuse est un formidable voyage dans Naples et l’Italie des années 60 mais aussi et grâce à ce livre un voyage dans la ville de notre jeunesse, chacun la sienne, pour moi ce fut Casablanca, l’école du Centre et la place de Verdun.
Il parait qu’un deuxiéme tome sur l’amie prodigieuse vient de sortir en librairie, à suivre donc ….

Note: 7/10 sur l’échelle RG

 

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