Derrière la vitre, Robert Merle

L’avantage chez mon bouquiniste de Jérusalem c’est de trouver des bouquins intéressants sortis du système des librairies, et souvent de bons bouquins. C’est le cas de Derrière la vitre de Robert Merle

Robert Merle s’est servi de son expérience d’enseignant à la faculté de lettres de Nanterre pour tirer la matière de Derrière la vitre.
Ce roman  mêle personnages fictifs et réels (les étudiants Cohn-Bendit, Tarnero, Duteuil ou Langlade, le doyen Grappin….) et aborde aussi bien les préoccupations de la jeunesse (identité, sexualité, autonomie), que la politisation des étudiants et les luttes entre les différentes sensibilités (anarchistes, maoïstes, communistes, situationnistes) ou encore le sort des immigrés: c’est un avant Mai 68 que j’avais  suivi au lycée à Strasbourg et que j’avais essayé de comprendre et de m’identifier aux étudiants de la fac.
Cette description précise de Robert Merle est une étude sociologique d’un état d’esprit d’avant mai 68, professeurs, assistants, étudiants et étudiantes en mini jupe en quête de libération sexuelle à  la recherche d’autre chose qu’ils ne comprenaient pas toujours . Il n’y avait que les chefs comme Cohn Bendit pour bien comprendre et forcement diriger le mouvement.
Un livre aujourd’hui de nostalgie d’une période magnifique etd’une liberté qui ne sera plus, aujourd’hui comble d’ironie les étudiants ont moins de libertes que ceux de mai 1968!!

Vous contestez et votre contestation est aussitôt récupérée par le régime. La stratégie du capitalisme libéral consiste à capitaliser la violence des opposants pour effrayer les classes moyennes et se consolider au pouvoir par la peur.

Le nazisme liquide les opposants, tandis que le capitalisme libéral les neutralise. La grande force du libéralisme justement, c’est ça, c’est sa mollesse .

Au delà du roman, Robert Merle est un sociologue , ce qu’il écrivait en 68 est encore plus vrai aujourd’hui, sur le ‘JE’, la ‘société de consommation’ et la ‘jeunesse’

Des que je dis « je », le mensonge n’est pas loin.
Des qu’on se raconte, on interprètre.
Des qu’on se confesse, on fabule.

Dans une société industrielle, où il s’agit de vendre plus pour multiplier les profit, une publicité obsessionnelle inculque au public une faim insatiable de nouveautés. Par contagion, par habitude d’esprit, parce que nous baignons dans cette mystique de la consommation, la soif de gadgets inédits gagne de proche en proche des domaines qui, comme l’art ou la littérature, se situent pourtant, dans une large mesure, en dehors du progrès technique. La mode alors, apparaît d’autant plus tyranique et sacrée qu’elle est plus arbritraire

Et surtout l’enthousiasme, l’élan, la foi naive que la mort était encore très loin.

Note: 5 sur l’echelle GR (1 à 10)
PS: seulement 5 car on se perd avec le grand nombre de personnages de ces 24 heures d’étude.

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