le chat du rabbin vu par un rabbin

Voici ce qu’un rabbin Marc-Alain Ouaknin dit sur le film « le chat du rabbin ».
Quelques extraits très instructifs, philosophiques sur la Vie, la Vérité, la conscience, l’homme et ses contradictions.

Le Chat du rabbin ce sont les fables de La Fontaine revisitées, un retour dans l’Algérie des années 30 avant l’indépendance, et le traumatisme de l’«Exode» des années 60 trop souvent passé sous silence, le soleil et la mer, les croyances populaires et la philosophie, la cohabitation des juifs, des chrétiens et des arabes, l’amour, le désir, l’érotisme, et une grande leçon de tolérance. Non seulement la tolérance par supériorité et condescendance, mais la tolérance de la tolérance, la compréhension de l’autre par l’écoute humble et vraie de son histoire, de son imaginaire, de ses récits et de son identité. Ce terme d’identité, à ne justement pas entendre comme le fait que tous soient identiques, mais que tous aient le droit à la différence. Ni exotisme, exclusion ou rejet, mais altérité qui rend la vie colorée et l’esprit curieux.

Ce que font éclater les personnages du chat, du perroquet, de la belle Zlabya et de ses prétendants, du cheikh et du rabbin, des peintres, des musiciens, du lion, de l’âne et de Dieu, c’est la notion de Vérité. Ils la mettent en morceaux, ils en soulignent le danger et le leurre, sa manipulation et son utilisation idéologique. Mais au lieu de produire un discours philosophique et critique sur cette question mille fois énoncée et mille fois oubliée, c’est un récit mis en images qui est proposé, un récit qui questionne d’emblée l’image elle-même, qui interroge la représentation et son pseudo interdit. Un récit où la métaphysique est lecture, interprétation, désir, érotisme, et non seulement lois, rites et spiritualité méditative.

On s’attache à ce chat qui pousse les humains dans leurs contradictions, sans méchanceté, sans perversité, un chat toujours en situation, d’où sa crédibilité, un chat qui sait nous faire réfléchir sans superficialité à l’amour, l’égoïsme, la trahison, la violence, la transgression et les conflits toujours latent entre les générations et les différentes cultures.

Le chat est la conscience critique que chacun porte en soi. «On a tous quelque chose en nous d’un chat du rabbin», un chat qui parfois se tait par ignorance ou par manque de courage, par prudence ou par respect des anciens, jusqu’au jour où l’on s’aperçoit que les anciens peuvent, certes être sages et savants, mais somme toute qu’ils sont humains comme nous, fragiles, avec leurs peurs, leurs désirs, leurs frustrations, leur bêtise et leurs colères. Qu’ils peuvent aussi être prisonniers de leur propre idéologie et devenir de simples perroquets de la tradition, sans innovation, sans confrontation à la modernité, aux changements sociaux, technologiques, philosophiques et politiques. Ce jour là, notre chat intérieur s’éveille, prend son courage à deux pattes, mange le perroquet et commence à parler.


voir article precedent le chat du rabbin
lire l’article de MAO sur le Figaro

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