Le centenaire d’Albert Camus, le mythe de Sisyphe ou le traité sur l’absurde (2)

100 ans, 100 ans deja, 100 ans c’est l’âge qu’aurait pu avoir faute d’un absurde accident d’auto, ce maître, ce génie, tous les qualificatifs sont insignifiants face à la valeur universelle du maitre Albert Camus.
Pour ce centenaire je me suis remis à relire Camus, pour mieux comprendre aussi pourquoi très jeune au lycee je me suis identifié à ses idées, ces idées ne m’ont d’ailleurs jamais lâché et inconsciemment ou pas l’absurde de la vie me colle et ne me quitte pas.
La meilleure analyse sur la philosophie de Camus se trouve dans le Lagarde & Michard, encore la preuve que nos manuels scolaires de l’époque avaient une force qui nous a étè communiqué par nos professeurs de francais et de philosophie.
En lisant Lagarde & Michard je n’ai rien à ajouter, tout est dit, tout est bien dit.


Mais je reviens à Camus et quelques citations relevées dans son traité sur l’absurde Le sens de la vie est la plus pressante des questions.

Un monde qu’on peut expliquer même avec des mauvaises raisons est un monde familier. Mais au contraire, dans un univers soudain privé d’illusions et de lumières, l’homme se sent un étranger. Cet exil est sans recours puisqu’il est privé des souvenirs d’une patrie perdue ou de l’espoir d’une terre promise.

Il est toujours aisé d’être logique. Il est presque impossible d’être logique jusqu’au bout.

Il est probablement vrai qu’un homme nous demeure à jamais inconnu et qu’il y a en lui quelque chose d’irréductible qui nous échappe.

Je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse. Mais je sais que je ne connais pas ce sens et qu’il m’est impossible pour le moment de le connaitre.

Il s’agissait précédemment de savoir si la vie devait avoir un sens pour être vecue. Il apparait ici au contraire qu’elle sera d’autant mieux vécue qu’elle n’aura pas de sens.

Je comprends alors pourquoi les doctrines qui m’expliquent tout m’affaiblissent en même temps. Elles me déchargent du poids de ma propre vie et il faut bien pourtant que je le porte seul.

Savoir si l’homme est libre commande qu’on sache s’il peut avoir un maitre. …. Car devant Dieu, il y a moins un problème de la liberté qu’un problème du mal.
On connait l’alternative: ou nous ne sommes pas libres et Dieu tout-puissant est responsable du mal. Ou nous sommes libres et responsables mais Dieu n’est pas tout puissant.

Je tire ainsi de l’absurde trois conséquences qui sont ma révolte, ma liberté et ma passion.

Mais il n’y a qu’un monde. Le bonheur et l’absurde sont deux fils de la même terre.


Vivons, vivons l’absurde mais soyons heureux autant que possible. Merci Camus, ta philosophie est toujours d’actualité même si le monde a énormément changé depuis que tu nous a quitté.

PS: la lecture de l’essai sur l’absurde demande un effort intellectuel et de concentration, donc pour les esprits zen ou pressés ou stressés du XXIieme siecle, il suffit de lire le chapitre se référant à Sisyphe uniquement, tout y est dit.

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