Lectures d’été, avec Pastorale américaine de Philip Roth.

J’ai eu du mal, du déplaisir à lire Pastorale américaine de Philip Roth, j’ai eu beaucoup de mal pour en arriver au bout sans le balancer en plein milieu.
J’ai aussi beaucoup de mal à critiquer Philip Roth, un de mes auteurs préférés après Albert Camus, comme j’ai beaucoup de mal pour comprendre qu’on ne lui ait pas encore attribué le nobel de littérature, mais désolé, je n’ai guère apprécié ce roman, trop long(580 pages!), avec ses répétitions et les analyses d’un personnages (le suédois ) sous différents angles (son père, sa femme, son frère, son voisin, son….. et principalement sa fille une poseuse de bombes) bien que ce roman propose une réflexion ambiguë sur la nature humaine instable et le caractère provisoire de toute vérité. Il y a le Roth philosophe, analytique mais aussi le Roth romancier à outrance.
En gros on perd l’intérêt et le fil de l’histoire par moment.
Mais qui suis-je pour critiquer notre futur nobel. Je n’ai pas aimé , un point c’est tout. Et puis comme le dit si bien Roth: ‘le fait est que comprendre les autres n’est pas la règle, dans la vie’.

On lutte contre sa propre superficialité, son manque de profondeur, pour essayer d’arriver devant autrui sans attente irréaliste, sans cargaison de préjugés, d’espoirs, d’arrogance; on ne veut pas faire le tank, on laisse son canon, ses mitrailleuses et son blindage; on arrive devant autrui sans le menacer, on marche pieds nus sur ses dix orteils au lieu d’écraser la pelouse sous ses chenilles; on arrive l’esprit ouvert, pour l’aborder d’égal à égal, d’homme à homme comme on disait jadis. Et, avec tout ça, on se trompe à tous les coups. Comme si on n’avait pas plus de cervelle qu’un tank. On se trompe avant même avant même de rencontrer les gens, quand on imagine la rencontre avec eux; on se trompe quand on est avec eux; et puis quand on rentre chez soi, et qu’on raconte la rencontre à quelqu’un d’autre, on se trompe de nouveau. Or, comme la réciproque est généralement vraie, personne n’y voit que du feu, ce n’est qu’illusion, malentendu qui confine à la farce. Pourtant, comment s’y prendre dans cette affaire si importante- les autres- qui se vide de toute la signification que nous lui supposons et sombre dans le ridicule, tant nous sommes mal équipés pour nous représenter le fonctionnement intérieur d’autrui et ses mobiles cachés? Est-ce qu’il faut pour autant que chacun s’en aille de son côté , s’enferme dans sa tour d’ivoire , isolée de tout bruit, comme les écrivains solitaires, et fasse naître les gens à partir de mots, pour postuler ensuite que ces êtres de mots sont plus vrais que les vrais, que nous massacrons tous les jours par notre ignorance? Le fait est que comprendre les autres n’est pas la règle, dans la vie. L’histoire de la vie, c’est de se tromper sur leur compte, encore et encore, encore et toujours, avec acharnement et, après y avoir bien réfléchi, se tromper à nouveau. C’est même comme ça qu’on sait qu’on est vivant: on se trompe. Peut être que le mieux serait de renoncer à avoir tort ou raison sur autrui, et continuer, rien que pour la balade. Mais si vous y arrivez, vous.. alors vous avez de la chance.

Puisqu’il s’agit de ma serie de lectures d’été (2014) et que je ne peux promouvoir Philip Roth alors autant promouvoir cette association new-yorkaise qui prône la lecture seins-nus sur les pelouses de Central Park. Attention c’est réservé aux femmes, pas la lecture, les seins ! et c’est légal à New York. Bonne lecture!

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