Un oiseau blanc dans le blizzard de Laura Kasischke

Je suis toujours lecteur prenant quand il s’agit des romans de Laura K, j’ai donc lu en e-book ‘Un oiseau blanc dans le blizzard’, drole de titre mais il s’agit de son deuxième roman écrit au siécle dernier (1998) et il ressemble en bien des points au futur et chef d’oeuvre « Esprit d’hiver ».

Ce qui est marquant içi c’est la relation mère-fille analysée par la fille adolescente puisque la mére a disparue.

« Personne ne la voit s’en aller, mais elle est bel et bien partie. »
« Tu as l’air de ce que j’étais quand j’étais toi. »

La jalousie et l’amour d’une mère se juxtaposent.

« Ma mère était toujours au centre de sa propre agitation, comme si, au loin, une partie d’elle même était poursuivi sur un chemin de terre, par un essaim d’abeilles. »

« Elle était tellement méchante. Un cas très classique de ressentiment et d’ambivalence, qui vient cogner et frotter contre l’instinc maternel. L’amour et la haine, en elle, étaient aussi vastes que l’espace – rien que des météorites, pas d’atmosphère. »

« Et pourtant, chaque après-midi, ma mère. – prévisible, fiable- venait m’attendre. Et le matin, quant elle me lachait devant l’école, elle me serrait dans ses bras, elle m’embrassait les cheveux 2 ou 3 fois, puis la joue et le haut de mon crâne.
« A tout à l’heure, aprés l’école » disait-elle, en me regardant avec douceur, comme une chanson triste que l’on a entendue tant de fois à la radio que l’on n’en perçoit plus la tristesse. »

« Je lui ai parlé (nb: à la psychologue) de la nuit où ma mère est entrée dans ma chambre et a tiré violemment les draps et la couverture dans lesquels je dormais, pour me demander si je baisais avec Phil, elle m’avait ensuite traitée de putain en ajoutant que j’étais trop grosse et trop moche pour plaire à un garçon comme ça. »

Mais quelle mère peut faire une chose pareille ? répond la psychanaliste.

Il n’empêche que c’était mon premier rendez vous et que j’étais sa fille unique, son double plus jeune, tout ce qu’elle avait, tout ce qu’elle avait jamais eu, et qu’elle aurait jamais, j’étais toute sa vie qui se poursuivait sans elle ….
Deja, elle commencait à s’évanouir et à disparaitre.

Je portais peut-être sa jeunesse comme une echarpe aérienne, comme un accessoire, tout en éclats nerveux et en perles collantes, et c’est peut etre pour cela qu’elle passait autant de temps à me regarder avec cette expression mélancolique dans les yeux.
Je portais qq chose qui lui appartenait, qq chose qu’elle voulait récupérer. C’était écrit partout sur son visage.

Relation mére-fille, sujet connu et souvent classique mais içi et avec Laura Kasischke il est poussé à l’extreme puisque la mére lui piquera son petit copain.
Comme elle le dit si bien « En une tentative d’exprimer comment on vit tous, à la merci du hasard, des accidents de nos propres pulsions et de l’aléatoire de nos désirs individuels. »

Un fascinant roman et un talent incroyable et je n’évoquerai pas içi le denouement du roman, ça c’est une autre histoire, du Hitchcock !

Note 8/10 sur l’echelle RG 

 

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