Une femme fuyant l’annonce

J’ai lu ce roman magnifique de 800 pages avec la crainte d’une mauvaise annonce, d’une tragedie qui se produirait à coup sur. Ce n’est pas le cas dans le roman, cela l’a étè malheureusement dans la réalitè de l’auteur David Grossman qui a perdu son fils Uri au sud-Liban. Comme il le dit:
« Apres la semaine de deuil, je me suis remis á ecrire. Le roman était presque achevé. Ce qui a changé surtout c’est l’echo de la realité dans lequel la version finale a vu le jour. »

« Ce livre est d’une force et d’une intensité extraordinaires, c’est LE chef-d’oeuvre de David Grossman » en dit Paul Auster, c’est vrai et j’ai retrouvé les ecrivains du XIXeme siécle, tout est décrit dans le moindre détail et c’est ce qui nous fait ressentir et nous associer aux sensations, impréssions et sentiments d’Ora.
Ora la mere dans le roman n’est finalement que le reflet des craintes du pere David Grossman dans la vie. Elle, a fui a pied dans la nature, lui a fui dans l’ecriture.

Au dela, le fait qu’Ora ait tiré au sort sans le savoir qui de ses 2 amis rentrerait en permission de l’armée et que le second se retrouverait en plein dans la guerre de Kippour, prisonnier et mutilé . Ce tirage au sort a quelque chose de tragique qui marquera a jamais les 3 personnages Ora, Avram et Illan, et dans leurs relations futures de chacun par rapport aux deux autres. 

Une femme fuyant l’annonce, prix medicis etranger 2011, un livre qu’il faut absolument lire pour retrouver gout aux romans du detail et de l’intensité des sensations et emotions humaines.
« C’est decidé. Elle doit obeir á la voix qui lui ordonne de partir, sans délai, à la minute. Elle ne doit pas rester içi. Curieusement, obscurément, cette voix semble ètre son instinct maternel, qu’elle pensait émoussé et dont elle avait fortement douté ces derniers temps »

Une femme fuyant l’annonce c’est finalement la situation de toute mère de soldat en Israel.

« Les milliers d’instants, d’heures, de jours, les millions de gestes, les innombrables actes, tentatives, erreurs, paroles et pensées, qui constituent un être unique au monde. »

PS: Tres bonne traduction de Sylvie Cohen, je lui ferais remarquer que Har Adar est un village et non le Mont Adar traduction litterale

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